L'IA doit aider l'homme, non le remplacer, affirment IBM et Microsoft

A Davos, Virginia Rometty (à gauche), CEO d’IBM, énonce 3 principes pour installer l’IA. Près d’elle, en partant de la droite, Satya Nadella, CEO de Microsoft, Ron Gutman, CEO d’HealthTap et Joichi Ito, directeur MIT Media Lab. (crédit : Tech Events)

Sur le Forum économique mondial de Davos, en Suisse, Virginia Rometty, CEO d’IBM, et Satya Nadella, CEO de Microsoft, ont reconnu la responsabilité des grands fournisseurs d’informatique et la nécessité d’établir des principes dans la mise en place de l’intelligence artificielle.

L’intelligence artificielle devrait améliorer les capacités des travailleurs humains et non les remplacer, estiment respectivement Virginia Rometty, CEO d’IBM, et Satya Nadella, CEO de Microsoft. Lors d’un panel de discussion sur le Forum économique mondial (WEF 2017), qui se tient en ce moment à Davos, en Suisse (du 17 au 20 janvier), les dirigeants des deux entreprises ont exprimé clairement leur point de vue sur le rôle de ces technologies faisant notamment appel à l’apprentissage machine. Quelques heures plus tôt, Virginia Rometty avait présenté trois principes éthiques pour un développement responsable de l’IA, un peu à la manière des trois lois de la robotique de l’auteur de science fiction Isaac Asimov. Exposées de façon plus vague et avec moins d’emphase que ces dernières, les principes d’IBM visent néanmoins à limiter les dégâts que pourrait causer la mise en oeuvre des technologies d’intelligence artificielle.

Le premier principe exposé est le but visé. « Ce ne sera pas l’homme ou la machine : notre but est d’augmenter [NDLR, les capacités de l’utilisateur] et d’être au service de ce que font les humains », a d’abord indiqué Virginia Rometty. Deuxième principe, la transparence : « Si quelqu’un utilise un système, il faut lui dire qu’il s’agit d’intelligence artificielle et lui indiquer comment l’outil a été entraîné », a-t-elle poursuivi. « A-t-il été entraîné par des experts ? Quelles sont les données qui ont été utilisées pour le faire ? L’humain doit garder le contrôle de ces systèmes ». Le troisième principe est d’assurer que les humains ont les compétences pour travailler avec les nouvelles technologies cognitives. « Il est probable que certaines tâches seront remplacées, mais la plupart d’entre nous travaillerons avec ces systèmes », a ajouté la CEO.

De droite à gauche, Satya Nadella, CEO de Microsoft, Ron Gutman, CEO d’HealthTap, Joichi Ito, directeur MIT Media Lab et Virginia Rometty, CEO d’IBM. (crédit : Tech Events)

Des entreprises telles qu’IBM doivent s’assurer que les systèmes d’IA ne sont pas les seuls à être formés, mais que les utilisateurs le sont aussi. « Les compétences dont on a besoin dans ce monde ne sont pas toutes des compétences de haut niveau », a expliqué Virginia Rometty en encourageant les entreprises à travailler avec les écoles. « Fournissez-leur un programme pertinent, un mentorat et assurez-vous qu’elles enseignent ce sur quoi vous recrutez », a-t-elle insisté.

Jusqu’où s’étend la responsabilité humaine reste une question ouverte

Le CEO de Microsoft est sur la même ligne. « C’est notre responsabilité de faire que l’intelligence artificielle augmente l’ingéniosité et les possibilités humaines », a-t-il indiqué à son tour. Toutefois, savoir jusqu’où s’étend la responsabilité humaine dans cette industrie reste une question ouverte. « C’est l’un des défis les plus difficiles », a reconnu Satya Nadella. « Comment prendre en compte la responsabilité sur des décisions que prennent des algorithmes dans un monde où les algorithmes ne sont pas écrits par vous, mais qu’ils fonctionnent par apprentissage ».

Le CEO de Microsoft est d’accord sur la nécessité d’être transparent sur la façon dont le système a été entraîné et sur les données qui ont servi à le faire. Dans le cas contraire, « à quelle boîte noire allez-vous vous fier ? Quel est le cadre juridique et éthique capable de gouverner la boîte noire ? Qui en est responsable ? ». C’est un terrain sur lequel l’industrie informatique doit travailler, a ajouté Virginia Rometty. « C’est notre responsabilité, en tant que leaders produisant ces technologies, de guider leur entrée dans le monde d’une manière sûre », a-t-elle souligné à Davos. Elle présente le consortium « Partnership on AI », créé en septembre par IBM et Microsoft avec Amazon, Google et Facebook, comme un exemple de la façon dont l’industrie IT prend les devants dans ce domaine.

 

PME

Accenture remplace 17 000 emplois automatisables

Richard Lumb, directeur général des services financiers chez Accenture a indiqué que les évolutions technologiques avaient permis d’éliminer des tâches répétitives et plutôt ennuyeuses. Crédit: D.R.

Les progrès de la robotique et de l’automatisation ont eu pour effet de faire disparaître 17 000 postes chez Accenture, sans entrainer aucune perte d’emploi, a assuré Richard Lumb, responsable des services financiers du groupe lors du Forum économique de Davos qui se tient jusqu’au 20 janvier 2017.

Chez Accenture, l’automatisation a entraîné le remplacement de  17 000 personnes  au cours des 18 derniers mois,  mais aucune d’elles n’a perdu leur emploi.  C’est ce qu’a déclaré Richard Lumb, directeur général des services financiers du groupe de conseil IT à nos confrères de Business Insider lors du Forum économique mondial  qui a lieu du 17  au 20  janvier 2017 à Davos (Suisse). Selon lui, si l’automatisation croissante des taches ainsi que le développement et la mise en œuvre de l’intelligence artificielle et de la robotique peuvent certes détruire des  emplois, elles ne sont pas prêtes de remplacer des  humains.  «Au cours des 18 derniers mois, l’automatisation a remplacé 17 000 emplois  dans les tâches de back office, mais nous n’avons pas mis ces personnes à l’écart », a précisé le directeur financier. « Nous avons eu la chance de pouvoir modifier leurs emplois  et de les repositionner».

Avec  394 000 employés  et des clients répartis à travers 200 villes dans  120 pays,  Accenture est l’un des plus importants groupe de conseil et de services IT du monde. Dans cette entreprise, l’automatisation a contribué à faire disparaître des métiers peu intéressants tout en améliorant  la productivité des salariés. « Pour assurer le  traitement du back office qui emploie 100 000 personnes, nous avons  rationalisé les processus et réellement augmenté la productivité des collaborateurs», a assuré  Richard Lumb. « Pour cela, Accenture s’est attaché à former et à recycler les personnes  concernées afin qu’elles aient encore un rôle à jouer au sein du groupe », a-t-il ajouté. « Pour être honnête, l’automatisation a supprimé beaucoup de tâches ennuyeuses et répétitives ».

72 000 personnes formées

Afin d’assurer une mutation durable des emplois face à l’automatisation et à la robotisation, Accenture a investi dans la formation de ses équipes. 72 000 personnes ont été formées aux nouvelles technologies, preuve que l’entreprise veille constamment à réévaluer ses collaborateurs dans un environnement technologique en évolution rapide. Ces nouvelles méthodes d’organisation du travail appliquées par la compagnie donnent une idée de la façon dont les entreprises et leurs salariés évolueront au cours de ce  21ème siècle.  En juillet dernier, une note émanant de France Stratégie, organisme rattaché au Premier Ministre considérait que seuls 15% des emplois seraient automatisables.

 

Emploi

Oracle dévoile ses projets pour rattraper AWS

Nettement distancé par AWS, Microsoft ou encore Salesforce, Thomas Kurian, président en charge des produits chez Oracle, entend regagner du terrain sur le marché des services cloud. (Crédit D.R.)

Hier, les dirigeants d’Oracle ont dévoilé les résultats de travaux d’ingénierie et de développement que l’entreprise mène depuis plusieurs années sur son cloud public IaaS. Ils ont annoncé un nouveau service de base de données bare metal dans le cloud et une expansion géographique internationale. Le fournisseur mise sur les serveurs Bare Metal, sur un renforcement de ses bases de données hébergées et sur le développement applicatif pour s’imposer un peu plus sur ce marché.

Oracle n’est pas considéré comme un des leaders du cloud public IaaS. Mais l’entreprise espère devenir un rival plus sérieux en combinant ses services d’infrastructure – axés sur des services de base de données – avec une suite de développement d’applications et de logiciels. Lors de son événement Cloud World qui s’est tenu hier à New York, les dirigeants de l’entreprise ont dévoilé leur stratégie pour rivaliser avec des concurrents comme Amazon Web Services, Microsoft Azure et Salesforce.com.

Dans une déclaration restée célèbre, le fondateur et désormais CTO d’Oracle, Larry Ellison, avait remis en question la notion même de cloud, estimant que la technologie n’était qu’une tendance à la mode. Depuis, l’entreprise a investi massivement dans l’ingénierie pour construire sa plate-forme cloud, et elle a commencé à livrer ce que les analystes appellent un produit viable a minima sur le marché du cloud public IaaS.

Des instances serveurs pour tous les besoins

Hier, Oracle a expliqué comment elle prévoyait de faire évoluer son offre cloud dans les domaines suivants. Le cloud IaaS d’Oracle propose trois types d’instances : des serveurs Linux et Windows physiques, c’est à dire non virtuels, qui permettent d’isoler les charges de travail des clients ; des serveurs virtuels, sur lesquels les clients partagent des ressources d’infrastructure avec d’autres clients ; et des serveurs bare-metal exécutant des conteneurs Docker. « Aucun autre acteur du cloud public n’offre cette capacité », a déclaré le président produits d’Oracle, Thomas Kurian. Selon lui, les serveurs physiques de l’entreprise permettent d’isoler à 100 % les charges de travail. À noter cependant qu’IBM propose aussi des serveurs bare metal.

Par ailleurs, sur ce marché, les offres de computing sont très différentes. On trouve aussi bien des machines bon marché (à 0,10 dollar HT de l’heure) que des machines intégrant entre 32 et 44 processeurs Intel, 1 To de DRAM, assorties d’offres de stockage en local allant de 29 à 60 To et pouvant offrir jusqu’à 1 million d’I/O par seconde (IOPS). Thomas Kurian prétend que le cloud d’Oracle revient 20 % moins cher que celui d’AWS, pour 7 à 10 fois plus de performance. 

Réseau : Thomas Kurian affirme aussi que le cloud d’Oracle est construit sur un réseau virtualisé qui isole le trafic client dans des réseaux virtuels « entièrement encapsulés ». Selon lui, cette configuration permettrait une meilleure qualité de service – elle éliminerait notamment l’effet « noisy neighbor », un problème d’interférence affectant les hébergements partagés – et une meilleure sécurité.

Stockage : Le cloud d’Oracle propose des systèmes de stockage objet, bloc et fichiers.

Bases de données : Selon Thomas Kurian, les bases de données d’Oracle représentent le plus grand élément différenciateur. Le prix des bases de données d’Oracle démarre à 175 dollars HT par mois. Elles peuvent offrir jusqu’à 240 To de stockage et intégrer jusqu’à 246 cœurs physiques, sans compter les plates-formes Exadata hébergées. Elles utilisent toutes le même langage API et SQL. « Le cloud  d’Oracle supporte plus de 500 projets open source », a également précisé Thomas Kurian.

PaaS et gestion des clouds : le PaaS d’Oracle a été conçu pour satisfaire deux types de développeurs : les codeurs professionnels et les utilisateurs métiers dans les entreprise. Ces derniers utilisent souvent une interface graphique par glisser-déposer pour développer des applications simples. « Sur le PaaS d’Oracle, les applications plus sophistiquées de microservice peuvent être contrôlées par Kubernetes », a encore déclaré Thomas Kurian. Par ailleurs, il est possible d’utiliser le portail de gestion du cloud du fournisseur pour contrôler des plates-formes de cloud public sur site et d’autres plateformes de cloud public. Les administrateurs peuvent configurer leurs stratégies pour sauvegarder ou patcher leurs ressources automatiquement selon un calendrier précis.

Services SaaS : à côté des fonctionnalités IaaS et PaaS, Oracle dispose d’un set d’outils SaaS puissants, qui comprend aussi bien des applications CRM, ERP, HCM que des applications verticales spécifiques à l’industrie.

Expansion géographique : Oracle a annoncé son intention d’étendre cette année son cloud à trois autres régions : Virginie, Turquie et Londres. Ce qui portera à 29 le nombre de régions couvertes par l’entreprise à travers le monde. « Oracle mérite d’être félicité pour son enthousiasme et sa stratégie proactive sur le marché du cloud », a déclaré Charles King, analyste chez Pund-IT, qui rappelle que « l’entreprise avait besoin de rattraper son retard sur ce marché ». L’approche adoptée par Oracle ressemble à celle de Microsoft et IBM, lesquels offrent également des services IaaS, PaaS et SaaS pour couvrir les trois couches du cloud. « Oracle dispose toujours d’une base massive de clients demandeurs de services cloud. La question est de savoir s’ils choisissent Oracle comme fournisseur de cloud, par opposition aux fournisseurs avec lesquels ils travaillent actuellement, ou s’ils choisissent un fournisseur plus établi et plus novateur ». Selon Charles King, le cloud d’Oracle sera sans doute plus attrayant pour les clients existants, mais il se demande comment l’entreprise réussira à attirer de nouveaux clients.

 

Datacenter

La Free Software Foundation revoit sa liste de projets prioritaires

Dans la liste des priorités de la Free Software Foundation, on trouve un OS gratuit pour smartphone Android. (Crédit Pixabay/Pexels)

La Free Software Foundation, la « fondation du logiciel libre », a annoncé hier un remaniement majeur des projets logiciels qu’elle soutiendra en priorité. Parmi eux, un projet d’OS gratuit pour smartphones, un assistant personnel vocal intelligent, mais aussi l’accessibilité et le développement de pilotes.

Depuis 2005, la fondation tenait une liste de projets prioritaires dite High Priority Projects List (HPPL). À l’époque, celle-ci ne comportait que quatre projets de logiciels libres. Aujourd’hui, cette liste mentionne les projets prioritaires, plus quelques projets spécifiques dans des domaines clés, dont voici la description :

– Un système d’exploitation gratuit pour smartphone : dénommé Replicant, l’OS est une version entièrement gratuite d’Android, lui-même soutenu financièrement par la Free Software Foundation. Selon la fondation, parce que les périphériques Android sont les plus utilisés dans le monde, les smartphones doivent aussi bénéficier d’une offre de logiciels libres.

– Un assistant personnel vocal intelligent, comparable à Google Now, Siri, et Alexa. Selon la FSF, ces systèmes sont pratiques, mais pour les utiliser il faut se plier à des « compromis inacceptables », en particulier en ce qui concerne la protection de la vie privée et le contrôle.

 – Les projets qui encouragent les contributions de groupes sociaux marginalisés : le logiciel libre n’est pas assez présent sur les sujets concernant les femmes, les minorités et la communauté LGBT. C’est pourquoi la FSF souhaite une plus grande implication dans ces domaines.

– L’internationalisation du logiciel libre, pour faciliter son utilisation à travers le monde.

– Dans la même veine, la FSF encourage également des projets qui facilitent l’accessibilité des logiciels libres aux personnes handicapées, en particulier les technologies dites d’assistance.

– Tous les projets qui permettent de réduire ce que la Free Software Foundation appelle les activités Web sur-centralisées et la « dépendance des utilisateurs vis-à-vis de serveurs dont ils ne sont pas propriétaires ». Les projets qui permettraient d’offrir des alternatives aux écosystèmes Web fermés de Google, Apple, Facebook et autres, sont aussi une priorité.

Des financements attendus pour développer ces projets

Dans ses autres priorités, la FSF a inclus les pilotes matériels, le chat vocal et vidéo en temps réel, la sécurité, les logiciels libres gouvernementaux et l’assistance gratuite aux distributions GNU/Linux.

Selon le directeur exécutif de la FSF, John Sullivan, « le remaniement de cette High Priority Projects List représente un changement significatif qui peut réorienter considérablement le cours du développement du logiciel libre ». Dans un communiqué, celui-ci a déclaré : « Comme nous avons déjà pu le constater, cette liste de projets prioritaires sert de référence aux contributeurs et a un impact sur le financement des projets open source importants ». Ajoutant : « J’espère que d’autres nous appuieront financièrement et par leur contribution. Grâce à eux, cette liste peut devenir une sorte de plan stratégique annuel dont le but est d’améliorer la liberté des utilisateurs d’ordinateurs ».

Renforcer la liberté des utilisateurs 

« Compte tenu des évolutions du paysage informatique observées au cours de la dernière décennie, la mise à jour de cette liste est attendue depuis longtemps », a déclaré Benjamin Mako Hill, un membre du conseil de la FSF qui a travaillé sur le remaniement de la HPPL. « Depuis la première version, la liberté dont disposent les utilisateurs pour utiliser leurs ordinateurs librement a subi beaucoup d’attaques », a-t-il ajouté. La liste complète de la FSF peut être consultée ici.

 

Mobilité

AWS SnowBall, NAS de 100 To pour migrer physiquement ses données vers le cloud

Stephan Hadinger (à droite) et Julien Lepine, tous deux en charge des architectures solutions d’AWS sont revenus sur plusieurs annonces de l’évènement re:Invent 2016.

Souhaitant encourager l’usage de ses solutions de cloud public (IaaS, PaaS, SaaS), AWS redouble d’effort sur ses offres de migration dédiées aux entreprises. La firme a notamment présenté lors de re:Invent, SnowBall, un NAS durci (une valise de 25 kilos) capable d’embarquer 100 To d’informations pour assurer une migration physique des données.

Un peu plus d’un mois après l’événement re:Invent qui s’est tenu à Las Vegas, les équipes françaises d’Amazon Web Services ont souhaité revenir sur quelques une des annonces majeures. Parmi celles-ci, la firme visait tout particulièrement celles concernant la migration vers ses solutions cloud. « Aujourd’hui, nous voyons de plus en plus d’entreprises basculer une partie, voir même l’intégralité de leur SI sur nos infrastructures », rappelle Stephan Hadinger qui pilote les architectes solutions d’AWS France. Une tendance qui pourrait s’intensifier sur le marché français avec l’ouverture prochaine de trois datacenters en région parisienne.

Pour la migration des données, la firme proposait déjà son appliance Storage Gateway qui assure un transfert de ces dernières vers S3 pour la production et Glacier pour l’archivage. « Nous ne le faisons pas au fil de l’eau. La solution réalise des snapshots de jeux de données et les duplique dans le cloud afin de garder l’agencement de départ. Il n’est donc pas nécessaire de réaliser un classement préalable, même si c’est bien évidemment préférable », explique Stephan Hadinger. Elle sert également à la mise en place d’infrastructures hybrides à travers les solutions Direct Connect.

Du chiffrement natif pour SnowBall

Lors de re:Invent, AWS a également présenté une solution de migration physique baptisée SnowBall. Ce NAS durci de 25 kilos – pouvant embarquer 100 To de données et en assurer le chiffrement – s’avère efficace pour de très grands volume. « Avec une connexion basique de 500 Mbps, il faut compter 64 jours pour transférer 100 To de données. Avec SnowBall il n’en faut pas plus d’une dizaine », explique l’architecte solution. Ainsi, l’opérateur de satellite géostationnaire DigitalGlobe a réalisé une migration de 100 Po de données vers le cloud à l’aide de cette solution.

100 To dans un NAS durci signé AWS, soit une dizaine de disques dur en RAID.

10 000 serveurs en 9 mois

Pour les bases de données, AWS a également fait évoluer sa solution Database Migration Service (DMS), qui permet des migrations entre environnements hétérogènes, notamment vers son SGBD maison Aurora. DMS qui prend déjà en charge MySQL supportera en courant d’année PostgreSQL. « DMS assure automatiquement la mise au format des données entre les environnements », précise Stephan Hadinger. Enfin, la firme propose également la solution Server Migration Services qui fonctionne tel un plug-in pour vSphere (VMware) et permet le transfert de VM vers ses infrastructure cloud. A noter qu’AWS a également annoncé lors de Re:Invent un partenariat avec la filiale de Dell-EMC pour supporter ses technologies directement sur un cloud.

AWS a déjà fait la démonstration de ces technologies, notamment chez l’opérateur énergétique italien Enel pour le compte duquel il a migré sur ses infrastructures 10 000 VM et 6 Po de données en l’espace de 9 mois. 

 

Virtualisation

Trekker-x3 de Crosscall : un smartphone renforcé et bardé de capteurs, à 549,90 euros

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Pour les amateurs de balades un peu extrêmes, Crosscall vient d’annoncer un nouveau smartphone : le Trekker-x3. Il est très résistant et certifié IP67, tout en proposant bien plus de performances que son prédécesseur. La batterie est par contre en baisse, dommage pour un smartphone annoncé à 549,90 euros.

Crosscall est une société française qui s’est spécialisée dans la vente de smartphones « étanches, résistants, avec une grande autonomie ». Elle vise donc un public particulier, ceux des baroudeurs qui emportent leur téléphone partout avec eux. Le fabricant annonce aujourd’hui un nouveau modèle : le Trekker-x3, qui est une évolution du Trekker-x2 lancé il y a plus d’un an.

Étanche et résistant, avec des capteurs embarqués

Bien évidemment, le nouveau venu est certifié IP67, ce qui signifie qu’il est totalement étanche aux poussières et qu’il peut résister à une immersion à une profondeur de 1 mètre pendant 30 minutes, que ce soit dans de l’eau douce, salée, chlorée et même de l’huile, précise le fabricant. Il dispose également d’une coque renforcée pour le protéger des chocs : « une plaque métallique a été intégrée pour lui garantir sa rigidité et des protections TPU (ou Bumpers) ont été ajoutées aux endroits plus sensibles ».

Pensé pour les nomades, il intègre plusieurs capteurs en plus des traditionnels accéléromètre, magnétomètre, GPS et gyroscope que l’on retrouve sur une majorité des smartphones récents : thermomètre, hygromètre, baromètre et altimètre. Crosscall explique qu’il a également développé une application X3 Sensors qui est livrée avec le smartphone : « Au-delà de la lecture des données, cette application permet à l’utilisateur de comprendre et d’analyser au mieux les valeurs ainsi que leurs limites ».

Trekker-x3

Dans la lignée du Trekker-x2, avec une partie matérielle largement améliorée

De manière générale, le nouveau Trekker-x3 reprend les grandes lignes de son prédécesseur, à commencer par le design général : les dimensions du x3 sont de 155,7 x 81,8 x 14,3 mm et 230 grammes contre 155 x 80 x 14,8 mm et 241 grammes pour le x2. Pas de changement sur l’écran qui est toujours de 5 pouces. À l’intérieur par contre, le chambardement est important. La dalle passe ainsi du 720p au 1080p avec une couche de protection Gorilla Glass 4. Le Snapdragon 400 laisse sa place à un Snapdragon 617 avec 3 Go de mémoire vive (au lieu de 1 Go).

Le stockage interne est multiplié par quatre avec 32 Go, toujours extensibles via un lecteur de carte microSD (128 Go maximum). Les capteurs optiques grimpent à 16 et 8 Mpixels. Le smartphone gagne la possibilité d’être rechargé sans fil et un système de charge rapide (Quick Charge 3.0) permet de charger la batterie à 75 % en moins de 60 minutes. D’ailleurs, la boite du smartphone fait office de chargeur sans fil et un connecteur USB Type-C est prévu à l’arrière de celle-ci. Une fois branchée, il suffit de poser le Trekker-x3 dessus pour le recharger.

Bien évidemment, du Wi-Fi 802.11n, du Bluetooth 4.0 LE et du NFC complètent l’ensemble, mais pas un lecteur d’empreintes digitales, dommage.

Trekker-x3

Une autonomie en baisse, un prix en hausse : 549,90 euros

Néanmoins, derrière cette fonctionnalité se cache une mauvaise nouvelle : la batterie perd une bonne partie de sa capacité avec 3 500 mAh seulement, contre plus de 4 000 mAh auparavant. Conséquence directe, l’autonomie baisse : 31h en communication et 9h avec le GPS activé, contre respectivement 37h et 17h, dommage vu la cible visée.

Crosscall annonce une disponibilité pour le mois de février, à un tarif de 549,90 euros avec Android 6.0.1 aux commandes. Rien n’est précisé concernant une mise à jour vers Android 7.x (Nougat). Pour rappel, le Trekker-x2 est vendu moins de 400 euros actuellement, avec en plus une offre de remboursement de 50 euros.

 

Mobilité

BiTDefender rachète son représentant français Profil Technology

Pour toutes questions relatives au support d’Egidian, le site de Profil Technology renvoi vers ceux de Titan HQ et RC System.

L’éditeur roumain de solutions de sécurité BitDefender vient de mettre la main sur son représentant exclusif pour le marché français, Profil Technology. Ce dernier a revendu sa marque Egidian à Eptimum.

Bitdefender veut prendre directement en charge son développement sur le marché français. L’éditeur roumain de solutions de sécurité vient de racheter Profil Technology qui était son représentant exclusif dans l’Hexagone depuis 2001. Composée de 50 personnes, les équipes de ce dernier assuraient la vente, le support technique avant et après-vente ainsi que le marketing autour des solutions Bitdefender sur le marché local. « En faisant l’acquisition de Profil Technology, nous serons plus proches de nos partenaires revendeurs et clients finaux. Notre objectif est de reproduire notre bel exemple de réussite sur le marché professionnel de la cybersécurité […]», indique Florin Talpes, le PDG et fondateur de Bitdefender.

Dans cette optique, il assure que les équipes françaises seront rapidement étoffées pour intensifier les relations avec les revendeurs et entreprises. Bitdefender possède déjà une forte présence sur le marché français. D’après GFK, la société était en tête des ventes (37% de part de marché) de solutions de cybersécurité dans le retail au cours des neufs premiers mois de 2016. En outre, l’éditeur assure que ses offres protègent actuellement 1 million de terminaux professionnels dans l’Hexagone, aussi bien dans les secteurs publics que privés.

Egidian revendu à Eptimum

Pour préparer le rachat, Profil Technology a revendu à Eptimum la marque de solutions de cybersécurité Egidian qu’il distribuait en son nom. Pour l’instant, la transaction n’a pas encore été officialisée. Ce qui explique peut-être pourquoi, en ce qui concerne le support fourni autour de ces produits, le site web de Profil Technology renvoie vers ceux des sociétés Titan HQ et RC System qui ont développé les différentes briques d’Egedian. 

 

Sécurité

Fuites WikiLeaks : Barack Obama réduit la peine de Chelsea Manning

Le soldat Bradley Manning, arrêté en mai 2010 au Koweit par l’armée américaine pour avoir livré des documents à WikiLeaks, s’est déclaré transgenre en prison et renommé Chelsea Manning. (crédit : D.R.)

Condamné à 35 ans de prison en 2010 pour avoir transmis au site WikiLeaks des documents classifiés liés à la guerre menée par les Etats-Unis en Afghanistan et en Irak, le soldat Bradley Manning, devenue en prison Chelsea Manning, sera libéré le 17 mai après avoir passé sept années derrière les barreaux.

Le président Barack Obama a commué la peine de prison de Chelsea Manning, le soldat américain qui avait été condamné en août 2013 à 35 ans de prison pour avoir transmis trois ans plus tôt au site WikiLeaks des données classées secret défense, relatives à la guerre engagée par les Etats-Unis en Afghanistan en octobre 2001 et en Irak à partir de 2003. Entré en prison sous le nom de Bradley Manning, le jeune homme s’est par la suite déclaré transgenre et a modifié son prénom en Chelsea. Sa libération interviendra le 17 mai prochain, soit 7 ans après sa mise son arrestation au Koweit par l’armée américaine.

Les documents adressés à WikiLeaks en 2010 par le jeune militaire, alors âgé de 22 ans, comportaient des vidéos sur les attaques aériennes en Irak et en Afghanistan, ainsi que des documents classés envoyés au département d’Etat des Etats-Unis. Bradley Manning avait été arrêté et emprisonné la même année. Les données fournies ont permis à WikiLeaks de se faire largement connaître comme une source diffusant des informations gouvernementales secrètes, rapidement condamnée pour ses révélations par les responsables politiques américains. Barack Obama a commué la peine de Chelsea Manning à 7 ans parce que celle-ci a reconnu sa responsabilité dans cette affaire et exprimé des remords, ont indiqué des représentants officiels de la Maison Blanche qui ont également précisé que la durée de la peine déjà effectuée était comparable à celle purgée pour des délits similaires.

L’asile accordé par la Russie à Edward Snowden prolongé de 2 ans

L’annonce de cette prochaine libération est intervenue quelques jours après un tweet de WikiLeaks indiquant que le fondateur du site, Julian Assange, accepterait une extradition aux Etats-Unis si le président Obama accordait une remise de peine à Chelsea Manning. Jusqu’à présent, Julian Assange a trouvé asile dans l’ambassade équatorienne de Londres pour échapper à une extradition vers la Suède où il est accusé de viol. Mais la Maison Blanche assure que la décision de Barack Obama n’a rien à voir avec Julian Assange, même si les services secrets américains ont reproché à WikiLeaks d’aider la Russie à influencer les résultats de l’élection présidentielle en 2016.

On ne sait pas si l’informaticien australien réfugié à Londres respectera la promesse faite sur Twitter. Hier, il a simplement remercié les personnes ayant soutenu Chelsea Manning dans son rôle de lanceur d’alerte. Edward Snowden, réfugié de son côté en Russie après avoir révélé la surveillance exercée par la NSA – la Russie vient de lui accorder deux années d’asile supplémentaires – a de son côté remercié Barack Obama pour son geste. Tout le monde n’est évidemment pas de cet avis. Aux Etats-Unis, le Républicain Paul Ryan, président de la Chambre des représentants a jugé « scandaleuse » la clémence de Barack Obama. « La trahison de Chelsea Manning a mis des vies américaines en danger et exposé quelques-uns des secrets les plus sensibles de notre nation », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Concernant le cas d’Edward Snowden, il est peu probable qu’il soit reconsidéré malgré la demande faite par des membres de la commission Church. Constituée après l’affaire du Watergate, cette commission est chargée de contrôler le fonctionnement des services d’espionnage. Fin 2016, certains d’entre eux ont demandé au président Obama d’autoriser Edward Snowden à rentrer aux Etats-Unis sans craindre une peine de prison prolongée. En novembre, le lanceur d’alerte craignait qu’il puisse faire l’objet d’une négociation entre son pays d’accueil et le nouveau président Donald Trump. La prolongation de son droit d’asile lui apporte un répit.

 

Sécurité

Toshiba envisage de céder son activité mémoire

En 2015, Toshiba collaborait avec SanDisk sur la fabrication de flash 3D. Il pourrait revendre une part de son activité semiconducteurs à Western Digital, l’acquéreur de SanDisk. Crédit: D.R.

Le constructeur japonais Toshiba aurait engagé des discussions pour scinder son activité semiconducteurs dans une entreprise séparée, dans laquelle Western Digital pourrait détenir 20% du capital.

Toshiba prévoirait de scinder son activité mémoire dans une entreprise séparée dans laquelle Western Digital pourrait investir. Dans un communiqué, le constructeur japonais a toutefois précisé qu’aucune décision n’avait encore été prise à ce stade. Cette annonce fait suite à des informations selon lesquelles la société envisage de se défaire de ses activités semiconducteurs. D’après le quotidien japonais Nikkei Asian Review l’objectif est de céder une partie de son capital à Western Digital afin de combler la dépréciation de plusieurs milliards de dollars de son activité nucléaire aux Etats-Unis. Selon le journal économique, Toshiba voudrait céder environ 20% de son capital à Western Digital pour un montant compris entre 1,7 et 2,6 milliards de dollars.

Toshiba peine actuellement à se remettre d’un scandale comptable qui lui a coûté 1,3 milliard de dollars. Le constructeur s’est concentré sur le marché de la mémoire non volatile comme la flash 3D, après s’être attaqué à celui des composants flash en 1984. En octobre 2015, Western Digital avait mis sur la table près de 19 milliards de dollars  pour acquérir Sandisk, l’un des partenaires de longue date de Toshiba.  Le spécialiste du stockage avait alors indiqué que cette opération lui permettrait de s’intégrer verticalement sur le marché des NAND, et d’assurer un accès à la technologie SSD sur le long terme et à moindre coût. Des considérations similaires pourraient également être à l’origine de son intérêt  pour les activités de mémoire de Toshiba.

 

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BlackBerry rassemble ses technologies au sein de la Development Platform

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BlackBerry vient de dévoiler sa Development Platform, constituée en fait d’un lot de technologies pour les développeurs d’applications tierces. Il est question de gestion de flottes, d’identification sécurisée, de communications ou encore de statistiques.

Même si l’attention autour de BlackBerry se focalise sur les smartphones, que le constructeur présente ou pas, il ne faut pas oublier que le Canadien propose de nombreux outils dévolus au monde de l’entreprise. La BlackBerry Development Platform, qui vient d’être annoncée, est l’occasion de les réunir sous une appellation commune.

Un lot de services pour les entreprises

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une réelle nouveauté. L’entreprise souhaite avant tout proposer un front commun pour l’ensemble des services proposés aux développeurs. On y retrouve donc BlackBerry Dynamics, Unified EndPoint Manager (UEM), Workspaces, Enterprise Identity, BlackBerry 2F1, BBM Enterprise et BlackBerry Analytics.

La BlackBerry Development Platform concerne en priorité les entreprises et leurs développeurs, ou les éditeurs proposant des solutions pour le monde professionnel. Les services sont interconnectés et peuvent être assemblés pour créer des plateformes complètes de gestion. On y retrouve notamment tout ce qui touche à la gestion des flottes d’appareils mobiles, l’une des spécialités de BlackBerry. Android, iOS et Windows 10 Mobile sont pris en charge.

Un nouveau site consacré au développement

L’annonce s’accompagne d’un nouveau site dédié aux développeurs, afin d’y rassembler toutes les ressources. On y trouve des accès rapides aux différents produits inclus dans la Developer Platform, les dernières annonces de BlackBerry dans ce domaine, ainsi que les dernières participations de la communauté sur des sujets techniques.

En outre, BlackBerry prépare son Developer Summit Europe, qui aura lieu à Londres le 24 mars. L’éditeur y fera justement le point sur ses produits et surtout les nouveautés à venir, particulièrement au sujet de Dynamics, qui constitue en quelque sorte le cœur de sa plateforme de développement.

La dure transition bientôt terminée

On notera que cette annonce est l’occasion pour la société canadienne de se rappeler au bon souvenir de ceux qui douteraient de son avenir. L’entreprise traverse en effet une crise depuis plusieurs années, qui semble sur le point d’être jugulée. La transition a cependant été complexe, avec une diminution drastique des activités, les licenciements et de lourds plans de réduction des dépenses.

Aujourd’hui, BlackBerry se retrouve dans une position similaire à Nokia. La marque en tant que telle existe toujours dans le domaine de smartphones, mais les deux entreprises ne s’occupent pas elles-mêmes de leur fabrication, voire de leur conception. Elles fournissent une image et des services. Elles ne se résument cependant pas à cette activité, même si elle a été pendant des années la plus visible. À voir désormais si elles sont capables de rencontrer à nouveau le succès, même si dans le cas de BlackBerry, ce sera en priorité en visant le marché professionnel.

 

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