Le trublion des télécoms Onoff attaque le marché des entreprises

En permettant à ses utilisateurs d’obtenir des numéros de téléphone locaux ou étrangers sans passer par l’achat d’une carte SIM, Onoff Telecom entend apporter une nouvelle façon de consommer les télécoms, tant pour les particuliers que les entreprises avec ses offres BtoB à venir.

Ancien champion du monde de rollers, le français Taig Chris est parti fonder Onoff il y a trois ans en Estonie.

En direct de Tallin – Onoff Telecom va passer à la vitesse supérieure. La start-up estonienne qui propose à ses utilisateurs d’obtenir des numéros de téléphones supplémentaires  – pour les travailleurs indépendants, pour vendre une voiture ou des objets ou pour tromper la vigilance de son conjoint – à travers une application sans passer par l’achat d’un forfait opérateur ou d’une carte SIM va lancer dans les prochains mois ses offres BtoB en France. Actuellement en test auprès de grands comptes, dons plusieurs français, celles-ci reposent sur une plateforme en ligne permettant aux administrateurs d’entreprise de gérer des flottes de numéros professionnels pour leurs collaborateurs.

L’avantage de la technologie d’Onoff c’est qu’elle permet d’utiliser ces numéros sur n’importe quel téléphone déjà pourvu d’une carte SIM et d’un forfait. « Dans une logique de Byod, les collaborateurs pourront retrouver leurs numéros professionnels sur leurs téléphones personnels », explique Taig Chris, le fondateur et CEO de Onoff rencontré dans les locaux de la start-up en Estonie. Les entreprises n’auront donc plus besoin de se doter d’une flotte de mobiles dédiés pour leurs équipes. Et les économies ne s’arrêteront pas là. Si le tarif des offres n’est pas encore définitivement arrêté, Taig Chris assure que les forfaits professionnels Onoff seront « environ dix fois moins cher » que ce que proposent actuellement les opérateurs aux entreprises. Reste à comparer la qualité des services de support et les SLA qui jouent beaucoup sur le prix des forfaits professionnels.

Les locaux de Onoff se trouvent en plein centre de Tallin, la capitale estonienne.

La force de Onoff réside également dans la possibilité d’obtenir des numéros locaux dans de nombreux pays (avec Transatel en France), toujours sans passer par l’achat d’une carte SIM. « C’était l’idée de base de Onoff. De pouvoir utiliser plusieurs numéros à travers une application unique et ce n’importe où », rappelle Taig Chris. Cette dernière fonctionnalité met ainsi à mal les frais de roaming, même si une partie d’entre eux a été supprimée en Europe.

 « A partir du moment ou des gens vont rester longtemps dans un pays, ils auront besoin de numéro local. En outre, si vous appelez un mobile à l’étranger avec un téléphone français, même en Europe, l’appel sera surtaxé à moins que vous n’ayez le forfait adéquat », explique Taig Chris. Il estime qu’un vrai forfait international, permettant d’appeler vers toutes les destinations, fixe et mobile, coûte en France entre 65 et 95 euros (74,99€/mois chez Orange et uniquement vers les mobiles dans les DOM, au Canada et aux USA). « Nous proposons ce genre de forfait pour moins de 10 euros par mois plus, évidemment, le prix de votre forfait normal. Donc moins de 30 euros si vous êtes chez un opérateur comme Free Mobile », résume l’ancien champion du monde de roller.

Jongler efficacement entre le monde des télécoms et du logiciel

Mais avant d’en arriver là, il a fallu passer par de longs développements au niveau de l’application (voix et SMS). « Quand j’ai eu cette idée, je ne me doutais pas que ce serait si compliqué à mettre en place. Ca a été long et nous avons beaucoup bricolé », raconte Taig Chris. Et le bricolage, c’est Maksim Solovjov, le CTO, qui s’en est en partie occupé. « Nous avons réussi à mettre en place une intégration complète entre le monde applicatif et télécoms », explique-t-il. Au niveau du téléphone, l’application communique directement avec les composants réseau et permet la transformation des paquets IP en signal GSM. La gestion des numéros, du roaming et des changements d’appels s’exécute sur les serveurs d’OnOff.

Maksim Solovjov, le CTO de Onoff, est parvenu, en quelques sortes, à virtualiser le fonctionnement de switch GSM pour garantir le fonctionnement de l'application Onoff.

Maksim Solovjov, le CTO d’Onoff, est parvenu à « virtualiser » le fonctionnement de switch GSM pour garantir le fonctionnement de l’application maison.

 « Pour la partie back-end, le coeur du travail – et le plus difficile – a consisté à construire des « softswitch ». C’est une solution intelligente qui est capable, en s’appuyant sur un système de numéros d’accès, de relier les différents numéros de téléphone entre eux sur les différents réseaux à travers le monde et d’assurer la mise en connexion de ces derniers par le réseaux GSM comme le ferait un switch télécom classique mais cette fois-ci sur une infrastructure informatique », explique Maksim Solovjov qui n’en dira pas plus, tout le système faisant l’objet de brevets jalousement gardés. C’est cette gestion de la mise en relation par un système logiciel qui permet à Onoff d’utiliser les réseaux des autres opérateurs sans avoir à payer de frais d’itinérance, contrairement à des MVNO.

 « Nous ne pouvons fonctionner sans les opérateurs existants, nous nous voyons plutôt comme un opérateur annexe », explique Taig Chris. Dans les pays ou elle s’implante (déjà une quinzaine aujourd’hui), la start-up fait d’ailleurs les démarches pour obtenir sa licence d’opérateur. « Pour délivrer correctement notre service, nous n’avons pas le choix, nous devons devenir un opérateur de niveau mondial », explique le fondateur. Mais il souhaite qu’Onoff deviennent plus qu’un simple acteur des communications. « Contrairement à d’autres, nous avons aussi bien réussi à assimiler le monde des télécoms que celui du logiciel. Nous allons pouvoir faire beaucoup de chose avec notre application, notamment dans le domaine de la collaboration », assure-t-il. Il ne serait donc pas surprenant de voir Onoff, en plus d’empiéter sur les platebandes des opérateurs. En attendant la vraie concurrence est à chercher du coté de Numbber de Simply Lab, qui propose un seul numéro de téléphone par smartphone (sans gérer les SMS) et de Skype qui propose également un numéro de mobile (60 € par an)/

 

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Le Top5 des projets open source dans l'IoT

Les projets IoT se multiplient un peu partout dans le monde, mais c’est autour de la Linux Foundation que gravissent les briques essentielles aux systèmes connectés open source.

Les 5 meilleurs projets Linux pour l’IoT se répartissent dans plusieurs domaines de l’automobile aux drones aériens. (Crédit D.R.)

Il y a le monde Linux, et le reste de l’informatique qui vit – de manière presque littérale – à l’intérieur de ce monde grâce à la conteneurisation. Dans le genre, l’IoT sous toutes ses formes, ne fait pas exception. Voici 5 projets hébergés par la Fondation Linux et considérés comme essentiels pour le développement de systèmes open source connectés.
 

 1 – Automotive-Grade Linux (AGL)

Initié en 2012

Principaux membres : de grands constructeurs automobiles (comme Mazda, Suzuki, Toyota, Honda, Nissan et Ford) et un panel assez divers d’entreprises technologiques bien connues. On y trouve aussi bien des opérateurs télécom (China Mobile, NTT), que des fabricants de puces (Intel, ARM, Nvidia) et de gros acteurs de l’électronique comme LG, Samsung et Panasonic.

Idée phare : Clairement, comme l’indique déjà cette liste de membres officiels, l’objectif du projet Automotive-Grade Linux est de créer une norme globale pour tous les objets connectés en rapport avec le secteur automobile, aussi bien la télématique que les instruments de bord des véhicules autonomes ou même la diffusion en streaming de vidéos pour enfant sur les écrans installés à l’arrière des véhicules. AGL se vante d’être le seul écosystème à cibler tous ces domaines à la fois.

 2 – EdgeX Foundry

Initié en 2017

Principaux membres : de gros fabricants, fournisseurs ou constructeurs comme AMD, Dell/EMC et VMware, des éditeurs de systèmes d’exploitation comme Canonical et Linaro, et une série d’entreprises plus petites, dont beaucoup sont d’une manière ou d’une autre liées au cloud.

Idée phare : Se nombreux projets et plusieurs entreprises gravitant autour de l’industrie technologique ont adopté le nom de « Foundry », qui évoque un travail appliqué et laborieux. Le terme est sans doute encore plus approprié ici qu’ailleurs, car l’objectif du projet EdgeX Foundry est de développer des standards ouverts pour l’IoT industriel, non pas au niveau des capteurs, mais pour faire en sorte que les hubs, les routeurs et les serveurs qui les connectent parlent tous la même langue. 

3 – Dronecode

Initié en 2014

Principaux membres : Essentiellement l’entreprise américaine 3D Robotics et l’entreprise chinoise Yuneec International, deux sociétés aéronautiques spécialisées dans les systèmes motorisés sans pilote. Mais aussi, Intel, Qualcomm et d’autres acteurs moins connus de l’industrie du drone.

Idée phare : Sans surprise, le projet Dronecode concerne évidemment les drones. Son objectif est de fournir une plate-forme UAV open source pour les véhicules aériens motorisés englobant aussi bien le contrôle du vol, le pilotage automatique, et même une API pour permettre aux développeurs de répondre à des cas d’usage avancés. Dronecode permet de créer des logiciels pour des drones personnalisés, aussi bien des drones de loisirs que des drones pour surveiller des conditions atmosphériques complexes. 

4 – Projet Zephyr

Initié en 2016

Principaux membres : Intel est membre Platinum, aux côtés de Linaro, NXP Semiconductors et la société de design d’automatisation électronique Synopsys.

Idée phare : Réaliser un système d’exploitation en temps réel dénommé Zephyr, hautement sécurisé, mais capable de tourner sur des périphériques dotés de systèmes de calcul extrêmement limités, ce qui est le cas de nombreux points d’extrémité IoT. Par exemple les capteurs connectés, les systèmes de signalisation, mais aussi les passerelles sans fil devraient être capables de faire tourner l’OS Zephyr. Dans un premier temps, l’objectif est de rendre l’OS compatible avec la quantité pléthorique de périphériques sur lesquels il pourrait s’avérer utile. 

5 -Projet Yocto

Initié en 2010

Principaux membres : En plus d’acteurs très présents dans le domaine de l’IoT comme Intel, AMD et Linaro, le projet Yocto compte aussi parmi ses membres des entreprises comme Juniper Networks, Dell et même Comcast.

Idée phare : L’objectif du projet Yocto est de faciliter le développement de distributions Linux personnalisables qui fonctionneront sur n’importe quel matériel intégré disponible. Au cœur du projet se trouve un environnement de développement qui comprend des outils et des méthodes pour créer ces systèmes et les mettre à jour sur tout système sur lequel l’utilisateur souhaite les faire tourner. L’idée est de permettre à des créateurs d’applications de se concentrer davantage sur les fonctionnalités principales et moins sur l’adaptation de leur logiciel à des plates-formes particulières.

 

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Groupe Convergence propose une plateforme UCaaS à ses partenaires

Le groupement de prestataires Convergence met à la disposition de ses 94 membres une plateforme UCaaS baptisée Centrex. Disponible en marque blanche, elle doit leur permettre de devenir rapidement des opérateurs virtuels.

Mickael Collat, Responsables achats et ADV du Groupe Convergence propose aux membres trois modes d’utilisation pour la plateforme UCaaS Centrex.

Convergence veut accélérer la digitalisation de l’offre de ses membres en lançant une plateforme de communications unifiées dans le cloud (UCaaS) baptisée Centrex. Le groupement, qui rassemble 94 intégrateurs télécoms et revendique 115 M€ de chiffre d’affaires, s’est appuyé sur les outils de création de plateforme cloud (IstraCloud) et d’interface utilisateur de Centile pour concevoir une offre basée sur les services de l’opérateur OpenIP.

Centrex renferme un large panel de services de communications unifiées et de collaboration accessibles depuis des terminaux fixes ou mobiles : fonctionnalités de PBX, standard automatique, envoi des messages vocaux vers l’email, restriction d’appel, gestion des groupes, services vocaux interactifs, conférence audio… A noter que les utilisateurs finaux ont la possibilité de configurer et de gérer leurs paramètres de communications unifiées depuis une interface unique (contrôle d’appel, messagerie vocale, règles de redirection, annuaire d’entreprise et personnel, etc.)

Trois modes de commercialisation pour Centrex

« Nous proposons à nos membres trois modes d’utilisation de nos services UCaaS », précise Mickaël Collat Responsable achats et ADV du Groupe Convergence. Le premier consiste pour eux à acquérir leur propre plateforme Centrex auprès de Centile à des conditions négociées avec les équipes de Convergence. « Cette option demande l’investissement le plus important puisque, en plus de l’achat de la plate-forme, les partenaires devront également former des techniciens pour en assurer le support. En contrepartie, ils auront entièrement la main sur leur offre », détaille le dirigeant.

La deuxième option leur permet d’accéder à la plateforme Centrex de Convergence et d’en revendre les services en marque blanche. « Nous assurons, pour notre part, le support », précise Mickaël Collat. Enfin, les membres du Groupe Convergence peuvent aussi proposer à leurs clients de souscrire directement à l’offre UCaaS sous la marque Convergence Connect, en mode apporteur d’affaire. Dans ce cadre-là, le service est proposé à partir de 7,90€ HT par mois et par utilisateur.

Devenir des opérateurs virtuels

Grâce à sa solution UCaaS, le Groupe Convergence espère aider ses membres à surmonter les évolutions du marché des télécoms, notamment la fin du RTC, prévue pour 2018. « Grâce à la solution IstraCloud, nous avons désormais les capacités d’un opérateur virtuel et nous comptons bien en faire profiter nos adhérents et leurs clients», se réjouit Jean-Michel Texier, le PDG du Groupe Convergence. Centrex sera présentée de façon plus détaillée lors de la convention annuelle du groupement Convergence qui se tiendra des 12 au 14 juin prochains

 

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Le retard pris dans le déploiement d'IPv6 confirmé par l'ISOC

Selon un dernier rapport de l’Internet Society (ISOC), si le déploiement de l’IPv6 s’accélère, les entreprises sont à la traîne. En effet, ce sont essentiellement les utilisateurs domestiques et mobiles qui profitent des améliorations de performance.

Le chemin d’IPv4 vers IPv6 est loin d’être un long fleuve tranquille. (crédit : Arin)

Elles disposent des ressources et de l’expertise nécessaire, et même si elles ne s’en rendent pas compte, les entreprises ont besoin de l’IPv6. Or il apparaît que souvent elles n’ont pas encore effectué le déploiement de la nouvelle norme. C’est ce que constate l’Internet Society dans son dernier rapport sur le déploiement de l’IPv6. Depuis cinq ans, l’organisation mène une campagne mondiale pour pousser au déploiement du nouveau protocole d’adressage dont la définition a été achevée il y a 20 ans !

« Aujourd’hui, le trafic d’environ 13% des 1 million de sites Web les plus importants utilisent l’IPv6 », indique le rapport. Ces résultats sont basés sur une étude de Hurricane Electric qui a analysé des données fournies par Amazon.com. Ce chiffre passe à environ 22 % pour les 1000 sites Web les plus importants. Mais, ce n’est pas le cas de l’entreprise, où la base installée freine fortement le déploiement de l’IPv6. « Les entreprises utilisent l’IPv4 depuis 20, 30, ou 40 ans. Elles ont quelque chose qui fonctionne. Et, dans leur état d’esprit, elles estiment qu’il n’est pas nécessaire de changer une solution qui marche », indique encore le rapport. « Selon elles, cela ne résout aucun de leurs problèmes. Il n’y a donc pas de raison d’y consacrer des ressources et des investissements ».

La migration vers IPv6 rarement exécutée en une seule fois

Les entreprises qui ont plus d’hôtes que d’adresses IPv4 doivent néanmoins recourir à certaines astuces comme le NAT (traduction d’adresse réseau) pour partager leurs adresses. Mais pour les fournisseurs de services Internet (FAI), ce n’est pas sans conséquence : certaines contraintes juridiques peuvent obliger les FAI à fournir aux autorités judiciaires l’identité d’un abonné en fonction de l’adresse IP. Le recours à l’IPv6 leur permettrait de se passer d’une couche utilisée pour garder la trace des logins.

Il est rare que les entreprises qui décident de migrer vers l’IPv6 réalisent cette opération en une seule fois. « Elles commencent d’abord par leurs interfaces clientèles, leur messagerie électronique, le web, ce genre de chose », a expliqué Fred Baker, auteur du rapport et consultant pour l’Internet Society. « L’ajout d’une adresse IPv6 au service IPv4 existant passe souvent par un fournisseur d’hébergement comme Akamai », a-t-il ajouté. L’entreprise n’a pas besoin de passer à l’étape supplémentaire et d’activer l’IPv6 en interne, tant qu’elle n’a pas besoin de réaliser un autre déploiement d’application ou de réseau en interne.

Le maintien d’IPv4 plus justifié d’ici 2024 selon Swisscom

Ce qui pousse généralement les entreprises à passer à cette dernière étape et à désactiver l’IPv4 à l’interne, c’est au moment où elles se rendent compte qu’elles font tourner deux réseaux. « Les analystes de l’opérateur de réseau Swisscom pensent que leur base clients sera majoritairement compatible IPv6 d’ici 2019 », a encore déclaré Fred Baker. « Et ils pensent que d’ici 2024, la densité de l’IPv4 sera tellement réduite que son maintien ne se justifiera plus commercialement ».

 

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Des accès Internet plus rapides pour les passagers aériens grâce aux satellites électriques

Le remplacement des propulseurs chimiques par des moteurs électriques permet aux opérateurs de réduire le poids des satellites et de gagner de la place pour les équiper de systèmes de communication plus puissants. Airbus Defense and Space a lancé la semaine dernière avec succès le premier satellite européen de communication entièrement électrique.

L’Eutelsat 172B ne transporte pas de carburant mais du gaz pour la propulsion par ions xénon.

Les satellites 100 % électriques sont en train de changer la manière dont les passagers aériens accèdent à Internet et à des services connectés pendant les vols. Contrairement aux satellites traditionnels qui utilisent des propulseurs chimiques, un satellite entièrement électrique utilise un moteur à propulsion électrique pour passer de l’orbite de transfert à l’orbite géostationnaire et maintenir sa position dans l’espace. Même si les satellites ont toujours besoin d’un…

 

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