BMC Software prêt à racheter CA Technologies

L’éditeur de solution ITSM BMC Software serait en discussion avec l’éditeur CA Technologies pour un éventuel rachat, si l’on en croit Reuters. L’opération, qui prendrait la forme d’un LBO (rachat par endettement), serait la plus grosse du genre depuis la sortie de Dell de la cote pour 24,4 Md$ en 2013.

BMC Software et les fonds (Bain Capital et Golden Gate Capital) qui le détiennent pourraient racheter CA Technologies avec le soutien de banques. (crédit : D.R.)

BMC Software est en train d’étudier le rachat de CA Technologies. C’est en tout cas ce qu’annoncent nos confrères de Reuters. D’après une source familière de ce genre de procédure, l’éditeur de solution d’ITSM aurait contacté des banques en vue de faire une offre conjointe pour réaliser l’opération. Et elle serait de taille.

La capitalisation boursière de CA étant aujourd’hui estimée à 13 Md$, son rachat par endettement en ferait à coup sûr le plus gros LBO depuis la sortie de la cote de Dell en 2013 pour 24,4 Md$. C’est d’ailleurs pour cela qu’en plus de l’apport des banques, les fonds Bain Capital et Golden Gate Capital, propriétaires de BMC Software depuis sa sortie de la bourse en 2013 pour 6,9 Md$, apporteraient une somme conséquente, d’après la source de Reuters. Cette dernière, qui souhaite rester anonyme assure toutefois qu’aucun accord n’a encore été passé entre les différentes parties.

Les firmes concernées ont respectivement refusé de faire un quelconque commentaire sur l’opération. CA, bien connu pour ses solutions mainframe dédiées aux très grandes entreprises, tente depuis quelques années de se diversifier dans le cloud et dans le DevOps. Parmi ses dernières acquisitions figure le rachat d’Automic, ainsi que ceux de Blaze Meter et Veracode. 

 

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SD-Wan : Les entreprises françaises multiplient les PoC

Alors que le SD-Wan devrait représenter 6 Md$ de chiffre d’affaires à l’horizon 2020, Riverbed se rêve comme un leader de ce marché. De passage en France, Jerry Kennelly, le fondateur et CEO de la société américaine nous a détaillé sa stratégie pour y arriver.

Jerry Kennelly, le CEO de Riverbed, assure que la société reviendra en bourse d’ici deux ans. (crédit : D.R.)

En bonne position pour devenir un acteur majeur du SD-Wan, Riverbed prépare son retour en bourse. « Quand nous sommes sortis de la bourse en 2014 grâce à notre rachat par le fonds Thomas Bravo, nous avions une vaste transformation à faire, notamment pour nous placer sur le marché du SD-Wan. Maintenant que celle-ci est terminée, nous allons revenir en bourse d’ici deux ans », nous a expliqué Jerry Kennelly, le CEO et fondateur du spécialiste de l’optimisation WAN et de la gestion de la performance, rencontré lors de son passage à Paris pour une tournée européenne.

Et il faut dire que le SD-Wan a sûrement un bel avenir devant lui. A en croire IDC, le marché pour ces solutions devrait croître à un taux annuel moyen de 90% d’ici à 2020 et représenter 6 milliards de dollars à cette échéance. « Au-delà de l’optimisation des réseaux classiques, le SD-Wan va permettre aux entreprise de simplifier beaucoup de choses, notamment dans la gestion des cloud hybrides et les déploiements internationaux », expose Jerry Kennelly. Idéalement, le SD-Wan – comme Riverbed l’entend – apporte plus d’automatisation dans la gestion des différentes connexions réseaux (IP, MPLS) à travers les différents points d’accès, aussi bien entre des sites physiques qu’entre des applications.

Automatiser les réseaux, du datacenter aux points d’accès

« Nous avons des clients qui sont aujourd’hui en mesure de mettre près de 500 firewalls à jour en moins d’une journée. Auparavant, il fallait compter plusieurs jours, voire plusieurs semaines », ajoute Jerry Kennelly. Voulant étendre les fonctionnalités de ses solutions SD-Wan aux réseaux locaux, Riverbed a d’ailleurs annoncé récemment l’acquisition du fabricant de point d’accès WiFi, Xirrus.

« L’idée était également de coupler le SD-Wan à notre savoir-faire historique dans le domaine de la gestion de la performance, tant des réseaux que applicative », ajoute le CEO. Alors que la question des SLA devient de plus en plus prédominante dans le cadre d’infrastructures hybrides largement distribuées, Riverbed espère que l’intégration entre ses solutions de gestion des réseaux (SteelConnect) et de la performance (SteelCentral) lui apportera un atout supplémentaire.

« Cisco est notre principal générateur de leads »

« Notre mission est de simplifier l’administration de tous les réseaux. Nous avons d’ailleurs gagné la guerre de la simplification contre Cisco qui est par ailleurs devenu notre principal générateur de leads », ironise le dirigeant. L’engouement pour le SD-Wan semble en tout cas réel. Côté opérateur, OBS a annoncé lors du MWC 2017 un vaste partenariat sur le sujet avec Riverbed. « En France, 78% des entreprises les plus importantes sont actuellement en train de tester nos solutions à travers des PoC, et les autres devraient rapidement leurs emboiter le pas », déclare Gilles Azoulay, le directeur Europe du Sud de Riverbed.

 

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Slack, pilier manquant d'Amazon pour percer dans l'entreprise

Le géant de la vente de détail en ligne est-il prêt à débourser 9 milliards de dollars pour mettre la main sur Slack ? Les responsables des deux entreprises restent muets sur une éventuelle transaction.

La pépite du collaboratif cloud Slack pourrait tomber dans l’escarcelle d’Amazon. (crédit : Magdalena Petrova)

Amazon, le géant du commerce électronique semble intéressé par l’éditeur Slack Technologies connu pour sa plateforme de communication collaborative et son logiciel de gestion de projets. Ce rachat offrirait à Amazon un accès plus direct à l’entreprise. Selon l’analyste de Forester Research, Art Schoeller, « ce serait un bon levier pour renforcer la présence d’Amazon sur le marché de la collaboration d’entreprise, à condition de pouvoir tenir sur le long terme face à des concurrents comme Google, Microsoft et Facebook ». Bloomberg News a été le premier média à dévoiler l’information jeudi, selon laquelle Amazon envisageait de racheter Slack pour un montant estimé à 9 milliards de dollars. Un responsable de Slack a refusé de réagir et Amazon n’a pas répondu à une demande de commentaire de nos confrères de Computerworld.

Depuis sa création il y a trois ans, Slack a connu une forte adoption et compte aujourd’hui plus de 5 millions d’utilisateurs quotidiens. « En mars 2016, Microsoft aurait approché l’entreprise avant de faire marche arrière, estimant le prix – peut-être 8 milliards de dollars – trop élevé », a rappelé Art Schoeller. Au lieu de cela, Microsoft a racheté LinkedIn et lancé Microsoft Teams en novembre 2016. L’intérêt manifesté par Amazon pour Slack est remarquable, dans la mesure où, en février dernier, le géant de la vente de détail a lancé un service de conférence audio et vidéo appelé Amazon Chime. Art Schoeller fait également remarquer que l’offre WorkMail d’Amazon n’a pas beaucoup entamé la popularité des offres combinées Exchange/Outlook de Microsoft ou Gmail de Google.

Un coup d’accélérateur pour Amazon

Selon l’analyste, « le rachat de Slack pourrait donner un coup d’accélérateur à la présence d’Amazon sur le marché, mais le géant de l’e-commerce devra continuer à investir de manière conséquente s’il veut s’imposer sur le long terme face à ses principaux concurrents ». Art Schoeller fait également remarquer que le rachat pourrait avoir des retombées sur les opérations cloud d’Amazon. « Si Amazon continue à ajouter des applications métier au-dessus d’Amazon Web Services, les partenaires pourraient revoir leur position dans la mesure où leurs opérations seraient désormais prises en charge par la plate-forme d’un concurrent », a encore pointé l’analyste.

Même si Amazon Chime dispose déjà d’une fonction Chat Room, l’analyste de Forester pense que Slack va modifier les choses, étant donné que la messagerie instantanée ouvre la voie à des applications de messagerie collaborative similaires. Chime est en concurrence avec des services de conférence en ligne comme Zoom, Uber Conference et Join.me. Alan Lepofsky, vice-président de Constellation Research, indique également qu’en plus de WorkMail, Amazon propose aussi un service de partage de fichiers appelé Amazon Docs. « Il sera intéressant de voir si la combinaison des offres d’Amazon et de Slack est pertinente », a déclaré M. Lepofsky. « Amazon a essayé d’étendre sa présence dans les comptes d’entreprise, en dehors des seuls développeurs. Il y a le bureau virtuel Workspaces, WorkMail et WorkDocs, Chime and Do… Mais il y a peu d’échos sur l’adoption de ces outils par les entreprises. « Peut-être que Slack permettra à Amazon de mettre un pied dans la porte et de promouvoir sa plate-forme », a-t-il déclaré.

L’assistant vocal Echo augmenté avec Slack

« Slack pourrait également servir d’interface à de nombreux services IA », a ajouté le vice-président de Constellation Research. La société pourrait associer son assistant vocal intelligent Echo avec la plate-forme Slack. Mais Alan Lepofsky se dit peu convaincu par la combinaison de Slack avec les produits actuels d’Amazon. « Il faudra un gros travail pour fusionner les produits de Slack et d’Amazon dans un même écosystème », a-t-il déclaré.

 

Cloud

OBS lance son cloud public mondial Flexible Engine

Avec Flexible Engine, Orange Business Services propose un cloud public mondial pour les entreprises internationales, complété de services d’accompagnement pour la migration vers le cloud. Pour les entreprises opérant en France, le fournisseur maintient par ailleurs son offre Cloudwatt pour laquelle il souhaite obtenir le label SecNumCloud de l’ANSSI.

Philippe Laplane, directeur général d’Orange Cloud for Business chez Orange Business Services, insiste sur l’accompagnement proposé par OBS dans la migration vers le cloud au niveau mondial. (crédit : D.R.)

Orange Business Services officialise en France le lancement de son cloud mondial Flexible Engine qu’il destine aux entreprises ayant une implantation internationale et qu’il déploie en s’appuyant sur un partenariat technologique noué avec le groupe chinois Huawei. Cette annonce avait déjà été faite à l’international en février dernier, à Barcelone, et suscité à ce moment-là des questions sur le devenir de l’offre existante Cloudwatt et sur le choix du partenaire. Interrogé sur ces points, Philippe Laplane, DG d’Orange Cloud for Business chez Orange Business Services, avait alors confirmé le maintien de Cloudwatt en rappelant que ce cloud public souverain s’adressait aux besoins des entreprises françaises dans l’Hexagone et précisé que le partenariat avec Huawei était purement technologique.

« Huawai apporte la technologie hardware et software mais c’est OBS qui opère d’un point de vue ingénierie et qui met en place la sécurité », nous a-t-il de nouveau confirmé aujourd’hui à propos du cloud mondial Flexible Engine destiné à accompagner les entreprises sur leurs différentes implantations internationales. « Nous avons déjà des premiers clients avec lesquels nous avons travaillé depuis quelques mois ». L’infrastructure de ce cloud est sécurisée par les experts d’Orange Cyberdéfense et déployée pour l’instant en France (à Paris) et en Asie (à Singapour). Elle s’étendra par la suite à d’autres géographies, avec des points de présence en Amérique du Nord d’ici la fin de cette année, ainsi qu’en Europe du Nord. Un déploiement est prévu vers l’Afrique en 2018.

Label SecNumCloud de l’ANSSI visé pour Cloudwatt

Parallèlement à l’annonce de Flexible Engine, Orange Business Services veut rassurer sur Cloudwatt en affirmant son intention d’obtenir le label SecNumCloud de l’ANSSI en 2018 pour répondre aux besoins de projets institutionnels. « Nous allons garder la plateforme française Cloudwatt et la soumettre à la certification de l’ANSSI dont les exigences sont élevées afin d’être une offre de référence pour le secteur public », nous a indiqué Phlippe Laplane.

Avec Flexible Engine, OBS renforce aussi son offre mondiale de services. « C’est un point très important car l’adoption du cloud par les entreprises en France et dans le monde nécessite un fort travail d’accompagnement », insiste le DG d’Orange Cloud for Business. « Par rapport aux purs acteurs de l’infrastructure cloud qui s’appuient sur des partenaires pour aider les entreprises à migrer leur SI vers le cloud, nous jouons la carte de ce service et nous proposons d’être ce partenaire qui utilise tout type d’infrastructure pour faire cette mutation ». OBS associe donc à son cloud mondial un ensemble de services qui s’ouvrent maintenant aux entreprises françaises. Parmi ceux-ci, l’offre Cloud Expert Services va aider à « déterminer le modèle optimal de migration des applications vers le cloud », décrit le fournisseur. Il englobe l’audit, l’étude de compatibilité cloud, le design et la mise en œuvre du projet de migration. D’autres services accompagnent les entreprises dans l’exploitation de leurs infrastructures cloud et le maintien en condition opérationnel de leurs applications. Cette gestion peut aussi être déléguée à OBS qui propose par ailleurs des services PaaS pour les développements et des outils d’automatisation pour accélérer les déploiements.  

 

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Au dernier trimestre, la croissance du cloud a dépassé celle de la publicité

Google tire toujours l’essentiel de ses revenus de la publicité. Néanmoins, comme l’indiquent les résultats du premier trimestre publiés hier, la croissance des revenus de l’activité cloud du géant technologique a augmenté plus vite que ses recettes publicitaires pendant ce 3T. Une preuve que la stratégie de Google ciblant les entreprises commence à payer.

Un bâtiment au siège de Google à Mountain View en Californie, le 15 février 2017. ( Credit : Magdalena Petrova)

Parmi les activités d’Alphabet, la société mère propriétaire de Google et d’autres entités comme le constructeur de véhicules autonomes Waymo, « c’est la plateforme Google Cloud Platform (GCP) qui s’est montrée la plus dynamique en terme de revenus », a déclaré la directrice administrative et financière Ruth Porat lors d’une conférence téléphonique avec des analystes. Cette croissance est due en partie à la nouvelle manière dont les entreprises travaillent avec Google Cloud. « Ces derniers mois, nous avons remarqué que la relation entre l’équipe de Diane Greene, la vice-présidente des activités cloud de Google, et les clients avait changé », a déclaré le CEO de Google, Sundar Pichai. « De plus en plus, les clients nous demandent de nous associer à des projets stratégiques et à des migrations complètes de données depuis des datacenters sur site vers le cloud. C’est un changement significatif, et cette dynamique se traduit par une croissance rapide de cette activité ».

 

Diane Greene, vice-présidente senior de Google Cloud, lors de son intervention à la conférence Google Cloud Next de San Francisco, le 8 mars 2017. (Crédit : Blair Hanley Frank) 

Les revenus cloud de Google ne sont pas traités séparément. Ils sont regroupés dans la rubrique « Autres » avec les ventes de matériel et Google Play. Au cours du premier trimestre 2017, le chiffre d’affaires de ces activités a atteint près de 3,1 milliards de dollars, en hausse de 49 % par rapport au même trimestre de l’an dernier. Il est difficile d’identifier précisément la part du cloud dans ces résultats, mais à en juger par l’excitation témoignée par Ruth Porat et Sundar Pichai pendant la communication des résultats, il semble néanmoins que cette activité a joué un rôle moteur important. La croissance des activités regroupées dans la rubrique « Autres » a largement dépassé les revenus publicitaires de Google, en augmentation de 19 % d’une année sur l’autre pour atteindre les 21,4 milliards de dollars. Le rythme de croissance de l’activité publicité est resté assez constant au cours de l’année écoulée, alors que celle des activités « Autres » a connu une accélération au cours de la même période. 

Urs Hölzle, le vice-président des infrastructures de Google, autre « star » du géant technologique, avait prédit que les recettes de l’activité cloud dépasseraient les revenus publicitaires de Google, et les résultats annoncés jeudi montrent qu’il ne s’était pas trompé, même s’il reste encore du chemin à parcourir. Par ailleurs, Google a également investi dans le cloud, en renforçant notamment son équipe. Ainsi, au cours du dernier trimestre, plusieurs nouvelles recrues sont arrivées dans la Cloud Team. « C’est aussi celle dont le budget a le plus augmenté au cours de cette période », a déclaré Ruth Porat. Le renforcement de l’équipe et de son budget est une preuve de plus de l’engagement de Google dans sa plate-forme cloud. Mais, si la croissance des revenus annoncée jeudi montre que les offres cloud de Google rencontrent un certain succès, les offres GCP et G Suite restent en retrait sur leurs marchés respectifs. Comparativement, au premier trimestre, le chiffre d’affaires d’Amazon Web Services a atteint plus de 3,6 milliards de dollars, au-dessus des recettes trimestrielles dégagées par les activités de la rubrique « Autres » de Google.

 

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