Datacenters : Google, Microsoft et Uber s'inquiètent de la pénurie de compétences

Plusieurs acteurs majeurs de l’industrie du datacenter pensent que le secteur doit attirer de nouveaux talents pour résoudre les défis d’ingénierie, notamment développer des installations plus respectueuses de l’environnement et énergétiquement plus efficaces.

Les datacenters se multiplient partout dans le monde, mais les formations ne suivent pas. (Crédit Google)

Le sujet de la pénurie des talents dans le secteur des datacenters a été abordé par Dan Nelson, responsable des opérations de traitement d’Uber, Joe Kava, vice-président des datacenters de Google et Christian Belady, directeur général de la stratégie et de l’architecture des infrastructures cloud de Microsoft lors d’une table ronde organisée pendant la conférence Datacloud Europe qui a eu lieu les 6 et 7 juin dernier à Monaco. Selon Christian Belady, l’un des principaux défis liés à l’exploitation de réseaux de datacenters toujours plus vastes concerne l’accès aux compétences. « La concurrence pour attirer ces compétences est très forte. Mes homologues et moi-même passons notre temps à débaucher des gens les uns chez les autres. C’est formidable pour eux, parce que, pour les inciter à changer d’employeur, nous augmentons chaque fois leurs salaires. Mais au final, le nombre de personnes travaillant dans cet écosystème ne bouge pas, d’où l’énorme concurrence qui existe entre eux ».

« La demande d’ingénieurs capables de prendre en main des problèmes « non linéaires est particulièrement élevée », a précisé Christian Belady. Ces dernières années, la gestion du datacenter est devenue plus complexe et la demande de compétences reflète cet état de fait. « Il y a dix ans, les problèmes posés par le datacenter étaient limités, linéaires et évoluaient lentement. Les différentes disciplines permettaient de couvrir la totalité de l’espace. Tout était très prévisible, et nous savions ce que nous devions faire chaque jour : construire un bâtiment, installer un certain type d’infrastructure électrique, prévoir un peu de refroidissement et c’était suffisant pour créer un système opérationnel. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et notre priorité est de disposer du personnel dont les compétences permettent de résoudre les problèmes qui se posent. Selon Christian Belady, les entreprises manquent cruellement de spécialistes en systèmes non linéaires. « Nous recherchons des personnes qui savent apprendre, pas celles qui ont uniquement des connaissances. Nous avons besoin de gens qui savent évoluer avec le changement et l’ambiguïté, capables de comprendre des situations toujours nouvelles. Ces postes ne sont pas adaptés à des profils qui ont besoin de savoir ce qu’ils auront à faire tous les jours ».

Un secteur à la recherche de généralistes  

Joe Kava de Google conseille aux personnes qui veulent faire carrière dans l’ingénierie de datacenter de se former à des compétences variées. Il recommande aux gens qui démarrent dans ce domaine de ne pas devenir des spécialistes, mais des généralistes. « Un grand nombre de problèmes et de choses que nous essayons de résoudre aujourd’hui ne sont pas spécifiquement liés au serveur, mais à la façon dont les serveurs s’intègrent aux racks, aux systèmes de refroidissement, comment les alimenter avec des énergies renouvelables, comment dépenser moins d’eau pour cela. Les problèmes actuels sont ceux d’un écosystème complet ».

Cependant, élargir ce cercle d’ingénieurs n’est pas simple. Il faudrait commencer par sensibiliser plus de gens sur le sujet. Selon Dan Nelson d’Uber, quand on demande à des personnes extérieures à l’industrie leur avis sur les datacenters, peu d’entre elles se montrent intéressées ou ne comprennent pas l’ampleur ou la complexité de l’infrastructure sous-jacente. Pourtant, sans ces infrastructures, les apps pour smartphones que tout un chacun utilise tous les jours ne pourraient pas fonctionner. « La plupart des gens que je rencontre ne savent même pas que cette industrie existe et n’ont pas idée de son importance critique. Comment faire alors pour attirer des talents vers ce secteur ? »

Travailler avec les universités 

« Il faudrait également ouvrir des formations dans les universités », a encore estimé Christian Belady, même si ce n’est pas de leur responsabilité directe. « Mais, ce support académique ne pourra se mettre en place que s’il y a une demande de formation, ce qui signifie qu’il faut sensibiliser les étudiants aux avantages qu’ils pourraient trouver à faire carrière dans cette industrie », a-t-il déclaré. « Les universités devraient développer des filières d’ingénieurs spécialisés dans les systèmes cloud. Nous manquons sérieusement de compétences dans ce domaine », a encore déclaré Christian Belady. « Mais la demande n’est pas suffisante pour que les universités décident de proposer ce type de programmes. Ce déficit dans la demande est lié au manque de sensibilisation sur les compétences, les emplois et les opportunités de carrières ».

 

Emploi

Les offres d'emploi IT en hausse de 39% sur un an, selon Robert Walters

Le marché de l’emploi s’est fluidifié sur certains secteurs, dont la high-tech et le numérique, favorisant aussi la mobilité en région. Dans le Sud-Ouest, la progression de 51% sur les offres d’emploi est en partie liée aux objets connectés, note le cabinet Robert Walters.

Au 2ème trimestre 2017, l’évolution des offres d’emploi dans la IT profitera aux cadres accompagnant la transformation digitale, prévoit le cabinet Robert Walters. (crédit : Pixabay/Geralt)

Pour établir son 14ème baromètre européen sur l’emploi, le cabinet de recrutement Robert Walters s’est basé sur les volumes d’offres de postes en France et en Europe entre le 1er trimestre 2016 et le 1er trimestre 2017. Dans l’Hexagone, il constate, tous secteurs confondus, une augmentation de 21,5% par rapport à l’an dernier. La dynamique des recrutements se porte surtout sur les métiers de l’ingénieur, dans la high-tech, l’automobile et la chimie avec une poussée de 53% sur un an. Les métiers de l’informatique et du numérique sont également bien placés avec 39% de progression sur les offres d’emploi de ce secteur. Robert Walters l’attribue au turn-over des candidats rendu possible par « l’embellie » du marché. « Les cadres n’hésitent plus à changer d’entreprises, créant (…) une plus grande fluidité », indique le cabinet.

Objets connectés et transformation numérique

Les emplois se développent au-delà de l’Ile-de-France, certaines régions se démarquant davantage. Ainsi, dans le Sud-Ouest et en Rhône-Alpes, les volumes d’offres d’emploi ont globalement augmenté de 23 et 20%. L’industrie high-tech joue un rôle du côté de Toulouse avec une augmentation de 51%, notamment tirée par les activités liées aux objets connectés. Dans ce domaine, le baromètre pointe « la recherche d’ingénieurs très spécialisés ». Les industries aérospatiale et aéronautique ont par ailleurs relancé leurs investissements auprès de prestataires et fournisseurs. Parallèlement, l’ouverture de la ligne à grande vitesse Paris/Bordeaux contribue sans doute aussi à attirer ou retenir certaines entreprises dans cette région Sud-Ouest. Du côté Rhône-Alpes, les recrutements ont progressé sur les profils d’ingénieurs dans la production, la logistique et la maintenance.

Avec la progression de la mobilité en région, le marché de l’emploi devrait gagner en fluidité. Le baromètre prévoit que « cet élan » se poursuivre au 2ème trimestre 2017. Il devrait en particulier profiter aux « cadres experts » qui « sauront accompagner les entreprises dans leur transformation digitale », commente Coralie Rachet, directrice France du cabinet Robert Walters dans un communiqué.

 

Emploi

Google accusé de sous-payer les femmes

L’inégalité salariale entre hommes et femmes est plus marquée chez Google que dans le reste du secteur IT, selon une représentante du ministère américain du travail. La firme de Mountain View conteste cette assertion, estimant même avoir réglé ce problème au niveau mondial.

Le département américain du travail assure avoir les preuves évidentes d’une discrimination très significative sur les rémunérations des femmes employées par Google sur la plupart des postes du siège social de l’entreprise. (crédit : D.R.)

Au sein des équipes de Google, les discriminations salariales entre hommes et femmes sont plus criantes encore que dans le reste de l’industrie technologique dans sa globalité, vient de pointer le ministère américain du travail. L’une des directrices régionales du Department of Labor (DoL), Janette Wipper, a témoigné vendredi dernier devant un tribunal de San Francisco que ses services avaient constaté « des disparités systémiques sur les rémunérations vis-à-vis des femmes pratiquement sur l’ensemble des effectifs » de la société, rapporte The Guardian. Le quotidien d’information britannique a contacté Janet Herold, conseillère régionale du DoL, qui lui a indiqué que l’enquête n’était pas terminée mais qu’à ce point, le département du travail avait reçu des preuves évidentes d’une discrimination très significative à l’égard des femmes sur la plupart des postes du siège social de Google.

Les disparités ont été constatées sur des salaires versés en 2015. Le témoignage de Janette Wipper est intervenu dans le cadre d’un procès du DoL contre Google visant à contraindre l’entreprise de Mountain View à communiquer des informations sur les rémunérations pratiquées. Le ministère du travail est autorisé à mener des audits sur les pratiques de Google en matière de ressources humaines car le groupe dirigé par Larry Page est en contrat avec l’administration américaine. Il estime que Google n’a pas été très coopératif.

Le DoL demande l’annulation des contrats avec l’administration

Le Department of Labor a demandé à un tribunal administratif d’annuler tous les contrats de Google liés à l’administration et de ne pas mettre l’entreprise dans la boucle de futurs contrats puisqu’elle ne se conforme pas à ses demandes de renseignements. Google a vigoureusement démenti les affirmations du ministère dans un communiqué envoyé par email. La firme californienne affirme qu’elle réalise chaque année une analyse complète et fiable sur les rémunérations qu’elle verse et qu’elle n’a pas trouvé de différences entre hommes et femmes. « En dehors d’une déclaration infondée dont nous entendons parler pour la première fois au tribunal, le DoL n’a fourni aucune donnée ni partagé sa méthodologie », écrit Google.

Au moment où il a engagé sa procédure, le ministère américain du travail a présenté sa demande d’information comme une démarche de routine, mais Google estime que l’administration a lancé une recherche trop large. Dans un précédent communiqué, la société avait indiqué avoir transmis des centaines de milliers d’enregistrements au Department of Labor dans le cadre de cet audit. Le mois dernier, Steven Berlin, le juge administratif chargé du dossier, a refusé au DoL un jugement en référé qui aurait eu pour effet de clore le dossier en sa faveur. Le magistrat a expliqué alors que la demande du ministère du travail sur les données était déraisonnablement lourde compte-tenu de sa pertinence extrêmement limitée. Le témoignage apporté vendredi dernier est par ailleurs intervenu 3 jours après un tweet de Google indiquant qu’il en avait terminé de la différence de rémunération entre les sexes à l’échelle mondiale. Le groupe californien a également publié un guide pour aider d’autres entreprises à faire de même.

Google n’est pas la première entreprise du secteur IT poursuivi par le DoL. Ce dernier a également engagé des actions contre Palantir, accusé de discrimination à l’embauche envers les postulants asiatiques, rappelle The Guardian. En janvier, Oracle a aussi été poursuivi pour des inégalités salariales.

 

Emploi

Le Syntec appelle à la nomination d'un haut-commissaire à la transformation numérique

Très engagé dans la campagne présidentielle, le Syntec Numérique vient de lancer une salve de propositions supplémentaires censées permettre à la France de devenir la locomotive de la transformation numérique en Europe.

Lors des vœux du Syntec Numérique, Godefroy de Bentzman, son président, avait assuré ne jamais avoir autant eu l’attention des politiques lors d’une élections présidentielle.

Le Syntec Numérique multiplie les propositions à l’attention des candidats à l’élection présidentielle. Le principal syndicat patronal des entreprises de l’IT a déjà annoncé un fort engagement dans la campagne lors de ses vœux 2017. A cette occasion, Godefroy de Bentzman, son président, avait notamment avancé plusieurs axes de travail dont le passage à une industrie 4.0 et l’allégement de certains régimes fiscaux.

Aujourd’hui, le Syntec relance une salve de propositions. Estimant que les programmes actuels manquent cruellement d’ambition sur le sujet de l’IT, l’association invite à la mise en place d’un « état d’urgence numérique » pour les cinq prochaines années. « Le tournant doit être pris dés maintenant pour rester dans la course, il sera trop tard en 2022 pour le faire », clame Godefroy de Bentzmann.

« Agiliser » le travail

Ainsi, il invite le futur président à nommer dès son élection un haut-commissaire à la transformation numérique qui sera placé directement sous les ordres du premier ministre. Sur le plan de l’emploi, l’association propose en outre « d’agiliser » le travail via la création d’un compte personnel d’activité qui permettrait aux salariés d’évoluer aussi rapidement que les métiers du numériques. Dans cette optique, l’association exige également le lancement d’un Grenelle de la formation afin de mettre en place des programmes d’apprentissage continue tout au long de la vie des salariés. Et comme il n’y a pas seulement les collaborateurs à former, le Syntec propose aussi la création d’une institution dédiée à la formation des dirigeants et hommes politiques à la transformation numérique.

Toutes ces mesures ont pour objectif de faire de la France le leader de la transformation numérique en Europe. Reste à voir si les candidats prêteront une oreille attentive au Syntec Numérique et cela semble plutôt bien parti. Lors de la présentation de ses vœux, l’association assurait qu’elle n’avait jamais eu autant l’attention des présidentiables, preuve que le numérique est devenu une de leurs préoccupations majeures.

 

Emploi

Guillaume Pech-Gourg nommé directeur marketing digital de Hachette Livre

Le CRM et le marketing digital de Hachette Livre sont placés sous la direction de Guillaume Pech-Gourg.

Guillaume Pech-Gourg devient responsable marketing digital et CRM d’Hachette Livre sur quatre pays.

Le groupe d’édition Hachette Livre réunit le CRM et le marketing digital, sous la direction de Guillaume Pech-Gourg qui dirigeait Hachette Digital depuis trois ans. Ses responsabilités s’étendent à quatre pays : Hachette Book Group (Etats-Unis), Hachette UK, Espana et France. Il doit mettre en place des outils de relations consommateurs, indique l’éditeur, sur trois points : présence en ligne des éditeurs, eCRM multicanal, acquisitions et engagement des lecteurs.  

Avant de rejoindre Hachette Livre en juillet 2013, Guillaume Pech-Gourg a évolué dans le secteur musical. D’abord, comme responsable du projet internet d’Universal Music, puis de son marketing et du e-CRM. Il passe ensuite chez EMI Music France, comme manager CRM et consumer research, head of content and customer relationship management, directeur de la stratégie consumer. Il est revenu ensuite chez Universal, en tant que directeur international du CRM, basé à Londres. Guillaume Pech-Gourg est diplômé de l’ESCP Europe.

 

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