L'accord Privacy Shield pris en tenaille par 2 actions judicaires

Deux actions juridiques viennent d’être lancées pour annuler l’accord Privacy Shield.

Après Digital Rights Ireland, la Quadrature du Net cherche à annuler la décision de la Commission européenne concernant la mise en oeuvre du Privacy Shield.

Une semaine après le dépôt de plainte par les défenseurs irlandais des droits numériques de Digital Rights Ireland demandant l’annulation de l’accord, c’est au tour de la Quadrature du Net, une association de défense des droits et des libertés des citoyens sur Internet, d’engager sa propre action judiciaire contre le Privacy Shield. Le groupe français déposé une plainte le 25 octobre contre la Commission européenne, organe exécutif de l’Union européenne, pour contester l’accord qui régit le transfert de données entre l’Europe et les États-Unis.

La Cour de justice de l’UE n’a pas encore publié de détails sur le contenu de la plainte, mais l’agence de presse Euractiv basée à Bruxelles a expliqué hier que La Quadrature du Net estimait que le Privacy Shield ne fournissait pas de protection adéquate aux données des citoyens européens transférées aux États-Unis pour traitement, et que l’organisation comptait faire annuler la décision de la Commission. La semaine dernière, une action similaire intentée en septembre par le groupe de défense des droits numériques irlandais Digital Rights Ireland (DRI) contre la Commission a été rendue publique. Mais les détails de la plainte ne sont toujours pas connus et DRI refuse de commenter l’information.

Un accord nécessaire pour les transferts de données transatlantiques 

L’accord Privacy Shield est entré en vigueur en juillet en remplacement de l’accord Safe Harbor annulé par la Cour de Justice de l’Union européenne en octobre 2015, jugé inadapté. Le secrétaire américain au Commerce, Penny Pritzker, a rappelé que « les échanges commerciaux entre l’Europe et les États-Unis dépendant du transfert de données s’élevaient à 260 milliards de dollars » et que la « mise en cause du Privacy Shield aurait des conséquences pour de nombreuses entreprises offrant des services cloud aux consommateurs ».

Selon Aaron Tantleff, avocat du cabinet Foley & Lardner, spécialiste de la sécurité de la vie privée et de l’information, « parce que le Digital Rights Ireland a choisi de déposer sa plainte directement devant le tribunal sans passer par l’intermédiaire d’une autorité nationale chargée de la protection des données, il doit prouver que le Privacy Shield le concerne directement et individuellement ». Il estime de ce fait que la « bataille judiciaire sera difficile ». La Quadrature du Net, qui est aussi une organisation de défense et non un groupe d’individus souhaitant défendre leurs droits à la vie privée, sera vraisemblablement confrontée à la même difficulté. 

Ni la Commission européenne, ni La Quadrature du Net n’ont répondu aux demandes de commentaires de nos confrères d’IDG NS au sujet de la plainte, mais le Journal officiel de l’UE pourrait fournir plus de détails sur son contenu.

 

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PayPlug acquiert le statut d'établissement de paiement

Antoine Grimaud, COO de PayPlug, a créé avec Camille Tyan la start-up installée sur le marché des prestataires de paiement pour PME.

La start-up française PayPlug, qui propose son API de paiement en ligne aux e-commerçants, vient d’être agréée établissement de paiement. Cela lui permet d’ouvrir des comptes à ses clients. Sa plate-forme sécurisée est hébergée sur l’infrastructure cloud d’AWS. (mise à jour : le 8 novembre, Natixis a annoncé être entré en négociation avec PayPlug pour une prise de participation majoritaire dans la start-up).

La plate-forme de paiement PayPlug devient un établissement de paiement européen autonome. Elle vient d’obtenir son agrément bancaire auprès de l’ACPR, organe de supervision des secteurs de la banque et de l’assurance (adossé à la Banque de France). « Nous pouvons ouvrir des comptes à nos clients et y encaisser les fonds qu’ils reçoivent via notre solution de paiement en ligne », explique Antoine Grimaud, COO de la société qu’il a créée avec Camille Tyan, CEO. « En revanche, ce statut ne nous permet pas de faire du crédit ou des opérations de marché », nous a-t-il rappelé. PayPlug fait ainsi partie, désormais, des 47 sociétés qui se sont vu accorder cet agrément depuis 2009, dont Lemon Way et Slimpay. La start-up parisienne disposait déjà de la certification PCI DSS, standard de sécurité associé aux cartes de paiement Visa, MasterCard et American Express.

Arrivée en 2012 sur le marché des prestataires de services de paiement, PayPlug permet aux e-commerçants de s’appuyer sur son API pour accepter les règlements par carte bancaire, en ligne et sur mobile. La plate-forme a été créée avec l’objectif de proposer des outils sécurisés pour se défendre contre les tentatives de fraude. Les co-fondateurs ont choisi de l’installer sur les infrastructures cloud d’Amazon Web Services. La solution s’intègre avec les plates-formes de e-commerce Prestashop et Magento qui comptent parmi les plus répandues auprès des PME. 

Un usage « intensif » du machine learning

L’attribution de l’agrément bancaire par l’APCR requiert de se conformer à des exigences strictes, notamment sur les règles de sécurité, la gouvernance et le contrôle internes. Les choix technologiques hautement sécurisés faits par Payplug ont contribué à cette obtention, estime Antoine Grimaud. Outre l’hébergement sur AWS, la start-up fait un usage intensif des technologies de machine learning et de big data sur sa plate-forme et intègre les sources de données du web dans ses outils de contrôle, explique le COO dans un communiqué. L’obtention de cet agrément montre aussi « que le monde bancaire est prêt à se remettre en question et à évoluer », estime-t-il. Une récente étude de Capgemini/Linkedin/Efma montre effectivement que 60 % des dirigeants des banques traditionnelles voient désormais comme des partenaires les nouveaux acteurs de la Fintech.

Devenu établissement de paiement, PayPlug va gagner en autonomie et prévoit de poursuivre son développement en Europe. La société s’est récemment installée en Espagne et en Italie. En juin dernier, elle a levé 3,4 millions d’euros auprès de la communauté de crowdfunding Anaxago (750 000 €), de ses actionnaires historiques (900 000 €) et de la Commission européenne qui lui a accordé une subvention de 1,75 M€. La société compte une trentaine de salariés et continue à recruter, nous a indiqué Antoine Grimaud.

(mise à jour) Le 8 novembre 2016, Natixis a annoncé être entré en négociation exclusive avec PayPlug pour une prise de participation majoritaire dans la start-up. Les fondateurs conserveraient une partie du capital, ainsi que la direction opérationnelle. L’opération comportera un investissement de 7 M€ pour soutenir le développement international de PayPlug. « C’est le bon partenaire pour nous au stade où nous en sommes, nous avons une vision commune sur le monde des TPE dans le e-commerce », nous a commenté Antoine Grimaud en rappelant qu’il s’agissait d’un très gros marché.

 

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Les 10 prédictions d'IDC pour 2017-2020

Parmi les 10 tendances IT du cabinet IDC on trouve le développement de produits visant à augmenter les capacités humaines. (crédit : D.R.)

Le cabinet d’études IDC a livré ses prédictions informatiques et technologiques pour la période allant de 2017 à 2020. Il faudra s’attendre notamment à l’émergence de benchmarks en transformation digitale servant à mesurer la performance de l’entreprise.

Une quinzaine de jours après le Gartner, c’est au tour d’IDC d’annoncer ses prédictions informatiques et technologiques qui vont marquer les prochaines années. Révélées dans le cadre du rapport FuturScape, présenté lors d’une conférence web le 1er novembre dernier, les prédictions du cabinet d’études éclairent les années à venir.

« Nous sommes à un point d’inflexion où les efforts dans la transformation digitale passent du stade de projet ou d’initiative à celui d’impératif stratégique », a indiqué Frank Gens, senior vice-président et chef analyste d’IDC. « Toute entreprise en croissance, selon son âge et son secteur, devra devenir natif du numérique dans sa façon d’exécuter, de produire et de mener ses opérations. Au même moment, l’adoption de la 3e plate-forme [basée sur le cloud, la mobilité, le big data et les réseaux sociaux, NDLR] et de la transformation digitale arrive plus vite que prévue et les avantages compétitifs iront aux entreprises qui pourront suivre le rythme de cette économie numérique émergente ».

1 – Création de produits, services et expériences numériques

D’ici 2020, la majeure partie de l’activité des moitié des 2 000 plus grandes entreprises mondiales dépendra des capacités de ces dernières à créer des produits, services et expériences numériques améliorées. Afin de faciliter leur développement, les investissements dans la transformation digitale vont atteindre 2 200 milliards de dollars en 2019, en croissance de près de 60% par rapport à 2016.

2 – Le boom des technologies de la 3e plateforme

D’ici 2019, les technologies et services de la 3e plateforme [basée sur le cloud, la mobilité, le big data et les réseaux sociaux, NDLR] vont tirer environ 75% de la dépense IT, suivant un rythme de croissance deux fois plus important que la totalité du marché informatique. Ces dépenses seront portées par des technologies clés montantes telles que l’intelligence artificielle, les systèmes de réalité augmentée et virtuelle ainsi que la sécurité de nouvelle génération.

3 – L’explosion des dépenses en infrastructures cloud

D’après IDC d’ici 2020, 67% des dépenses en infrastructures des entreprises IT seront basées sur des offres cloud. A cette échéance, le cabinet d’études évalue qu’à eux seuls, les 5 premiers vendeurs IaaS et PaaS contrôleront au moins 75% du marché des infrastructures cloud.

4 – Les capacités d’intelligence artificielle et cognitive à l’honneur

En 2019, 40% des l’ensemble des initiatives numériques – et la totalité de celles dans le domaine de l’IoT – seront supportées par les capacités d’intelligence artificielle et cognitives. Cela s’explique par le fait que le flux de données en provenance des terminaux IoT et des projets en transformation digitale ont une valeur limitée sans les technologies d’intelligence artificielle et cognitive.

5 – La montée en puissance de la réalité virtuelle et augmentée 

En 2017, le cabinet d’études estime que près du tiers des plus grandes entreprises mondiales (Global 2000), vont expérimenter la réalité virtuelle et/ou augmentée dans le cadre de leurs opérations marketing. IDC estime que des niveaux d’adoption en masse pour ces technologies seront atteints en 2021 lorsque plus d’un milliard de personnes (sic) dans le monde accéderont régulièrement à des apps, du contenu et des données au travers de plateformes de ce type.

6 – La percée des clouds collaboratifs industriels

Les plateformes cloud collaboratives industrielles (Industry Collaborative Clouds) utilisées conjointement par les entreprises et leurs fournisseurs vont tripler d’ici 2018 croit savoir IDC pour dépasser les 450.

7 – Des équipes dédiées à l’innovation et à la transformation digitale

D’ici la fin 2017, près de trois/quart des 500 plus grandes entreprises mondiales auront des équipes dédiées à l’innovation et à la transformation digitale. Au même moment, les entreprises orientées DevOps permettront d’accroître le volume annuel de code applicatif de 50%. Avec pour finalité de permettre d’accroître de façon drastique la capacité des entreprises à monétiser la valeur des logiciels au travers d’objets et de services. 

8 – Les cloud brokers en embuscade

D’ici 2020, plus de 70% des revenus des fournisseurs de services cloud seront générés au travers des brokers ou de partenaires distributeurs (channel). A mesure que le cloud se complexifie, une nouvelle génération de partenaires distributeurs va faire son apparition pour fournir de l’aide au support à l’extension d’une grande variété d’usages et d’utilisateurs, prédit IDC. En 2018, le cabinet estime que la majorité des partenaires channel auront effectué cette transition de leurs activités orientées matériels vers la vente de services cloud ou de cloud brokering.

9 – Des benchmarks en transformation digitale

La performance des entreprises sera mesurée par des benchmarks en transformation digitale d’ici 2020, pense IDC. « Lutter et prospérer dans l’économie numérique signifie que chaque entreprise devra penser et opérer comme une organisation native du digital », prévient le cabinet. « Sans surprise, IDC prévoit qu’au moins un tiers des entreprises du top 20 échouera à atteindre ces nouveaux benchmarks, ouvrant la porte à une compétition accrue. »

10 – L’humain augmenté

Gartner aussi bien qu’IDC croient dur comme fer à l’émergence dans les années qui viennent de l’homme augmenté. D’ici 2020, ce dernier estime qu’un tiers des produits dans le domaine des sciences de la vie serviront à développer une vague de produits intégrant les technologies de la 3e plateforme pour le corps humain. A tel point que les offres en matière « d’humanité connectée » se répandront en masse dans le milieu des années 2020. L’intégration des technologies numériques avec les biosystèmes humains à un niveau cellulaire entrera en phase de recherche et développement avant celle du prototype qui verra émerger dans les 4 prochaines années les futurs Amazon, Google et Facebook de cette nouvelle ère.

 

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