Le décret immigration de Trump aura un impact sur l'activité, prévient l'industrie IT

La Commission européenne affirme que les accords transatlantiques sur la protection des données ne seront pas affectés pas le décret limitant la protection de la vie privée des étrangers signé par Donald Trump.

Donald Trump n’a pas perdu de temps en signant plusieurs décrets polémiques. (Crédit D.R.)

Vendredi, la Commission européenne a déclaré que « les craintes que l’un des nombreux décrets signés la semaine passée par le président américain Donald Trump ne remette en question le Privacy Shield, l’accord transatlantique encadrant le transfert de données, sont sans fondement ». Mercredi, parmi les nombreux documents signés depuis le 20 janvier, jour de l’entrée en fonction de son administration, Donald Trump a signé un décret intitulé « Améliorer la sécurité publique à l’intérieur des États-Unis ». Tous les présidents américains avant lui ont utilisé des « executive orders » pour gérer les activités du gouvernement fédéral. À l’instar du décret concernant les « améliorations de la sécurité aux frontières et de la politique d’immigration » signé le même jour, le décret relatif à la sécurité publique permet d’expulser des étrangers entrés illégalement aux États-Unis ou ceux entrés légalement, mais dont le visa est arrivé à expiration ou ceux n’ayant pas respecté les conditions liées à leur visa.

Cependant, pour appliquer ce décret, les autorités judiciaires doivent être en mesure de suivre les étrangers concernés. Or, les lois sur la protection de la vie privée peuvent constituer un obstacle à l’obtention des informations permettant de les identifier. C’est la raison pour laquelle Donald Trump a ordonné aux agences gouvernementales américaines « de veiller à ce que leurs politiques de protection de la vie privée excluent du Privacy Act, l’accord sur la protection des données personnelles, les personnes n’ayant pas la nationalité américaine ou n’étant pas résidents permanents légaux ».

Des voix s’élèvent contre ce décret 

Certains se sont demandés si la décision du président élu avait un impact sur le Privacy Shield. Lors de la négociation du Privacy Shield, qui permet aux entreprises de transférer les informations personnelles de citoyens européens aux États-Unis, l’Union européenne avait exigé des États-Unis qu’ils garantissent un droit à la vie privée pour les données des étrangers traitées sur le sol américain. Ces transferts sont interdits par la législation européenne sur la protection de la vie privée, sauf si le pays de destination des données respecte un niveau de protection de la vie privée au moins égal à celui exigé par la législation de l’UE. Un législateur de l’UE qui avait défendu les mesures de protection inscrites dans le Privacy Shield a immédiatement critiqué le décret de sécurité publique signé par le nouveau président.

Le député européen Jan Philipp Albrecht craint que ce décret ne porte atteinte à l’accord garantissant la protection des données et à un autre accord-cadre sur la confidentialité des données conclu entre l’UE et les États-Unis et devant entrer en vigueur ce mercredi. « Si cela se confirme, @EU_Commission doit immédiatement suspendre #PrivacyShield et sanctionner les États-Unis pour avoir rompu l’accord-cadre entre l’UE et les États-Unis », a tweeté le député.

Les Européens exclus de ce décret 

Mais, selon une porte-parole de la Commission, « les craintes de Jan Philipp Albrecht et d’autres ne sont pas fondées ». Le Privacy Shield protège les données des citoyens de l’UE transférées aux États-Unis. Par contre il ne couvre pas la confidentialité des données collectées aux États-Unis. « La loi américaine sur la protection des renseignements personnels, le Privacy Act, n’a jamais couvert la protection des données des citoyens européens. Le Privacy Shield n’est pas lié au Privacy Act, qui concerne les données détenues par les agences américaines, et non par des sociétés privées. Par ailleurs, l’accord-cadre auquel fait référence l’eurodéputé Jan Philipp Albrecht couvre l’échange d’informations personnelles entre les autorités américaines et les autorités européennes pour leurs besoins d’enquêtes. Cependant, il dépend d’une loi qui semble exclure les Européens du décret signé par Donald Trump.

Selon la porte-parole de la Commission, « l’an dernier, pour finaliser cet accord, le Congrès des États-Unis avait adopté une nouvelle loi dite U.S. Judicial Redress Act sur le recours juridictionnel, qui permet aux Européens de bénéficier de la loi sur la protection des renseignements personnels, le Privacy Act, et leur donne accès aux tribunaux américains ». Étant donné que Donal Trump a uniquement demandé aux agences d’exclure les Européens de la loi sur la protection des renseignements personnels « dans la limite du droit applicable », il semble que la loi sur le recours juridictionnel s’applique toujours. Mais, la Commission reste vigilante. « Nous continuerons à surveiller la mise en œuvre de ces deux instruments juridiques et nous suivons de près aux États-Unis tout changement qui pourrait avoir un impact sur les lois européennes relatives à la protection des données », a encore déclaré la porte-parole.

 

Emploi

Angela Mazza nommée responsable de la zone EMEA Nord chez SAP

Alors que SAP a réalisé 22,07 Md€ de facturation en 2016, la zone EMEA reste son plus gros marché. L’adoption du cloud y est toutefois très en retrait par rapport à la zone Amériques.

La région EMEA reste le plus gros marché de SAP en 2016.

En 2016, SAP a vu ses facturations progresser de 6% et s’établir ainsi à 22,07 Md€. Comme l’an passé, cet exercice a été marqué par une montée en puissance des offres cloud. Les revenus tirés de leurs commercialisations (vente et support) ont progressé de 30% l’an passé et frôlent les 3 Md€. De fait, ils représentent maintenant 13,6% des facturations globales de l’éditeur.

L’activité logicielle traditionnelle (licence et support) de SAP reste la plus lucrative pour l’éditeur. En 2016, elle a généré 15,4 Md€ de revenus, en hausse de 3%. Quant aux services, ils ont représenté 3,6 Md€ de chiffre d’affaires, en progression de 3%. L’éditeur allemand affiche également une rentabilité en hausse avec un résultat opérationnel de 6,62 Md€ (+4%) et un bénéfice après impôt de 4,6 Md€ (+3%).

L’EMEA à la traine sur le cloud

La région EMEA reste le principale marché de SAP avec 9,7 Md€ de facturations générées, contre 8,9 Md€ pour la zone Amériques et 3,4 Md€ en Asie Pacifique. C’est toutefois dans cette dernière région que l’adoption du cloud a été la plus forte (+44% à 201 M€). Néanmoins, la zone Amériques reste le premier marché de SAP dans le cloud avec 2 Md€ de facturations (+26%), soit plus de deux tiers des revenus tirés par l’éditeur de ses services hébergés. S’agissant du cloud, la zone EMEA ne représente quant à elle que 704 M€ de chiffre d’affaires (+38%).

Pour 2017, SAP mise sur un chiffre d’affaires total compris entre 23,2 et 23,6 Md€. Pour le seul domaine du cloud, il table sur des facturations comprises entre 3,8 et 4 Md€, soit une croissance de 34%. 

 

Emploi

Pascal Buffard nommé CEO d'Axa Technology Services

Deputy Group CIO d’Axa, Pascal Buffard devient, parallèlement, CEO d’Axa Technology Services.

Pascal Buffard passe de président à CEO d’Axa Technology Services. (Crédit D.R.)

Pascal Buffard augmente son périmètre de responsabilités. Déjà Deputy Group CIO d’Axa, depuis début 2012, il devient le CEO d’Axa Technology Services, en remplacement de Daniele Tonella. Pascal Buffard connaît bien cette filiale de l’assureur, chargée de gérer la production informatique au niveau mondial, il en fut le président de mars 2013 jusqu’au mois dernier.

Axa Technology Services comptait 3 500 salariés jusqu’au mois dernier, où elle a vendu sa filiale indienne à Cap Gemini. Cette entité comptait un millier de salariés. Rappelons que, jusqu’au mois d’octobre dernier, Pascal Buffard fut le président du Cigref.

 

Emploi

TCS Poitiers veut franchir le cap des 100 collaborateurs d'ici 2018

En doublant ses effectifs à Poitiers en seulement deux ans, TCS dont la direction des opérations est assurée en France par Serge Acito se positionne comme l’une des entreprises créatrices d’emploi en région Poitevine. Crédit: D.R.

Le centre de services aquitain de Tata Consulting Services entend recruter 20 nouveaux collaborateurs d’ici le second trimestre 2017 et ambitionne de passer de 60 personnes actuellement à plus d’une centaine à l’horizon 2018.

Après avoir doublé ses effectifs en 2 ans, le centre de services de Tata Consultancy Services (TCS) Poitiers, s’est fixé  de nouveaux objectifs pour l’année 2017. En recrutant 20 personnes supplémentaires, le site aquitain vise les 80 collaborateurs d’ici le second trimestre 2017. Depuis son inauguration suite au rachat de la société française d’Alti, spécialisée dans l’intégration des solutions SAP et le secteur banque/assurance, ce centre n’a eu de cesse de se développer. « TCS Poitiers comptait 30 salariés au moment de sa création en 2013, souligne Serge Acito, directeur des opérations de TCS  France. « Avec 60 salariés aujourd’hui, nous nous sommes fixés pour ambition de dépasser la barre de 100 collaborateurs  d’ici 2018. », a-t-il ajouté.

Dans cette optique le groupe de services a passé un accord de préparation opérationnelle à l’emploi individuelle (POEI) avec Pôle emploi et le Fafiec pour faciliter la reconversion professionnelle de demandeurs d’emploi vers les métiers du numérique. « Nous recrutons et formons des personnes qui ne sont pas forcément issues du secteur informatique et qui ont des savoir-faire fonctionnels dans des secteurs comme l’énergie ou les systèmes d’information géographique », poursuit Serge Acito. « Nous comptons également engager des jeunes diplômés d’écoles d’ingénieurs, principalement des profils ayant des capacités de développement dans divers environnements technologiques, sur les solutions Microsoft ou sur les ERP , ainsi que des analystes, des chefs et des directeurs de projets ».

Un objectif de développement sur le marché français

Poitiers constitue le 3ème centre de services de TCS en France avec ceux de Lille et de Levallois-Perret. Le centre aquitain possède un portefeuille de clients dont la plupart sont des grandes entreprises, comme Engie ou Axa et dont 80% sont des clients historiques du groupe de services. TCS Poitiers intervient en parallèle auprès d’organismes publics au niveau local. Le site assure la maintenance de la plateforme  e-commerce du CNED (Centre national d’enseignement à distance) et il administre aussi les  plateformes de diffusion de ressources pédagogiques et d’e-learning du réseau Canopé destinées aux professionnels de l’enseignement. « Le groupe a pour ambition d’accroître sa présence sur le marché français », confie Serge Acito. « Dans un contexte ou l’emploi IT reste tendu, le fait d’être une entreprise d’origine indienne nous permet d’attirer des candidats, attirés par une expatriation à l’international ou un stage de fin d’études ».

 

Emploi

Accenture remplace 17 000 emplois automatisables

Richard Lumb, directeur général des services financiers chez Accenture a indiqué que les évolutions technologiques avaient permis d’éliminer des tâches répétitives et plutôt ennuyeuses. Crédit: D.R.

Les progrès de la robotique et de l’automatisation ont eu pour effet de faire disparaître 17 000 postes chez Accenture, sans entrainer aucune perte d’emploi, a assuré Richard Lumb, responsable des services financiers du groupe lors du Forum économique de Davos qui se tient jusqu’au 20 janvier 2017.

Chez Accenture, l’automatisation a entraîné le remplacement de  17 000 personnes  au cours des 18 derniers mois,  mais aucune d’elles n’a perdu leur emploi.  C’est ce qu’a déclaré Richard Lumb, directeur général des services financiers du groupe de conseil IT à nos confrères de Business Insider lors du Forum économique mondial  qui a lieu du 17  au 20  janvier 2017 à Davos (Suisse). Selon lui, si l’automatisation croissante des taches ainsi que le développement et la mise en œuvre de l’intelligence artificielle et de la robotique peuvent certes détruire des  emplois, elles ne sont pas prêtes de remplacer des  humains.  «Au cours des 18 derniers mois, l’automatisation a remplacé 17 000 emplois  dans les tâches de back office, mais nous n’avons pas mis ces personnes à l’écart », a précisé le directeur financier. « Nous avons eu la chance de pouvoir modifier leurs emplois  et de les repositionner».

Avec  394 000 employés  et des clients répartis à travers 200 villes dans  120 pays,  Accenture est l’un des plus importants groupe de conseil et de services IT du monde. Dans cette entreprise, l’automatisation a contribué à faire disparaître des métiers peu intéressants tout en améliorant  la productivité des salariés. « Pour assurer le  traitement du back office qui emploie 100 000 personnes, nous avons  rationalisé les processus et réellement augmenté la productivité des collaborateurs», a assuré  Richard Lumb. « Pour cela, Accenture s’est attaché à former et à recycler les personnes  concernées afin qu’elles aient encore un rôle à jouer au sein du groupe », a-t-il ajouté. « Pour être honnête, l’automatisation a supprimé beaucoup de tâches ennuyeuses et répétitives ».

72 000 personnes formées

Afin d’assurer une mutation durable des emplois face à l’automatisation et à la robotisation, Accenture a investi dans la formation de ses équipes. 72 000 personnes ont été formées aux nouvelles technologies, preuve que l’entreprise veille constamment à réévaluer ses collaborateurs dans un environnement technologique en évolution rapide. Ces nouvelles méthodes d’organisation du travail appliquées par la compagnie donnent une idée de la façon dont les entreprises et leurs salariés évolueront au cours de ce  21ème siècle.  En juillet dernier, une note émanant de France Stratégie, organisme rattaché au Premier Ministre considérait que seuls 15% des emplois seraient automatisables.

 

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