AWS Summit Paris : Radio France passe tous ses sites dans le cloud

Lors de l’AWS Summit Paris qui se tenait ce 27 juin au Carrousel du Louvre, plusieurs clients français du géant américain sont montés sur scène pour témoigner de leurs usages du cloud public. N’ayant pas attendu qu’Amazon localise enfin ses données dans l’Hexagone, d’ici décembre prochain, Radio France a ainsi basculé 10 To de contenus sur l’infrastructure d’AWS, ainsi que ses différents sites web.

Comme le rappelle Laurent Frish, le directeur numérique de Radio France, ce sont plus de 20 millions d’internautes qui se connectent tous les mois aux sites du service public, hébergés sur AWS. (crédit : OB)

Amazon Web Services aime la France et les entreprises françaises le lui rendent bien. Comme tous les ans depuis 2011, le géant américain du cloud tenait conférence à Paris pour rencontrer ses clients et en convaincre de nouveaux. Comme l’an passé, c’est Werner Vogels, le CTO d’Amazon.com qui a fait office de maître de cérémonie au Caroussel du Louvre, rappelant que le marché français « avait toujours fait preuve d’une certaine appétence pour le cloud et nos solutions ». Et les clients de la firme, aussi bien des start-up que des grands groupes historiques, se sont succédé sur scène pour le prouver.

Parmi ces derniers, Radio France est venu expliquer pourquoi elle avait basculé l’ensemble de ses sites sur AWS. « Nous nous sommes rendu compte que notre infrastructure était devenue incapable de répondre à nos besoins. Suite aux évènements de Charlie Hebdo en 2015, le site de France Inter a complètement planté », explique Laurent Frish, le directeur numérique de radio France. Si les équipes de la radio sont parvenues à sauvegarder l’écoute de l’antenne en ligne, les autres fonctionnalités du site sont restées perturbées pendant près de trois semaines.

1000 To de contenus audio écoutés chaque mois

En mettant en évidence les lacunes de son infrastructure, cet incident a conforté Radio France dans son idée de changer complètement d’orientation pour sa stratégie IT. « Nous savions que les usages étaient en train de changer. Nous devions devenir une hyper radio capable de fonctionner sur n’importe quel support depuis n’importe quel endroit avec une qualité optimale », déclare Laurent Frish. L’ensemble des sites des antennes de Radio France sont ainsi passés d’un hébergement sur un cloud privé à AWS.

Ainsi, Radio France s’appuie sur des instances EC2 et S3 pour la base de son infrastructure et Amazon Route 53 pour la gestion des noms de domaines. Plusieurs services, notamment pour l’écoute des podcasts en ligne sont en outre conteneurisés. En termes de contenus, la radio a basculé près de 10 To de données sur AWS. Tous les mois, ses sites délivrent ainsi plus de 1000 To de fichiers audio pour 170 millions d’écoutes et 150 millions de visites.

Smatis passe sa production dans AWS

« Nous avons en outre grandement gagné en flexibilité. Par exemple, lors des élections législatives, le trafic sur les sites de France Bleu a été multiplié par presque 100. Nous avons pu absorber ce pic sans problème », témoigne Laurent Frish. Et Radio France n’est pas le seul à faire ce constat. Smatis, une mutuelle qui compte 160 000 mutualisés a fait le choix de basculer l’intégralité de son SI sur les infrastructures du géant américain. « Quand la norme européenne Solvabilité 2, qui nous obligeait à avoir une deuxième infrastructure prête à l’emploi pour la gestion des risques, est passée en 2013, nous nous sommes posés la question de mettre en place une deuxième salle blanche », raconte Emmanuel Mayen, DSI de Smatis. Constatant que l’opération se révélerait trop coûteuse, il décide de créer cette deuxième infrastructure sur le cloud d’AWS.

Werner Vogels, le CTO d’Amazon a tenu à rappeler que la firme ouvrirait des datacenters français d’ici la fin de l’année. 

« Cette démarche a fait office de test. Aujourd’hui, nous avons finalement basculé l’ensemble de l’infrastructure on-premise dans le cloud. Nous n’avons gardé en interne que l’Active Directory », déclare le DSI. Non seulement l’opération a permis de limiter les coûts d’évolution de l’infrastructure mais la mutuelle gagne en agilité. Pour Emmanuel Mayen, l’infrastructure est devenue une commodité. « AWS propose de nombreux services, notamment pour l’IoT. Nous sommes en train de voir comment nous pouvons les utiliser », ajoute-t-il.

Les datacenters français pour septembre

Mais si Smatis a fait le choix de basculer son infrastructure dans le cloud, d’autres rechignent encore à s’appuyer sur les services d’AWS, d’autant que ce dernier ne localise toujours pas ses données en France. « Nos datacenters français ouvriront d’ici décembre 2017 » rassure toutefois Werner Vogels.

 

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Toshiba a retenu une offre nippo-américaine pour son activité mémoire

Le conseil d’administration du géant technologique Toshiba, en grande difficulté financière, a choisi le groupe de repreneurs potentiels de sa filiale Toshiba Memory Corporation, créée depuis peu pour séparer l’activité stockage de l’entreprise.

Le conseil d’administration de Toshiba a choisi le groupe de repreneurs potentiels de son activité stockage. La technologie et les brevets NAND flash resteront au final au Japon.

Dans le consortium d’acheteurs ayant obtenu l’approbation du conseil d’administration de Toshiba pour la cession de son activité semi-conducteurs, on trouve notamment l’entreprise japonaise Innovation Network Corporation, la Banque de développement du Japon et le fonds américain Bain Capital. Si la vente de la filiale Toshiba Memory Corporation nécessite toujours l’approbation finale des actionnaires, le fabricant japonais de matériel électronique et informatique a déclaré que la proposition de ce consortium était la plus solide, « non seulement en termes d’évaluation, mais aussi de garantie concernant la fermeture, la préservation des emplois et l’assurance que la technologie sensible sera maintenue au Japon ».

L’appui de cette candidature par les deux pays sera sans doute déterminant pour remporter la vente, car l’implication locale de l’entreprise est considérée comme essentielle pour obtenir l’approbation du gouvernement pour le rachat de l’entreprise japonaise. Le constructeur a déclaré qu’il espérait désormais trouver un accord avec le consortium avant la prochaine assemblée générale ordinaire annuelle des actionnaires prévue le 28 juin, de façon à mettre aux voix le projet de reprise. La société a ajouté que si le vote était concluant, l’opération pourrait être bouclée avant mars 2018.

L’offensive chinois a été contrée 

La création de la filiale Toshiba Memory Corporation pour extraire l’activité stockage de la société date du 1er avril 2017, peu de temps avant que le fabricant ne cède d’autres activités à des filiales en propriété exclusive pour augmenter la valeur totale de l’entreprise. « La société a annoncé son intention de diviser et de regrouper ses entités afin de se préserver de toute dépréciation résultant de ses activités d’énergie nucléaire à l’étranger, conformément à la procédure Chapitre 11 relative aux faillites qui permet de sortir Westinghouse des résultats consolidés de l’exercice 2016 », avait déclaré à l’époque Toshiba dans un communiqué. Selon un rapport de Bloomberg, Bain, INCJ et DBJ contribueront en espèces et en titres participatifs à la transaction, mais l’apport du fabricant de puces sud-coréen SK Hynix se limitera uniquement à des prêts pour éviter les arcanes des lois antitrust. SK Hynix ne figure pas dans la liste qui sera soumise aux actionnaires.

La décision de vente a été motivée par des résultats financiers décevants au point de mettre en question la capacité de l’entreprise à poursuivre ses activités : au troisième trimestre de l’exercice 2016, le revenu net de Toshiba affiche des pertes de près de 5,59 milliards de dollars. Par rapport à la période équivalente l’an dernier, les résultats du fabricant ont baissé de 1,12 milliard de dollars. Depuis que Toshiba a annoncé son intention de vendre son activité stockage, les rumeurs sur les acheteurs potentiels allaient bon train. Parmi les 10 prétendants potentiels ayant une chance de reprendre l’activité mémoire de Toshiba, les noms de Western Digital, Foxconn Technology Group et Kingston Technology ont été souvent évoqués.  

 

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Rémy Cointreau choisit Box plutôt que Google Drive

Ciso de Rémy Cointreau, Xavier Leschaeve, a conquis son PDG, et installé Box pour combattre le shadow IT.

Ciso de Rémy Cointreau, Xavier Leschaeve, veut d’abord démontrer sa valeur opérationnelle.

Les responsables de la sécurité de l’information sont très demandés à mesure que les cyber-menaces évoluent et que la sécurité devient une partie intégrante de toutes les entreprises. Le président Obama a doté l’administration de la Maison Blanche de son premier Ciso fédéral en 2016. Cette montée rapide et récente du Ciso signifie aussi que le poste n’est pas toujours bien positionné ni bien perçu. Beaucoup disent que le Ciso doit avoir du leadership et disposer d’un…

 

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5 solutions pour unifier les espaces de stockage cloud personnel

Odrive, Multicloud, Otixo, CloudFuze… Aujourd’hui, ces solutions permettent de centraliser et de mutualiser la gestion de différents environnements de stockage cloud personnel. Elles ne répondent toutefois pas toutes aux mêmes besoins et axent leur stratégie autour de différents usages comme la migration, le stockage ou la collaboration.

Grâce à l’installation du client Drive, il est possible de naviguer dans ses différents clouds depuis le Finder Odrive (sur Mac). crédit : O.B.

Avec la démultiplication des services de stockage cloud personnel comme Drive, DropBox, Box, ou même OneDrive, il devient difficile pour les entreprises comme les particuliers de retrouver et de gérer leurs fichiers au travers de ces différents environnements. Heureusement, plusieurs solutions, gratuites et payantes, permettent de contourner cette problématique en centralisant la gestion des différentes solutions de stockage cloud personnel. Elles adoptent toutefois des approches différentes correspondant à divers usages.

MultiCloud : Le stockage pur

Les solutions qui se rapprochent le plus de l’idée de base de mutualiser les services de stockage cloud personnel sont surement Multicloud et Odrive. La première propose simplement de centraliser via une interface web accessible depuis un navigateur, la gestion de ses fichiers et documents à travers les différentes plateformes. Il est alors possible de les visualiser en un point et d’organiser des transferts de données entre les différents services en fonction de ses besoins.

Multicloud est aujourd’hui une des solutions proposant le plus de compatibilités avec 35 cloud supportés (crédit photo : OB)

Multicloud intègre également des fonctionnalités de synchronisation des fichiers et de sauvegarde multi-coud. Dans sa version gratuite, la solution autorise une bande passante de 2 To de données par mois mais limite l’usage à deux canaux simultanément pour les transfert des fichiers et les sauvegardes. La version Pro (7,99$/mois) lève ces limitations et ajoute des fonctionnalités de planification des sauvegardes.  

Odrive : Une approche du stockage hybride sans couture

Odrive pour sa part adopte une démarche similaire mais plus centrée sur un usage desktop. Grâce à l’installation d’un client (disponible pour PC et Mac et en bêta pour Linux), il est ainsi possible de retrouver directement sur son bureau l’intégralité des fichiers stockés à travers différents services de cloud en un point unique, apparaissant comme un dossier de fichiers.

Contrairement aux autres solutions du même genre, Odrive ne propose ainsi pas d’interface en ligne pour accéder aux fichiers. A l’exception de la gestion des différents comptes, tout se fait depuis le bureau. En s’appuyant sur les métadonnées qui sont les seules à transiter entre les clouds et votre ordinateur, Odrive permet de naviguer entre les fichiers avec le Finder sur OSX ou File Explorer sous Windows. Une grande partie de ses fonctionnalités sont gratuites mais une version Premium (8,25$ par utilisateurs et par mois) permet de gérer également des solutions de stockage externe comme des NAS, et intègre le chiffrement de tous les fichiers sortants. La société propose également des fonctionnalités de collaboration grâce au partage et la synchronisation des fichiers et la création de documents partagés entre collaborateurs. Des solutions de sauvegarde sont également en cours de développement.

Otixo : La collaboration avant tout

La collaboration est d’ailleurs un des principaux usages mis en avant par les sociétés ayant décidé de faire de la mutualisation des services cloud. Otixo en fait son cheval de bataille. A l’instar d’Odrive, la solution permet de centraliser la gestion de différents clouds (mais pas sur le bureau) ainsi que le partage et la synchronisation de fichiers entre ces derniers et entre différents collaborateurs. Elle ajoute toutefois des éléments de chat pour pousser plus loin la logique de collaboration. Dans la même optique, Otixo est disponible via une application mobile. 

Otixo

Poussant au maximum la logique de la collaboration, Otixo est également disponible sur mobile via une application. (Crédit photo : OB)

Comme chez MultiCloud Le système de facturation d’Otixo se fait en fonction de la bande passante utilisée mensuellement. La version gratuite limite ainsi l’utilisation à 2Go de transfert par mois. Les versions Basics (0,99$/mois), Advanced (4,99$/mois) et Pro (9,99$/mois) autorisent d’utiliser respectivement 5 Go, 25 Go et 50 Go de bande passante. A noter que les solutions de pure collaboration comme Slack et Teams de Microsoft commencent aussi à centraliser la gestion de différents cloud publics.

Mover.IQ et CloudFuze jouent sur l’optimisation de la migration

D’autres solutions comme Mover.IQ et CloudFuze reprennent la même idée de base de centralisation des cloud public mais ont axé leur savoir-faire sur la gestion de la migration. Plutôt que comme des solutions de gestion multi-cloud, elles s’affichent comme des outils pour optimiser la migration de fichiers entre les différentes solutions de cloud public. Elles apportent ainsi des fonctionnalités de reporting et de sécurisation des données plus avancées que les solutions évoquées plus haut. CloudFuze se démarque toutefois avec des services de collaboration semblables à ce que propose Odrive.

Mover.IQ

Mover.IQ propose de nombreuses fonctionnalités de reporting pour contrôler et assurer la migration des données entre différents cloud publics. (Crédit Photo : OB).

 

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1,38 Md$ de pertes pour Dell Technologies au 1er trimestre

Alors que ses facturations progressaient de 46%, le résultat net de Dell Technologies s’est enfoncé dans le rouge au premier trimestre de son exercice fiscal 2018, s’établissant à 1,38 milliard de dollars. En cause, une hausse rapide du prix des composants qui n’a pu être répercutée sur les prix.

Michael Dell, le CEO de Dell Technologies, reste confiant quant à l’avenir malgré les lourdes pertes subies par son entreprise. (crédit : D.R.)

Dell Technologies présente des résultats contrastés pour le premier trimestre de son exercice 2018, clos au 5 mai. Sur cette période, le fabricant Texan a vu ses facturations croitre de 46% pour s’établir à 17,8 milliards de dollars. Toutes les activités du groupe sont au vert, en apparence. L’entité CSG (Consummer Solutions Group) qui s’appuie principalement sur l’activité PC a vu ses facturations progresser de 6% pour s’établir à 9,1 milliards de dollars. A noter : cette croissance vient autant des secteurs BtoB (+3%) que BtoC (+12%).

Pour ce qui est des activités serveurs et stockage, regroupées dans l’entité ISG (Infrastructure Solutions Group), leurs revenus ont quasiment doublé avec l’intégration des solutions EMC, passant de 3,6 milliards de dollar l’an passé à 6,9 milliards cette année. D’après IDC, Dell EMC s’est même offert le luxe d’être le seul fabricant de serveur du top 5 à avoir enregistré connue une croissance au premier trimestre 2017 sur un marché plutôt morose.

La RAM et les SSD en cause

Pour autant, le fabricant affiche une surprenante perte opérationnelle d’1,5 milliards de dollars. L’an passé, celle-ci était de 139 millions, elle s’est donc écroulée en un an. La perte nette s’est aussi logiquement enfoncée dans le rouge d’1,38 milliard de dollars contre un bénéfice de 55 millions l’année dernière. Pour expliquer cette sortie de route, Dell Technologies incrimine notamment le prix de la RAM et des SSD qui ne cesse d’augmenter. La firme explique que l’évolution est tellement rapide que les tarifs annoncés lors de la signature des actes de ventes aux clients deviennent alors complètement dérisoires au moment de la livraison. Reste maintenant à savoir comment ses concurrents ont géré cette problématiques. D’autres éléments, notamment la finalisation de l’intégration d’EMC, pèsent aussi sur la rentabilité du fabricant.

Néanmoins, Dell Technologies se montre confiant quant à l’avenir, d’autant que les cabinets d’études estiment que les prix des composants devraient se stabiliser d’ici la fin de l’été. Reste que le fabricant a intérêt à retrouver rapidement de la profitabilité s’il souhaite solder les 50,7 milliards de dollars de dettes qui découlent du rachat d’EMC.

 

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