Au ministère de la Culture, deux millions d’euros pour Microsoft Office ?

Afin que les agents du ministère de la Culture travaillent « avec les mêmes logiciels », la Rue de Valois s’apprête à signer un contrat avec le géant américain Microsoft. Près de deux millions d’euros pourraient ainsi servir à l’installation d’Office, la célèbre suite bureautique.

Voilà une décision qui risque de faire du bruit, alors que la loi Numérique impose depuis le mois dernier aux administrations d’encourager l’utilisation des logiciels libres… Dans un courrier adressé aux fonctionnaires de son ministère le 28 septembre, Audrey Azoulay se dit « sensible » aux conditions dans lesquelles ceux-ci travaillent. Avant d’annoncer : « 2 millions d’euros seront engagés en 2017 pour améliorer la bureautique et les systèmes d’information relatifs aux ressources humaines pour qu’enfin tout le monde travaille avec les mêmes logiciels. »

Selon BFM Business, qui révèle aujourd’hui cette lettre, cette somme servira au moins en partie au déploiement de Microsoft Office sur les postes des agents relevant de l’administration centrale. « Actuellement, deux systèmes coexistent : la grande majorité des personnels utilise Open Office et une minorité Microsoft Office, ce qui complique la communication » a expliqué une source interne de la Rue de Valois à notre confrère Jamal Henni (même si une de nos sources nous indiquait en 2014 que c’était LibreOffice, et non Open Office, qui était installée sur tous les postes du ministère).

Sollicité par nos soins, le ministère de la Culture n’avait pas réagi à ces révélations à l’heure où nous publions cet article.

Après les contrats Open Bar et le « partenariat » avec l’Éducation nationale

Si la nouvelle se confirmait, elle pourrait faire grincer des dents, quelques semaines après les remous provoqués par l’émission de Cash Investigation consacrée au contrat dit « Open Bar » conclu entre le ministère de la Défense et Microsoft – pour 82 millions d’euros lors de ses quatre premières années de fonctionnement, 120 millions d’euros sur les quatre années suivantes. Les ministères sociaux (Santé, Travail, Jeunesse et sports) ont eux aussi passé un marché de ce type fin 2013, pour un montant de 11 millions d’euros.

La Direction interministérielle du numérique (DINSIC, ex-DISIC) édite pourtant depuis quelques années un socle interministériel de logiciels libres, sorte de guide de solutions gratuites recommandées pour les administrations. En matière de bureautique, c’est la suite LibreOffice qui est ainsi mise en avant. Rien n’oblige cependant les pouvoirs publics à opter pour les programmes proposés. En pratique, de nombreux ministères installent donc à la fois LibreOffice et Microsoft Office.

 

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Ubuntu Core 16 et ses snaps disponibles en version finale

Canonical a publié la version d’Ubuntu Core 16, une mouture spécifique du système entièrement bâtie sur les paquets Snap. Cette déclinaison est fortement tournée vers les objets connectés et pour le cloud, et ne concerne donc pas vraiment le grand public.

Comme indiqué lors de la bêta il y a presque un mois, Ubuntu Core 16 est bâtie sur un assemblage de snaps. Ces derniers sont pour rappel des paquets d’un genre nouveau sur Ubuntu, puisqu’ils contiennent tout ce qui est nécessaire à un composant ou un logiciel, y compris toutes ses dépendances. L’avantage est qu’un paquet ne nécessite plus d’avoir déjà d’autres composants pour fonctionner puisqu’il devient autonome. L’inconvénient est l’espace requis, qui grimpe parfois de manière importante.

Un système entièrement bâti sur des paquets autonomes

La grande différence entre l’édition classique d’Ubuntu et la Core 16, est que tous les composants sont dans des snaps, y compris les briques élémentaires comme le kernel. C’est le démon (service) snapd qui s’assure de la bonne marche à suivre de l’installation et des mises à jour des paquets. Ces derniers sont « confinés » et leur sécurité est vérifiée.

Ubuntu Core 16, désormais disponible en version finale, se destine avant tout aux objets connectés, et plus particulièrement les mini-ordinateurs de type Raspberry Pi. En clair, il s’agit de la version proposée par Canonical pour répondre aux attentes des constructeurs, qui sont clairement visés dans le communiqué de presse. Les boutiques d’applications et écosystèmes particuliers peuvent d’ailleurs y être intégrés.

Restreint pour l’instant à six appareils

Les utilisateurs souhaitant s’essayer à cette distribution Linux pourront la récupérer depuis la page des téléchargements du site officiel. Les produits pris en charge sont les Raspberry Pi 2 et 3, les NUC d’Intel, les ARTIK 5 et 10 de Samsung et le Joule d’Intel. Dans tous les cas, il sera obligatoire de créer un compte Ubuntu SSO pour la gestion des mises à jour. Il s’agit pour rappel d’un service capable de pousser vers Ubuntu des mises à jour critiques de sécurité, sans que le système ait besoin de redémarrer.

 

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Windows 10 : la nouvelle préversion 14959 officialise enfin les mises à jour différentielles

Alors que l’on attendait une préversion de la Creators Update, avec les nouveautés montrées récemment, Microsoft a publié une build révisant une nouvelle fois la base. Cependant, il s’agit cette fois d’une amélioration promise de longue date : les mises à jour différentielles.

Ceux qui participent au programme Windows Insider (voir notre article sur la marche à suivre) le savent bien : à chaque nouvelle build de test, il faut télécharger l’équivalent d’un système entier et en passer par une phase assez longue d’installation (la présence d’un SSD réduit fortement le temps d’attente néanmoins). On savait pourtant que Microsoft travaillait sur un nouveau système de mise à jour, plus efficace.

Bienvenue à l’Unified Update Platform

Depuis hier soir, les testeurs Insider peuvent récupérer la build 14959 dans le canal rapide, sur PC, tablettes et smartphones. Elle contient une importante évolution – du moins pour les smartphones pour l’instant – nommée Unified Update Platform (UUP), disponible pour les trois types d’appareils. La Xbox One n’est pas comprise dans le lot, car elle n’utilise pas Windows Update pour se mettre à jour.

En quoi consiste UUP ? Principalement à appliquer des mises à jour différentielles. Ce qui signifie qu’en cas de mise à jour majeure, comme l’Anniversary Update de cet été ou la future Creators Update, le système ne va récupérer que ce qui change vraiment, et non l’équivalent d’une image ISO complète du système. Selon Microsoft, les utilisateurs peuvent s’attendre à une réduction de 35 % du poids des données à récupérer.

Une différence de taille qui influe directement sur la vitesse du système à réaliser ces opérations. Des mises à jour réduites d’un tiers sont plus rapides à télécharger et à installer. Un point particulièrement important quand on sait que Windows Update a la désagréable habitude de profiter de l’intégralité de la bande passante disponible pour récupérer les fichiers, sans trop se poser de questions sur les autres activités de l’utilisateur. Microsoft ne dit d’ailleurs rien sur ce point précis. Notez que, dans tous les cas, le changement devrait être particulièrement sensible sur les smartphones.

Ne récupérer que les mises à jour manquantes

UUP influe également sur la manière dont les mises à jour sont vérifiées. Quand Windows Update contrôle la présence de correctifs ou autres, c’est le serveur maintenant qui analyse l’appareil utilisé pour déterminer ce qui manque précisément. En retour, les serveurs n’enverront que les mises à jour qui manquaient, et non un lot complet.

Microsoft assure qu’avec un déplacement des calculs vers les serveurs, les opérations seront donc plus rapides, les PC, tablettes et smartphones ayant moins de travail à accomplir. Côté utilisateur, il n’y aura aucune différence dans la manipulation.

Les smartphones pourront passer directement à la dernière révision

Pour les smartphones, il y a également un autre bénéfice. Sur un PC, la mise à jour se fait toujours directement vers la dernière révision en cours. Par exemple, si votre PC n’a pas été connecté à Internet pendant six mois, Windows 10 va récupérer non seulement l’Anniversary Update, mais également toutes les mises à jour sorties depuis. Windows 10 Mobile ne fonctionnait cependant pas comme ça : il fallait d’abord récupérer la dernière évolution majeure, puis seulement après le redémarrage télécharger les mises à jour.

Avec UUP, ce processus est court-circuité pour s’aligner sur ce qu’on voyait déjà sur PC et tablette. Désormais, qu’importe la version en cours d’utilisation, Windows Update récupèrera toujours la dernière mouture disponible du système, avec toutes ses mises à jour.

Une nouveauté présente dans la Creators Update

La nouvelle build 14959 peut donc être récupérée dans Windows Update pour tous les testeurs inscrits dans le canal rapide. Ce qui signifie que les nouvelles installations de builds ne seront modifiées qu’à compter de celle-là. Du côté des utilisateurs classiques, UUP sera disponible dans la Creators Update, et recevra d’ailleurs dans les mois qui viennent des améliorations supplémentaires avant son lancement. Notez bien que seule la build pour Windows 10 Mobile contient pour l’instant UUP, les PC et tablettes devant la recevoir avant la fin de l’année.

Comme déjà signalé, on aimerait cependant que Microsoft fasse un effort sur la manière dont sont téléchargées les mises à jour. Il ne serait clairement pas difficile de mettre en place une limite sur la bande passante, calculée en fonction de l’activité de la machine. Si vous êtes par exemple sur un jeu en ligne et que Windows Update détecte une mise à jour, il n’hésitera pas à saturer la connexion pour la récupérer. Quand il s’agit d’une nouvelle build de 3 Go, selon la connexion, il peut s’écouler une heure avant que le téléchargement ne se termine.

Enfin, soulignons qu’en dépit de ce qu’avait annoncé Microsoft, la préversion ne contient pas encore les nouveautés présentées durant sa dernière conférence. Il faudra donc attendre encore pour voir notamment les nouvelles options de personnalisation, le Windows Defender remanié ou encore l’épinglage des contacts dans la barre des tâches.

 

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TeamViewer 12 bêta se veut nettement plus rapide

TeamViewer est disponible depuis peu dans une version 12 bêta qui comporte de nombreuses nouveautés. Parmi les points importants, on signalera les actions rapides, les notifications de demandes de service, un mode mobile à mobile, de meilleures performances ou encore un tableau de bord pour les appareils distants.

TeamViewer est un logiciel connu de télémaintenance, d’autant plus utilisé qu’il propose une version gratuite aux fonctionnalités simplifiées. L’éditeur allemand fournit d’ailleurs une application pensée pour Windows 10, qui a déjà été mise à jour vers la version 12, désormais disponible en bêta pour la mouture classique.

Actions rapides et notifications de demandes

Les améliorations sont nombreuses, particulièrement du côté de la personne qui s’occupe de la maintenance et de la version payante. Les actions rapides permettent par exemple de configurer des raccourcis qui ouvriront des panneaux particuliers ou effectueront des manipulations. On pourra par exemple ouvrir une invite de commande, le panneau de configuration, changer d’utilisateur, ouvrir le gestionnaire des tâches, etc.

Côté télémaintenance, on pourra également recevoir des notifications pour les demandes de support. Une fois cliquées, elles pourront lancer une session, ou être déléguées à une autre personne. Les notifications passées sont évidemment mises de côté dans l’attente d’être traitées ou refusées.

Des post-its et des performances

Outre une gestion des onglets dans macOS Sierra permettant d’ouvrir parallèlement plusieurs sessions, TeamViewer permet également de laisser des post-its sur le bureau de l’utilisateur. Utile par exemple si on souhaite l’informer d’un élément particulier suite à l’opération de maintenance. Côté client, l’interface a été revisitée et se veut plus simple, toutes les informations importantes étant concentrés dans une seule fenêtre (un mouvement déjà initié avec la version 11).

La nouvelle version doit être en outre plus rapide. TeamViewer aborde plusieurs points, à commencer par un code présenté comme « optimisé ». Surtout, en fonction de la vitesse de connexion, le rafraîchissement de l’image peut maintenant attendre les 60 images par seconde. Les transferts de fichiers doivent également être beaucoup plus rapides, jusqu’à 200 Mo/s, toujours en fonction de la connexion bien sûr.

Du mobile vers mobile pour Android, iOS et Windows 10

Enfin, en plus du support d’Android et iOS, TeamViewer 12 est maintenant disponible sur Windows 10 Mobile, grâce à la mise à jour de l’application UWP qui était déjà disponible sur PC.

La télémaintenance peut donc se faire dans un sens « mobile vers mobile » sur ces trois plateformes. Un tableau de bord est également ajouté pour une vue d’ensemble des connexions actives vers les appareils mobiles.

 

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Microsoft officialise Teams, son alternative à Slack

Microsoft a finalement présenté Teams, son alternative maison à des outils tels que Slack. Une préversion est disponible pour les entreprises disposant d’un abonnement Office 365, avec une mouture finale prévue pour le début d’année prochaine. Comme on pouvait s’y attendre, l’éditeur joue la carte de l’intégration.

Les rumeurs circulaient depuis plusieurs mois déjà. Microsoft a officialisé son concurrent de solutions telles que HipChat ou Slack, nommé Teams, au cours d’une conférence qui s’est tenue hier soir. Le principe est exactement le même : une messagerie conçue pour aider les équipes à avancer sur leurs projets ou simplement à s’organiser.

Une interface sans surprise particulière

Les fonctionnalités sont nombreuses mais pas vraiment surprenantes. La fonction centrale est de pouvoir discuter au sein d’une équipe avec ses collègues de travail. On retrouve donc une large zone à droite pour les conversations, et une colonne à gauche pour afficher les groupes. Ces derniers sont par défaut ceux auxquels l’utilisateur a droit, tels que définis par l’administrateur. Seuls les utilisateurs indiqués comme faisant partie de l’entreprise peuvent être ajoutés pour l’instant, l’accès Invité n’étant pas encore disponible.

La colonne de gauche est configurable. Les utilisateurs peuvent y épingler à peu près tout ce qu’ils souhaitent, y compris des documents sur lesquels ils doivent souvent intervenir. S’y créent également toutes les discussions privées, en tête à tête ou en groupe.

Des conversations en « threads », avec des outils classiques

Les conversations elles-mêmes sont affichés par défaut en threads. Cela signifie qu’il ne s’agit pas d’une enfilade sans fin de messages comme dans une discussion classique. Les sujets créent ainsi automatiquement des « branches » avec une indentation pour les réponses. Chacun peut donc voir directement qui répond à quoi. Teams opère une sélection sur les éléments qui semblent intéressants à afficher pour chaque utilisateur.

Ce dernier dispose également de toutes les fonctions classiques que l’on peut attendre d’une telle solution de messagerie. L’interface de rédaction comprend ainsi des outils standards de mise en forme, comme le gras, l’italique ou encore les listes à puces. Les messages lus peuvent être également marqués avec des drapeaux ou des « J’aime » pour les retrouver plus facilement par la suite.

Microsoft joue la carte de la cohésion avec ses services

Bien évidemment, la plus grande force de Teams se devine aisément : l’intégration. Il est disponible pour toutes les entreprises disposant d’un abonnement Office 365 de type Business ou Enterprise, le tout en 18 langues et dans 181 pays. Dans tous les cas, la suite Office est prise en charge, de même que Planner, PowerBI, SharePoint, OneNote et bien sûr Skype.

L’intégration de ce dernier est intéressante. Elle procure déjà à Teams des fonctionnalités de vidéoconférence depuis l’interface, sans effort supplémentaire. Un utilisateur peut également mettre en place une réunion dans le calendrier, et ajoutant des personnes à la volée. Les groupes disposent en outre d’une icône permettant de lancer un appel collectif sans préparation particulière. Il est même possible de mettre en place des conférences permanentes dans lesquelles les utilisateurs vont et viennent à leur guise.

Une ouverture obligatoire sur le monde extérieur

Pour le reste, l’intégration d’Office en général permet plusieurs éléments intéressants, dont le principal est de pouvoir travailler les documents compatibles directement dans teams. Quand c’est nécessaire, une partie des contrôles est ainsi déportée vers le logiciel pour par exemple faire des modifications rapides ou intégrer des commentaires.

Les développeurs pourront en outre tirer parti du Microsoft Graph et d’API permettant la création d’extensions. Microsoft prévoit en effet une ouverture de Teams à d’autres services, et il faudra voir s’ils seront plus au rendez-vous que pour l’intégration aux autres solutions Office. Car c’est sans doute là-dessus que tout va se jouer, la possibilité de se servir d’un outil de messagerie comme élément central grâce à des intégrations simples et diverses constituant la principale force de Slack à l’heure actuelle. Cela explique d’ailleurs en bonne partie son succès depuis quelques années.

Teams se veut malléable, en permettant par exemple la création d’onglets centrés sur d’autres services de type cloud, des canaux de conversation personnalisés, jusqu’à des « memes » maison si l’entreprise le souhaite. Microsoft a fait plusieurs démonstrations en ce sens pendant la conférence, notamment l’intégration de Twitter – exemple simple d’un compte affichant automatiquement les nouveaux tweets dans la conversation – et la mise en place rapide de sondages.

D’ici au lancement officiel de Teams, prévu pour début 2017 (sans plus de précision), Microsoft compte en fait proposer 150 intégrations, 70 connecteurs et 85 bots. Une ouverte vers l’extérieure sur laquelle il n’était pas question de faire l’impasse, à moins de proposer une solution tournée exclusivement vers l’intérieur.

L’intégration, une force autant qu’une faiblesse

C’est malheureusement un point auquel Microsoft devra faire face, en dépit de toutes ces portes. Contrairement à Slack, l’éditeur ne peut nier que Teams est avant tout conçu pour les abonnés Office 365. Or, même si ces formules affichent un succès croissant, de nombreuses entreprises n’en ont pas besoin.

Ce qui explique aussi en partie l’envolée d’un Slack qui est grimpé rapidement à quatre millions d’utilisateurs actifs sans appartenir à aucun géant du secteur, et en cultivant sa différence. Même dans les grosses entreprises, le combat ne sera pas simple, puisque des mastodontes comme eBay, EA, IBM ou encore TIME utilisent déjà Slack.

En attendant, la préversion de Teams est utilisable par toute entreprises abonnées à Office 365. Elle demande plusieurs étapes préparatoires, résumées sur la page consacrée à la nouvelle messagerie. Elle souffre pour le moment de quelques défauts de jeunesse, notamment au niveau de la traduction des emails. Mais gageons que cela évoluera rapidement.

 

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