Au dernier trimestre, la croissance du cloud a dépassé celle de la publicité

Google tire toujours l’essentiel de ses revenus de la publicité. Néanmoins, comme l’indiquent les résultats du premier trimestre publiés hier, la croissance des revenus de l’activité cloud du géant technologique a augmenté plus vite que ses recettes publicitaires pendant ce 3T. Une preuve que la stratégie de Google ciblant les entreprises commence à payer.

Un bâtiment au siège de Google à Mountain View en Californie, le 15 février 2017. ( Credit : Magdalena Petrova)

Parmi les activités d’Alphabet, la société mère propriétaire de Google et d’autres entités comme le constructeur de véhicules autonomes Waymo, « c’est la plateforme Google Cloud Platform (GCP) qui s’est montrée la plus dynamique en terme de revenus », a déclaré la directrice administrative et financière Ruth Porat lors d’une conférence téléphonique avec des analystes. Cette croissance est due en partie à la nouvelle manière dont les entreprises travaillent avec Google Cloud. « Ces derniers mois, nous avons remarqué que la relation entre l’équipe de Diane Greene, la vice-présidente des activités cloud de Google, et les clients avait changé », a déclaré le CEO de Google, Sundar Pichai. « De plus en plus, les clients nous demandent de nous associer à des projets stratégiques et à des migrations complètes de données depuis des datacenters sur site vers le cloud. C’est un changement significatif, et cette dynamique se traduit par une croissance rapide de cette activité ».

 

Diane Greene, vice-présidente senior de Google Cloud, lors de son intervention à la conférence Google Cloud Next de San Francisco, le 8 mars 2017. (Crédit : Blair Hanley Frank) 

Les revenus cloud de Google ne sont pas traités séparément. Ils sont regroupés dans la rubrique « Autres » avec les ventes de matériel et Google Play. Au cours du premier trimestre 2017, le chiffre d’affaires de ces activités a atteint près de 3,1 milliards de dollars, en hausse de 49 % par rapport au même trimestre de l’an dernier. Il est difficile d’identifier précisément la part du cloud dans ces résultats, mais à en juger par l’excitation témoignée par Ruth Porat et Sundar Pichai pendant la communication des résultats, il semble néanmoins que cette activité a joué un rôle moteur important. La croissance des activités regroupées dans la rubrique « Autres » a largement dépassé les revenus publicitaires de Google, en augmentation de 19 % d’une année sur l’autre pour atteindre les 21,4 milliards de dollars. Le rythme de croissance de l’activité publicité est resté assez constant au cours de l’année écoulée, alors que celle des activités « Autres » a connu une accélération au cours de la même période. 

Urs Hölzle, le vice-président des infrastructures de Google, autre « star » du géant technologique, avait prédit que les recettes de l’activité cloud dépasseraient les revenus publicitaires de Google, et les résultats annoncés jeudi montrent qu’il ne s’était pas trompé, même s’il reste encore du chemin à parcourir. Par ailleurs, Google a également investi dans le cloud, en renforçant notamment son équipe. Ainsi, au cours du dernier trimestre, plusieurs nouvelles recrues sont arrivées dans la Cloud Team. « C’est aussi celle dont le budget a le plus augmenté au cours de cette période », a déclaré Ruth Porat. Le renforcement de l’équipe et de son budget est une preuve de plus de l’engagement de Google dans sa plate-forme cloud. Mais, si la croissance des revenus annoncée jeudi montre que les offres cloud de Google rencontrent un certain succès, les offres GCP et G Suite restent en retrait sur leurs marchés respectifs. Comparativement, au premier trimestre, le chiffre d’affaires d’Amazon Web Services a atteint plus de 3,6 milliards de dollars, au-dessus des recettes trimestrielles dégagées par les activités de la rubrique « Autres » de Google.

 

Cloud

Microsoft livre un outil pour évaluer le coût d'une migration cloud

Les professionnels de l’IT disposent désormais d’un nouvel outil pour avoir plus de visibilité sur le coût d’une migration cloud. Ils pourront également profiter plus simplement des réductions pour leurs usages hybrides.

Microsoft encourage ses clients à migrer leurs charges de travail vers le cloud public Azure.

Le service Cloud Migration Assessment de Microsoft pourra aider les entreprises à évaluer le coût d’une éventuelle migration vers le cloud à partir d’un inventaire de leurs ressources existantes. Ce calcul des coûts est en partie adossé à l’offre Azure Hybrid Use Benefit d’Azure, qui permet aux clients avec Software Assurance d’utiliser leurs licences Windows Server existantes pour faire tourner des machines virtuelles dans le cloud de Microsoft. Cela signifie qu’ils ne devront payer que le tarif de base en fonction des ressources de calcul utilisées. Depuis hier également, tous les clients peuvent faire leur demande de remises sur le portail de gestion Azure Management Portal. Jusqu’ici, le déploiement d’images de machines virtuelles à tarif réduit était réservé aux entreprises ayant passé des accords d’entreprise avec Microsoft. Les autres devaient utiliser Azure PowerShell pour configurer leur tableau de remises.

Ces dispositions vont dans le sens de la stratégie globale de Microsoft qui veut inciter ses clients d’entreprise à migrer davantage de charges de travail de leurs serveurs sur site vers le cloud public Azure. Cela fait un certain temps déjà que le géant de la technologie livre des outils pour encourager les configurations de cloud hybrides. « Depuis l’an dernier, un grand nombre de vendeurs ont commencé à mettre en avant les configurations hybrides. Ils réalisent que cet aspect est essentiel à la stratégie IT de la plupart des entreprises », a déclaré Julia White, vice-présidente du marketing Azure chez Microsoft. « Que ce soit avec des outils de migration ou en général, nous devons renforcer et clarifier nos capacités hybrides. Car il est capital de reconnaître que la plupart des clients ont une approche hybride, et nous devons en tenir compte de manière durable ».

Des partenaires pour accompagner la migration

L’outil d’évaluation Cloud Migration Assessment permet aux utilisateurs d’indiquer manuellement quelles ressources de calcul, de réseaux et de stockage ils utilisent déjà, ou d’importer ces mêmes informations depuis un fichier Excel créé par l’utilisateur ou généré par le Microsoft Assessment and Planning Toolkit. À partir de ces informations, l’outil de Microsoft génère un graphique comparatif entre le coût de leurs charges de travail dans un datacenter, et le coût de ces mêmes charges de travail dans Azure. L’outil se base par défaut sur différentes hypothèses de déploiement sur site pour évaluer ce coût, mais les clients peuvent personnaliser les données en fonction de leur environnement.

Pour accéder à l’outil, les utilisateurs doivent fournir leur nom, leurs informations de contact et le nom de leur entreprise afin d’être contactés par l’éditeur. La firme de Redmond pourra éventuellement mettre les demandeurs en relation avec des entreprises partenaires qui peuvent les aider dans leur migration. « De façon générale, Microsoft reste très axée sur les partenariats », a déclaré Julia White. « Et, nous essayons toujours de proposer à nos clients le bon partenaire qui répond le mieux à ses besoins ». Par ailleurs, Microsoft a également annoncé que son outil de migration Azure Site Recovery serait mis à jour dans les prochaines semaines. La nouvelle version permettra aux utilisateurs d’accéder plus facilement aux réductions AHUB lors d’une migration à partir d’autres environnements. Quand la mise à jour sera déployée, les utilisateurs pourront « baliser » leurs machines virtuelles Windows Server au moment de la migration pour bénéficier de réductions en mode hybride. Une autre façon de les inciter à migrer leurs machines virtuelles Windows Server depuis AWS et de leurs installations sur site vers Azure.

 

Cloud

L'avenir de Cloudwatt compromis après l'accord d'Orange avec Huawei

L’accord signé entre Orange et Huawei sur une plate-forme cloud basée sur OpenStack irrite les pouvoirs publics et peut remettre en cause l’avenir de Cloudwatt.

Philippe Laplane, DG d’Orange Cloud for Business dément aujourd’hui toute disparition de la plate-forme Cloudwatt.

Même le Canard Enchainé s’en est mêlé, c’est dire ! L’accord passé entre Orange et Huawei sur le cloud public fait des vagues. Selon le journal satirique, une réunion s’est tenue à l’Elysée sur ce sujet au mois de décembre dernier : Orange n’aurait plus les faveurs des pouvoirs publics pour s’être allié à un fournisseur chinois. Nous avons demandé des explications aux trois protagonistes, Orange, Huawei et la Dinsic. Et seule cette dernière s’est mise aux abonnés absents en refusant de nous répondre.

Première question sensible, pourquoi Orange a-t-il discrètement officialisé son partenariat avec Huawei, par un simple communiqué diffusé en anglais ? « C’est une offre destinée aux entreprises internationales » explique Philippe Laplane, directeur général d’Orange Cloud for Business, filiale d’Orange Business Services, la branche entreprise de l’opérateur. « Elle sera disponible au premier semestre en Europe de l’Ouest et à Singapour ». En fait selon une source proche du dossier, l’accord qui devait être lancée en fanfare par Huawei à l’occasion du MWC de Barcelone a effrayé la direction d’Orange. Cette dernière a préféré freiner l’enthousiasme de son partenaire chinois en publiant un modeste communiqué de presse en anglais. Le partenariat remonte en fait à fin 2016 si on considère certains documents publiés par l’opérateur (voir ci-dessous).

Deux offres OpenStack au catalogue

La France est donc placée à l’écart de cet accord. « En fait, nous avons une offre principale, avec VMware et, comme l’open source est de plus en plus important, une offre OpenStack, avec Cloudwatt pour les besoins des entreprises françaises en France et une autre avec Huawei à l’international, pour accompagner les besoins des multinationales ». Philippe Laplane dément toute disparition de CloudWatt : « Ce n’est pas du tout à l’ordre du jour ». Une entreprise qui passe par OBS, pourrait donc utiliser les deux offres OpenStack. C’est la position officielle même si on ne comprend pas comment OBS va poursuivre le développement et la mise à jour de sa plate-forme OpenStack héritée de Cloudwatt. On se souvient des retards à répétition de cette dernière faute de compétences adéquates.

Deuxième sujet sensible, celui des appels d’offres du gouvernement. OBS avec Cloudwatt a été choisi par la Dinsic pour réaliser un projet de cloud public prévu sur deux ans. Ce projet aurait pris du retard. « C’est maintenant fini, le problème a été réglé au premier semestre 2016, assure Philippe Laplane, il venait de la couche réseau OpenContrail [le SDN open source de Juniper]». Reste une interrogation, que fera la Dinsic si elle procède à un deuxième appel d’offres sur une nouvelle tranche de cloud public ?  Sera-t-elle tentée d’écarter Orange du fait de ses liens avec Huawei ? « Nous répondrons à l’appel d’offres, on ne préjuge pas quel sera le choix de la Dinsic », note Philippe Laplane. Cet accord avec Huawei inquiète jusqu’à la communauté des entrepreneurs français du numérique à San Francisco comme nous avons pu le constater la semaine dernière…

OBS met en avant son expertise en sécurité

Le soupçon porté sur les liens avec son fournisseur chinois est balayé par l’opérateur, qui dispose d’équipes de sécurité importantes souligne Philippe Laplane et travaille avec l’Anssi en tant qu’OIV. « C’est OBS qui intègre la technologie Huawei dans ses propres datacenters, donc sur ses infrastructures de sécurité. Nous avons une très grosse expertise en sécurité du fait de notre activité d’opérateur. Nous avons mis en place nos propres infrastructures de sécurité firewall et nos Socs pour la supervision. Des garanties de sécurité pour nos clients ».

Un porte-parole de Huawei confirme, indiquant que l’équipementier chinois assure un simple support technique. Il replace également l’accord au plan international, rappelant que Deutsche Telekom et Telefonica ont également choisi Huawei. Une coïncidence ? « Nous ne nous sommes pas concertés, explique Philippe Laplane, mais les grands du cloud public américain ne veulent pas ouvrir leurs technologies aux telcos. Nous sommes donc passés par Huawei, maintenant il existe une alternative en Europe. On va se parler pour répondre au mieux aux besoins du marché, nous ne sommes pas en concurrence forte sur nos territoires respectifs ». T-Systems, filiale de Deutsche Telekom, est pourtant à l’offensive en France pour présenter son offre de cloud public, avec Huawei comme fournisseur OpenStack, en concurrence avec celle d’OBS qui vend, dans l’hexagone uniquement, l’OpenStack de Cloudwatt. Pour combien de temps encore ? 

 

Cloud

Google veut séduire les codeurs avec une offre cloud gratuite

Avec son offre Always Free, Google Cloud Compute entend attirer les développeurs qui pourront tester plus longtemps – gratuitement mais sous conditions – une micro-instance du fournisseur.

L’accès gratuit, sans limite dans le temps, Always Free permet aux développeurs d’avoir un avant-goût de l’offre cloud de Google. (Crédit Pexels)

Always Free de Google Cloud Compute permet aux utilisateurs de disposer d’une puissance de calcul pour exécuter de petites charges de travail. L’offre est gratuite, mais avec quelques restrictions. Lancée jeudi dernier par le fournisseur, Always Free permet d’utiliser sans frais ses services de cloud public en petite quantité et va au-delà de l’offre d’essai limitée à 60 jours. L’offre comprend, entre autres, une instance de micro-calculs f1, 5 Go par mois de stockage régional et 60 minutes d’accès mensuel à l’API Cloud Speech. Pour bénéficier de cette offre, l’utilisateur doit néanmoins fournir des coordonnées de carte de crédit que Google pourra facturer automatiquement si les limites d’usage sont dépassées.

De plus, le fournisseur cloud a étendu son offre d’essai gratuit. Tous les utilisateurs reçoivent un crédit de 300 dollars qu’ils devront utiliser dans les 12 mois au plus tard. Google stoppera la charge de travail, si l’utilisateur a consommé les crédits avant la fin de la période de 12 mois. Avec ces offres gratuites, Google espère attirer des développeurs vers sa plateforme Google Cloud Platform et contrer la concurrence d’Amazon Web Services, de Microsoft Azure et d’autres fournisseurs de cloud public. « Always free » de Google ressemble un peu à l’offre d’AWS. Par exemple, les deux plates-formes permettent aux utilisateurs d’exécuter des charges de travail en utilisant leurs services de calcul respectifs, AWS Lambda et Google Functions, orientés évènement. Mais l’offre de Google se distingue par sa volonté de délivrer une machine virtuelle gratuite.

Google avait précédemment offert un essai gratuit de 60 jours assorti d’un crédit de 300 dollars. Mais le fournisseur a dû répondre à des demandes de prolongation de plus en plus nombreuses, car le délai de 60 jours était souvent trop court pour finaliser un test de preuve de concept. Le service Always Free est disponible dans les régions us-west-1, us-central-1 et us-east-1 de Google. On ne se sait pas encore si Google compte étendre son offre à d’autres pays.

 

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2 000 start-ups indiennes séduites par le cloud de Microsoft

Microsoft a indiqué être parvenu à attirer plus de 2 000 start-ups indiennes vers ses offres cloud incluant Azure, Office ou encore Dynamics 365.

Le CEO de Microsoft Satya Nadella et le co-fondateur de Flipkart, Binny Bansal, scellant leur contrat cloud. (crédit : Microsoft)

Microsoft a dans son collimateur les start-ups indiennes et le fait savoir. La firme de Redmond a en effet annoncé avoir signé avec plus de 2 000 d’entre elles sur les 12 derniers mois. C’est d’ailleurs le CEO de la société en personne, Satya Nadella, qui l’a annoncé lundi à l’occasion d’un événement à Bangalore. L’Inde représente pour Microsoft une grande opportunité de développement, ce pays étant celui où l’on trouve le plus de développeurs concevant des services de base de données biométriques, scans d’empreintes digitales et d’iris, qui concerne plus d’un milliard de personnes. 

Dans le cadre d’un nouveau programme d’échange numérique d’informations, appelé Inde Stack, le gouvernement indien a mis en place le système biométrique Aadhaar. Ce dernier sert de mécanisme d’authentification pour une variété de services proposés pour être exploités par des entreprises du secteur privé. Microsoft voit d’un bon oeil ce système et espère proposer à de nombreux développeurs une infrastructure cloud pour les aider à construire leurs services. Parmi les différentes proposées, on trouve aussi bien Azure que Office ou encore Dynamics 365. Satya Nadella a par ailleurs annoncé lundi que l’un des e-commerçants les plus en vus en Inde, Flipkart, a choisi Azure en tant que plateforme exclusive de cloud public. 

D’après le Gartner, le marché des services cloud public indien a atteint 1,3 milliard de dollars en 2016 et devrait grimper cette année à 1,8 milliard pour se hisser à 4 milliards en 2020.

 

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