Turquie, Proche-Orient : des pistes pour en sortir

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La 13ème édition de cette Conférence revêtait une importance  particulière pour deux raisons, liées à la situation sur place au cours des derniers mois: l’intensification des combats contre l’Etat islamique et les groupes « rebelles » en Syrie – des combats où interviennent directement ou indirectement, tous les pays de la région, et pratiquement toutes les grandes puissances. Et le déclenchement par le gouvernement d’Erdogan en Turquie d’une répression farouche contre les Kurdes et les forces démocratiques. Cette partie du monde est engagée dans une situation extrêmement grave qui ne peut être comparée qu’à celle qu’elle a connue il y a un siècle, avec, déjà, son terrible cortège de massacres et de malheurs. Chaque puissance, grande ou régionale, essaie aujourd’hui, comme à l’époque, d’avancer ses pions en pensant au coup d’après, et les populations civiles sont à nouveau plongées dans une situation tragique. L’Union européenne, qui avait été crée après la fin de la seconde Guerre mondiale, pour mettre fin au cycle infernal des guerres sur son territoire et sur ses pourtours, est aux abonnés absents, quand elle ne se fourvoie pas elle-même dans des compromis ( l’accord avec la Turquie par exemple ) qui prouvent à quel point sa politique et ses beaux principes sont à la dérive. Pour preuve ce vendredi encore, la déclaration du Conseil de l’Europe qui affirme solennellement que « la Turquie avait de bonnes raisons de proclamer l’état d’urgence mais que les mesures prises dans ce cadre sont allés trop loin. » De quoi, à coup sûr, impressionner Recep Tayyip Erdogan. Qu’une commission d’experts de haut niveau ( la « Commission de Venise » ) porte un jugement aussi insignifiant alors qu’en Turquie des milliers d’opposants sont emprisonnés – fonctionnaires, députés, maires, journalistes, magistrats – et que tous les médias indépendants sont bâillonnés, prouve à quel point l’Europe a perdu toute capacité à réagir dans une situation de crise. Au cours de la Conférence de Bruxelles, c’est pourtant plus que jamais la recherche d’une paix urgente et durable pour la région, qui a été au coeur des débats.

Quelle paix pour le Moyen-Orient ?

C’est Metin Rhawi, le représentant de la communauté syriaque en Europe, qui raconte l’anecdote. A Mossoul, il demande à un général kurde pourquoi les peshmergas et les forces irakiennes mettent tant de temps à libérer la ville. Rire du général qui lui répond qu’avant, il faut trouver un accord politique entre toutes les parties pour décider de la façon dont on vivra ensemble après la guerre. « Une fois qu’un accord sera trouvé », ajoute-t-il, « on trouvera la solution militaire pour libérer rapidement Mossoul. »

Pour la majorité des intervenants, cette solution ne peut pas passer uniquement par un nouvel accord entre grandes puissances mondiales qui se livreraient au nième découpage de la région en fonction de leurs intérêts propres. Tout le monde a en tête les fameux accords Sykes-Picot de sinistre mémoire – ces accords négociés en secret par les Français et les Britanniques alors que les combats de la Première guerre mondiale faisaient rage ( 1916 ), et qui aboutiront au dépeçage de l’empire ottoman et au partage de tout le Moyen-Orient en zones d’influence au bénéfice des puissances occidentales, une fois la guerre terminée. 

Pour Salih Muslim, le co-président du Parti de l’Union démocratique ( PYD ) du Rojava , il faut sortir de la logique de l’état nation réservé à un seul type de population. C’est l’actuelle conception de Erdogan qui nie la composante kurde de la Turquie et celle d’autres communautés. Il prend comme modèle ce qui se passe aujourd’hui au 

Kurdistan syrien qui « n’est pas réservé aux seules populations kurdes, bien au contraire. » Les populations yézidis, arméniennes, turkmènes ou syriaques, y vivent en effet en bonne entente, en plein centre d’une zone de conflit majeur où toutes les minorités vivent sous menace permanente.

Le Rojava, un exemple à suivre

On entend peu parler de cette région située en plein cœur du chaudron moyen-oriental et qui vient de déclarer son autonomie alors qu’elle est encerclée de toutes parts par des forces hostiles. Et pourtant, de l’avis de tous les observateurs et acteurs politiques participant à la Conférence internationale, son administration et son fonctionnement pourraient servir de modèle à une nouvelle organisation des territoires dans toute la région. Rappelons que le Rojava est une région du nord et du nord-est de la Syrie peuplée en majorité de Kurdes. Frontalière avec la Turquie, elle s’est déclarée autonome en mars dernier à l’initiative du Parti de l’Union démocratique kurde ( PYD ), en accord avec d’autres partis kurdes, arabes et assyriens. De fait, depuis 2012, peu après le déclenchement de la guerre civile en Syrie, des milices kurdes avaient pris le contrôle du Kurdistan syrien. Kobané est devenue la ville symbole de la résistance kurde dans cette région. Occupée par l’Etat islamique depuis juillet 2014, Kobané a été libérée en janvier 2015 par les YPG – la branche armée du Parti démocratique kurde – à la suite de combats acharnés qui ont fait plusieurs milliers de morts et des centaines de milliers de réfugiés, abandonnant une ville détruite à plus de 75%.

«  Au Rojava, on a essayé de changer de mentalité », explique Salih Muslin, « il faut faire autre chose que des émirats, des califats ou des empires. Notre projet, c’est le fédéralisme démocratique, décentralisé et laïc pour tout le monde. » Ce qui n’empêche pas selon lui le Rojava de faire partie intégrante de la Syrie, bien au contraire. « La solution, c’est le fédéralisme », pense Salih Muslin, sinon, dit-il, « la Syrie sera divisée. »

C’est aussi l’avis de Metin Rhawi, le représentant de l’Union des Syriaques d’Europe ( ESU.) Membre de la minorité des Araméens chrétiens présents dans tout le Proche-Orient, et originaire lui aussi de cette partie nord de la Syrie, il pense que ce qui se développe actuellement dans le Rojava est un modèle à suivre, pas seulement pour la Syrie. « Les forces sombres se répandent au Moyen Orient, faisant des milliers de morts et des millions de réfugiés, » explique-t-il. Il faut que toutes les minorités puissent travailler ensemble. A l’heure actuelle elles sont massacrées par Daesh, mais les dirigeants politiques de la région en ont aussi profité pour renforcer leurs pouvoirs. Moi, je suis Assyrien, Chaldéen, Syriaque, j’ai du mal à me retrouver avec la Turquie ou avec les pays arabes. Il faut trouver une forme de gouvernement qui permet à toutes les communautés, à toutes les religions, à toutes les langues, de coexister dans un système fédéral. » Il ajoute : «  il ne suffit pas de rejeter un régime, il faut demander aux populations de dire comment elles veulent vivre ensemble. Et trouver tous ensemble une solution pour nous sortir de la guerre. »

Johannes De Jong ( Mouvement politique chrétien européen ) défend le même point de vue. «  Le Rojava m’a ouvert les yeux », dit-il, « ce que j’y ai vu est extraordinaire. » Selon lui, les différents ingrédients de cette « culture de la liberté », c’est à la fois la liberté pour les femmes et l’égalité avec les hommes, la liberté de religion, et les libertés démocratiques, avec, entre autres, un parlement élu où toutes les communautés sont représentées. Il insiste particulièrement sur l’égalité entre hommes et femmes. « La libération des femmes peut mettre fin à la culture de la domination et de l’oppression », explique-t-il, « car la libération des femmes et des minorités va dans le même sens, celui de la liberté pour tous. » Le scientifique américain Michael Rubin ( American Enterprise Institute ) retient lui, parmi « les choses remarquables qu’on peut admirer au Rojava », la liberté religieuse.

Il semble donc que cette première expérience concrète de « confédéralisme démocratique », préconisée par le leader du PKK Abdullah Ocalan, est en train, aux yeux d’un certain nombre d’observateurs internationaux, de marquer des points sur le terrain.

Libérer Ocalan

La libération d’Abdullah Ocalan, outre son aspect humanitaire,  apparaît à tous les intervenants, comme la condition non seulement d’un retour de la Turquie dans une voie plus démocratique, mais aussi du règlement politique de la question kurde. « Abdullah Ocalan est reconnu par des millions de Kurdes comme son représentant », rappelle Simon Dubbins, le directeur international du Syndicat des travailleurs du secteur de l’édition au Royaume-Uni ( Unite), ajoutant qu’il ne fallait pas oublier que « des pourparlers sur le processus de paix étaient en cours, sous la houlette de la Norvège, quand le gouvernement turc a décidé de les interrompre », avant d’arrêter Abdullah Ocalan et de le jeter en prison, où il se trouve depuis maintenant 18 ans. « Comment négocier aujourd’hui une solution globale quand le négociateur principal est en prison et qu’il n’a même plus accès à ses avocats. C’est en donnant à Ocalan de l’espace qu’on peut amorcer une désescalade, » ajoute-t-il. « Voilà des années qu’Ocalan cherche une solution pacifique », rappelle Zubeyr Aydar, membre du Congrès national du Kurdistan ( KNK,) qui appelle par ailleurs à être particulièrement vigilant sur le sort du dirigeant du Parti des Travailleurs du Kurdistan ( PKK ), dans le contexte de violence qui caractérise l’actuel gouvernement d’Erdogan. Des syndicats britanniques ont ainsi lancé une campagne pour la libération d’Abdullah Ocalan. Pour Paul Kenny, le président de cette campagne, Ocalan est en effet « la clé d’une solution pacifique en Turquie (…) il a le respect et l’influence pour unir le peuple kurde autour de ces revendications démocratiques pour la paix. »

L’autre condition, au niveau international, c’est de sortir le PKK de la liste des groupes terroristes dans laquelle elle a été classée par la Turquie, l’Union européenne et les Etats-Unis, entre autres. Car comme l’ont souligné de nombreux intervenants, ce qui s’est passé, de 1984 à 1998 entre la Turquie et le PKK, c’est une guerre, pas du terrorisme. Or, pour Michael Rubin, « après des années d’incompréhension, les planètes commencent à s’aligner. » Pour le scientifiques, ce sont aujourd’hui aux Kurdes de convaincre l’Europe et les Etats-Unis d’avancer sur la question kurde. « Convaincre non seulement la gauche, mais aussi la droite politique, » ajoute-t-il.

En Turquie, vers un référendum en 2017 pour ou contre le renforcement des pouvoirs d’Erdogan

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Le Parlement turc devait examiner, samedi 10 décembre, la réforme constitutionnelle voulue par le président Recep Tayyip Erdogan, pressé de renforcer ses prérogatives après la tentative de coup d’Etat du 15 juillet. Dominant la scène politique locale depuis 2003, M. Erdogan a fait du passage au système présidentiel sa priorité.

Comme son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) ne dispose pas de la majorité nécessaire (avec 317 députés sur les 367 requis) pour faire adopter les amendements par un vote du Parlement, il a obtenu le soutien du Parti d’action nationaliste (MHP, extrême droite) – 40 élus – pour convoquer un référendum d’ici au printemps 2017. « Le référendum devrait avoir lieu en mars ou avril, mais ce pourrait aussi être en mai », a indiqué le vice-premier ministre, Nurettin Canikli, à la chaîne de télévision A Haber.

Lire aussi :   En Turquie, Erdogan muselle la presse, dénonce le journaliste Can Dündar

Devlet Bahçeli, le chef des­ ­ultranationalistes, connu pour ses imprécations sur « Erdogan le voleur », est revenu à de meilleurs sentiments, puisqu’il s’affirme comme le plus ardent soutien du président qu’il présente aujourd’hui comme un gage de stabilité.

Premier président turc élu au suffrage universel, en août 2014, après avoir été onze ans premier ministre, Recep Tayyip Erdogan veut graver dans le marbre un état de fait, puisque c’est lui qui, actuellement, dirige l’exécutif et non le premier ministre, comme le voudrait la Constitution en vigueur, issue du coup d’Etat militaire de 1980. Jusqu’ici, la Turquie était une République parlementaire, le rôle du président étant en principe purement honorifique.

La réforme inverse la tendance. Le président gouvernera par décret. Il nommera le haut commandement militaire, le chef du service de renseignement, les recteurs d’université, certains hauts fonctionnaires et magistrats. Le Parlement deviendra une chambre d’enregistrement. La fonction de premier ministre sera supprimée. Deux vice-présidents seront nommés.

« Hyperprésidence »

Selon le projet, présenté au Parlement samedi, le cadre d’une éventuelle procédure de destitution est fixé, une première en Turquie où ni les chefs d’Etat ni les premiers ministres n’ont jamais eu à rendre de comptes. Le président pourra ainsi être déféré devant la Cour ­suprême si une motion recueille 367 voix au Parlement.

Censée entrer en vigueur en 2019, à la fin du mandat actuel de M. Erdogan, la réforme lui permettra malgré tout de jouir de certaines de ses nouvelles prérogatives juste après le référendum. Surtout, la nouvelle donne devrait lui permettre de se présenter à la présidentielle de 2019 et de rester au pouvoir jusqu’en 2024. Le mandat actuel n’étant pas pris en compte, il pourra échapper à la limite de deux mandats de cinq ans, prévue par l’actuelle Constitution, se porter à nouveau candidat en 2024, et s’il l’emporte, rester au pouvoir jusqu’en 2029.

Les partisans du « Baskomutan » (commandant en chef) – une évocation pompeuse de M. Erdogan devenue virale après le putsch raté – assurent que l’« hyperprésidence » est un gage de stabilité. « Si Dieu le veut, le système présidentiel mettra fin à l’ère des coalitions », a plaidé, vendredi, le premier ministre Binali Yildirim.

A l’inverse, les détracteurs de la réforme mettent en garde contre les dangers d’une trop grande concentration de pouvoirs entre les mains d’un homme connu pour ses penchants autoritaires et pour son mépris de la liberté d’expression. Dans la foulée du coup d’Etat raté, 39 274 personnes ont été mises en examen pour « soutien au terrorisme » et écrouées, 160 médias et plus de 500 associations ont été fermés.

L’état d’urgence imposé le 20 juillet (jusqu’en janvier 2017) permet à l’exécutif de gouverner par décret, sans l’aval du Parlement, sans limites à son pouvoir. Pas un jour ne se passe sans l’annonce de nouvelles arrestations, saisies et inculpations. Policiers, magistrats, professeurs d’université, députés, maires (dont 41 élus kurdes dans le sud-est du pays) sont actuellement incarcérés.

Disproportionnées, les purges violent le droit turc et international, ont souligné, vendredi 9 décembre, des experts du Conseil de l’Europe. « Cette façon de purger l’appareil d’Etat a une forte apparence d’arbitraire », affirment-ils.

Ces industries européennes écrasées par les exportations chinoises

• La Chine a pris la main sur les panneaux solaires

La concurrence entre la Chine et l’Europe dans le domaine des panneaux photovoltaïques? C’est bien simple: elle n’existe plus, les fabricants asiatiques ayant définitivement supplanté leurs rivaux au début des années 2010, avec des produits deux à trois fois moins cher. Les enquêtes de la Commission européenne n’y ont rien fait, de même que les mesures anti-dumping ou encore les primes – dans les appels d’offres – aux projets porteurs d’une technologie européenne. Il faut dire que, contrairement aux idées reçues, les Chinois savent fabriquer des produits de bonne qualité. Et les panneaux solaires représentent désormais moins de 30% du coût d’une installation. Dans ces conditions, les industriels européens se consacrent aux autres domaines qui assurent les deux-tiers de la valeur ajoutée d’un système photovoltaïque, comme les bureaux d’études, l’installation, la conception et le rendement des cellules, les onduleurs, les dispositifs de protection.

• L’acier chinois envahit le monde

300 millions de tonnes. C’est le volume des surcapacités estimées entre la production et la consommation d’acier en Chine. Ce qui représente tout de même deux fois la demande totale d’acier en Europe! Les producteurs européens, au premier rang desquels ArcelorMittal, s’insurgent contre une invasion d’acier chinois à prix cassé. Surtout, ils dénoncent une concurrence déloyale de la part des sidérurgistes chinois qui ne sont pas contraints de respecter les mêmes normes environnementales, fortement coûteuses, que leurs concurrents européens. Ces derniers demandent donc des mesures de protection, fondées sur ces règles environnementales. Et un respect strict de ces contraintes. Des barrières douanières sur l’acier chinois ont déjà été mises en place aux États-Unis. Mais les sidérurgistes chinois sont accusés de les détourner en faisant passer leurs exportations par le Vietnam, avant de les envoyer en Amérique.

• La Chine, première usine d’habillement du monde

La Chine reste la principale usine d’habillement du monde. Les vêtements vendus dans l’Union européenne continuent d’arriver massivement de Chine continentale et de Hongkong, premiers fournisseurs du Vieux Continent: sur les 80,8 milliards d’euros d’habillement importés en 2016, ils en ont exporté à eux seuls 27,8 milliards. Contre 14,7 pour le Bangladesh, dont les coûts salariaux, bien inférieurs à ceux pratiqués en Chine, restent attractifs. Le Bangladesh est d’ailleurs le deuxième fournisseur de l’Europe, devant la Turquie, l’Inde, le Cambodge et le Vietnam. Impactées par la baisse de la consommation intérieure en Europe, les exportations de vêtements chinois y ont baissé d’environ 3 milliards en provenance, alors qu’elles ont augmenté en provenance du Bangladesh, du Cambodge et du Vietnam. Au-delà des coûts de production inférieurs dans ces pays concurrents, la «fast fashion» a sans doute joué contre la prédominance chinoise. Bien des enseignes relocalisent en effet une partie de leurs approvisionnements plus près d’Europe, voire dans l’Union européenne, afin de renouveler plus vite leurs collections, à l’instar de Zara. Afin aussi, parfois, de s’assurer d’une meilleure qualité des produits. La Turquie a ainsi fait bondir ses exportations en Union européenne de 9,43 à 9,8 milliards en un an. Au sein de l’UE, des pays comme le Portugal, l’Espagne, ou encore certains pays d’Europe de l’Est en profitent aussi.

• Un marché automobile très fermé

Sur le marché automobile, les interrogations ne portent pas sur les exportations provenant de Chine mais bien sur l’accès au marché chinois. Les constructeurs étrangers sont en effet contraints de passer par des coentreprises avec des acteurs locaux. Dongfeng est ainsi partenaire de PSA, Renault, Nissan, Kia ou Honda. Cette obligation représente forcément une barrière à l’entrée. D’autant que tous les partenaires chinois sont des entreprises étatiques. C’est donc bien le gouvernement chinois qui gère comme il l’entend ce marché. Par ailleurs, ce mode de développement contraint les constructeurs occidentaux à rendre la moitié des profits générés à leurs partenaires, alors que ce sont bien les constructeurs qui amènent les modèles, la technologie et le savoir-faire dans l’industrialisation. Enfin, les véhicules sont forcément produits dans des usines chinoises, les importations étant frappées de taxes très importantes, ne rendant possible que l’arrivée de voitures de luxes depuis l’extérieur de la Chine. Cette obligation de construire localement rend les constructeurs dépendants des exigences politiques des autorités chinoises.

Journée des droits de l'homme : Amnesty dénonce la répression de la société civile

Condamné pour l’envoi d’un SMS sarcastique au Cameroun, menacée pour avoir exercé son métier d’avocate en Turquie… À l’occasion de la journée internationale des droits de l’homme ce samedi, Amnesty International France a lancé sa mobilisation annuelle «10 jours pour signer». L’objectif: alerter sur les menaces pesant sur la société civile qui est «de plus en plus souvent la cible des gouvernements à travers le monde», selon la présidente de l’ONG, Camille Blanc. L’association fait ainsi signer des pétitions en ligne et organise des actions symboliques pour soutenir dix cas emblématiques.

Le journaliste égyptien Mahmoud Abu Zeid. Crédits photo :

Parmi eux, celui du photojournaliste égyptien Mahmoud Abu Zeid, alias «Shawkan», emprisonné depuis plus de trois ans. Le 14 août 2013, le jeune homme de 29 ans va couvrir la manifestation de Raaba al-Adaweya, au Caire. Le rassemblement de milliers de partisans du président déchu Mohamed Morsi est reprimé dans le sang et l’événement tourne au massacre. Shwakan, qui travaille alors pour une agence de presse étrangère, est interpellé peu après, puis poursuivi pour «meurtre, tentative de meurtre et appartenance à un groupe terroriste». Alors que son audience se tient samedi, il risque la peine de mort.

«Il a été torturé. Il est atteint d’hépatite et n’a pas accès aux soins. Il n’a pas le droit aux visites. On a essayé par tous les moyens d’obtenir sa libération, de prouver qu’il était là juste pour faire son travail… En vain», a déploré jeudi Khaled Elbalshy, vice-président du conseil d’administration du syndicat de la presse égyptienne, lors d’une conférence dans les locaux parisiens d’Amnesty International. «En Égypte, l’espace public est confisqué. Ils veulent l’effacer, réduire toutes les voix au silence», a ajouté le journaliste égyptien, en énumérant les cas d’arrestations d’avocats, de membres de syndicats ou encore les 792 actes de violences envers les journalistes de son pays recensés sur une seule année.

«Les autorités ont pris ce tag comme une insulte personnelle»

En Azerbaïdjan, le cas de Bayram Mammadov et Giyas Ibrahimov préoccupe aussi Amnesty. Ces deux étudiants de 21 et 22 ans ont été arrêtés le 10 mai pour avoir fait un graffiti sur la statue du père de l’actuel chef d’État, Ilham Aliyev, le jour de son anniversaire. Ce message disait «Bonne Fête de l’esclavage». «Ils voulaient simplement faire bouger les choses, se battre à leur manière contre cette atmosphère de peur qui règne dans notre pays», selon Turgut Gambar, membre du mouvement civique N!DA, créé en 2011 «pour impulser un sursaut démocratique» en Azerbaïdjan. Les deux étudiants ont été torturés et inculpés pour trafic de drogue, «sans avoir une seule fois été interrogés au sujet d’un quelconque narcotrafic», assure Turgut Gambar. Giyas et Bayram – membre de N!DA – ont été condamné tous les deux à 10 ans de prison.

L'étudiant azerbaïdjanais Bayram Mammadov.

L’étudiant azerbaïdjanais Bayram Mammadov. Crédits photo :

Le président Ilham Aliev dirige d’une main de fer cette ancienne république soviétique riche en hydrocarbures, depuis 2003. Il a remporté une victoire écrasante à la présidentielle en octobre 2013, s’assurant un troisième mandat consécutif. Avant lui, son père Heydar Aliev, ancien du KGB, avait dirigé l’Azerbaïdjan presque sans interruption de 1969 à 2003. «Dans notre pays, il n’y a pas de membre de l’opposition au Parlement, pas de média indépendant, les manifestations sont autorisées à un seul et unique endroit dans le pays. La pression est sur toute la société civile, les journalistes, les avocats, les blogueurs…», explique Turgut Gamba, qui appelle la communauté internationale à se mobiliser pour les deux graffeurs, car «les autorités ont pris ce tag comme une insulte personnelle et feront tout pour que les deux étudiants restent en prison jusqu’au bout de leur peine.» Il rappelle que son pays, membre du Conseil de l’Europe et de l’OSCE, se doit de tenir ses engagements envers les droits de l’homme.

Jusqu'où ira l'ascension des démocraties illibérales ?


Laurence Daziano, maître de conférences en Economie à Sciences Po Paris est membre du conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol).


Alors que les Italiens ont voté pour l’instabilité gouvernementale et que les Autrichiens ont élu, sur le fil du rasoir, un président Vert, l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche ainsi que le vote du Brexit par les Britanniques ont ouvert la voie à un nouveau cycle de «révolutions atlantiques», c’est-à-dire un mouvement structurel d’isolationnisme et de montée du protectionnisme dont nul ne peut, à ce stade, déterminer l’ampleur et les conséquences. Cependant, les raidissements autoritaires en Europe de l’Est, en Turquie et en Russie, ainsi que le succès des partis politiques «populistes» en Europe de l’Ouest ont probablement des causes plus profondes et des effets plus structurants dans l’évolution de notre modèle démocratique libéral.

En 1989, au lendemain de la chute du mur de Berlin, l’essor démocratique semblait indépassable. Ce développement démocratique a également été porté par le libre-échange et l’intégration des BRICS dans la mondialisation. Démocratie et croissance semblait indissociablement liés dans un même mouvement de progrès avec l’apparition de gigantesques nouvelles classes moyennes dans les pays émergents.

En 1997, Fareed Zakaria publie, dans la revue Foreign affairs, un article intitulé «The rise of illiberal democracy». L’auteur y développe la thèse selon laquelle une nouvelle forme de régime politique se développerait: des démocraties «autoritaires» n’ayant pas de pratiques politiques libérales.

L’idée selon laquelle la prééminence du capitalisme dans le monde encouragerait l’apparition d’une culture libérale démocratique n’est désormais plus vérifiée. La montée du libéralisme économique est désormais distincte de la démocratie et d’une politique libérale, et l’usage de procédures démocratiques ne garantit pas nécessairement l’application d’une politique libérale fondée sur le respect des droits et des libertés, comme le prouvent les évolutions russe et chinoise.

En ce sens, les démocraties illibérales font désormais florès. En Europe, Viktor Orban en Hongrie et les dirigeants polonais du PIS défendent un Etat fort, des valeurs conservatrices et chrétiennes et la concentration des pouvoirs. L’enracinement de régimes démocratiques illibéraux au sein de l’Union européenne ne manque pas d’interpeller. Le rapprochement entre la Pologne et la Hongrie est inquiétant, même si Jaroslaw Kaczynski et Viktor Orban se séparent sur la question russe. En Turquie, Recep Tayyip Erdogan, réélu sans interruption depuis 2002, a mis en place une autorité politique et économique absolue. Quant à la Russie, Vladimir Poutine a raidi son régime politique.

Au moment où la mondialisation a produit des effets contrastés sur la classe moyenne des pays développés, dont le pouvoir d’achat a stagné depuis vingt ans, les démocraties autoritaires offrent un semblant de stabilité et d’efficacité, au prix d’une restriction des libertés publiques. Les peuples aspirent à la stabilité, la sécurité et le rééquilibrage de la mondialisation. Les tentatives de construire une société multiculturelle en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas sont perçues comme des échecs. Or si les démocraties illibérales offrent une alternative séduisante à court terme, elles menacent les droits fondamentaux élémentaires que sont les droits de propriété, les droits politiques et civiques.

Les défis de notre époque sont immenses: rééquilibrer la mondialisation au profit des classes moyennes américaine et européenne, poursuivre le développement des pays émergents et de l’Afrique, affronter le défi du totalitarisme islamiste, sortir de la croissance faible, définir un libre-échange réciproque et assumer une politique climatique. Les futurs dirigeants français et allemand auront un rôle central avec deux objectifs pour prouver que l’ascension des démocraties illibérales est résistible: remettre notre modèle économique en état de marche et s’organiser pour traiter les questions de sécurité.

Recap IT : Start-up Winter Tour 2017, 87M d'identifiants Dailymotion volés, Défi H 2017

Cette semaine, la rédaction du Monde Informatique s’est envolée dans la Silicon Valley pour prendre la température des start-ups technologiques en stockage, cloud, containers et de virtualisation. L’actualité sécurité a également été chargée avec le vol de 87 millions d’identifiants Linkedin ainsi que les dernières révélations d’Edward Snowden sur l’espionnage des communications mobiles dans 27 compagnies aériennes dont la France.

Start-up Winter Tour 2017. La rédaction du Monde Informatique s’est envolée – un véritable rendez-vous bi-annuel – pour la Silicon Valley pour vous faire découvrir les projets des start-ups technologiques. Dont parmi elles Cohesity qui s’attaque à la fragmentation des sauvegardes, Memoscale qui optimise la redondance des données avec son erasure coding, mais également Minio qui fait cap sur le deep learning. 

Votez pour la personnalité IT 2016. Derrière la mutation numérique engagée dans les entreprises et le bouillonnement de start-ups qui se développent dans le paysage français, des équipes sont à l’oeuvre. La rédaction du Monde Informatique vous invite une nouvelle fois à élire la personnalité qui s’est illustrée cette année par ses actions ou ses projets.

LMI 35 ans avec Bernard Duverneuil (président du Cigref). A l’occasion des 35 ans du Monde Informatique, la rédaction a demandé à plusieurs personnalités du secteur IT d’évoquer leur expérience de lecteur. Bernard Duverneuil, DSI d’Essilor depuis 2009, est devenu président du Cigref le 17 Octobre 2016. Egalement ancien DSI du groupe Lagardère, il a vécu au premier rang bon nombre des transformations de ces 35 dernières années, depuis la naissance de Le Monde Informatique.

Le trafic voix/data dans les avions Air France collecté par la NSA. Dans de nouveaux documents d’Edward Snowden, on apprend que les agences de surveillance gouvernementales américaine et anglaise ont mis en place un système de collecte de données incluant voix, data et SMS des communications passées à bord des avions. Parmi les 27 compagnies aériennes visées, Air France, mais également la Luftansa ainsi que British Airways.

Plus de 87 millions d’identifiants de comptes Dailymotion volés. Le site de partage et de diffusion de vidéos Dailymotion aurait été hacké, permettant à un pirate de mettre la main sur plus de 87 millions d’adresses e-mail et noms d’utilisateurs. La société conseille à tous ses usagers de changer leur mot de passe.

Défi H 2017 : 8 projets d’élèves ingénieurs IT contre le handicap. La 6ème édition du Défi H organisée par Sogeti France avec Le Monde Informatique vient de démarrer. Elle engage jusqu’en mai 2017 huit équipes d’écoles d’ingénieurs informatiques sur des projets recourant aux technologies numériques pour favoriser l’insertion professionnelle des personnes handicapées. Sur les rangs cette année, l’Exia Cesi, l’Ecole supérieure d’ingénieurs Léonard de Vinci, l’ECE Paris, l’ISEP et Supinfo Valenciennes, l’ICAM ainsi que l’Ensea Cergy qui participe hors concours.

Systematic Paris-Region accélère dans l’usine 4.0 et les smart cities. Le pôle de compétitivité Systematic Paris-Région vient de réélire son président, Jean-Luc Beylat. Il expose les trois axes de la stratégie du cluster francilien : pousser la logique des dynamiques verticales sur les villes connectées, la gestion de l’énergie, l’usine du futur et l’IoT, faire grandir très vite les entreprises du pôle et attirer financement et talents sur le territoire.

Equinix rachète 24 datacenters à Verizon pour 3,6 Md$. En rachetant à Verizon ses datacenters situés dans 15 agglomérations aux Etats-Unis et en Amérique latine, l’hébergeur Equinix porte ses propres implantations à 175 datacenters et étend ses services d’interconnexion outre-Atlantique.

IBM mise sur Hyperledger Fabric pour son écosystème blockchain. Afin de construire un écosystème autour d’IBM blockchain et de Linux Hyperledger Fabric, big blue a mis en place un programme comprenant des outils et un support expert.

Octave Klaba d’OVH surveillé par le renseignement britannique. L’adresse email d’Octave Klaba, le fondateur de l’hébergeur roubaisien OVH, figurait dans un document des services de renseignement britannique (GCHQ) au sein d’une liste de cibles établie en mai 2009, rapporte Le Monde qui distille les informations que lui a communiquées l’ancien sous-traitant de la NSA Edward Snowden.

Slack renforce ses interactions avec la G Suite de Google. Un mois après l’annonce de Teams de Microsoft, Slack et Google annoncent des intégrations plus poussées entre la messagerie instantanée de la start-up californienne et les applications bureautiques dans le cloud de la G Suite.

Le Bluetooth 5 prêt pour l’IoT à la maison et dans l’entreprise. Les innovations du Bluetooth concernent en grande partie l’Internet des Objets. Le Bluetooth 5, dernière version désormais disponible du protocole sans fil, va deux fois plus vite pour un rayon d’action quatre fois plus large. Ces deux améliorations sont particulièrement intéressantes pour les applications dont les besoins en énergie sont peu élevés.

Trois chercheurs français nommés ACM Fellows 2016. L’Association for Computing Machinery, qui attribue le prix Turing, distingue aussi chaque année des scientifiques nommés « ACM Fellows » pour leur contribution aux sciences informatiques. Cette année, la liste comporte trois Français dont deux chercheurs de l’Inria, Anne-Marie Kermarrec et André Seznec, et un professeur du MIT, Fredo Durand.

Windows Server et SQL : 6 ans de support en plus. Microsoft propose depuis aujourd’hui aux clients qui ne pourront pas remiser leurs anciennes versions de Windows Server et SQL Server, une « Assurance Premium ». Cette nouvelle option de support étendu garantissant la livraison de correctifs de vulnérabilité jusqu’à 2026 – contre 2020 initialement – verra cependant son prix croître avec le temps.

 

Business

Magic Leap : La réalité augmentée qui fait pshitt ?

La technologie de réalité virtuelle poussée par Rony Abovitz, CEO de Magic Leap, va-t-elle faire l’effet d’un pétard mouillé. (crédit : D.R.)

Après avoir réussi à lever 1,4 milliard de dollars auprès de nombreux investisseurs dont Alibaba et Google, la start-up Magic Leap spécialisée dans la réalité augmentée pourrait commercialiser une technologie très éloignée de celle montrée jusqu’à présent.

Le marketing prendrait-il le pas sur la technologie ? En faisant miroiter aux yeux des investisseurs une technologie de réalité augmentée particulièrement impressionnante, la start-up Magic Leap est parvenue à gagner son pari d’un point de vue financier en réussissant à lever pas moins d’1,5 milliard de dollars notamment auprès d’Alibaba, Google ou encore le fonds Kleiner Perkins. Valorisée actuellement près de 4,5 milliards de dollars, la société pourrait cependant bien faire l’effet d’un pétard mouillé à en croire un article de The Information. Car il existerait en effet une différence notable entre le prototype de réalité augmentée initialement présenté, appelé The Beast, et sa déclinaison commerciale.

« Le prototype n’est pas celui que nous allons finalement lancer », a avoué le CEO de Magic Leap, Rony Abovitz. « Cela a été un moyen de montrer aux gens ce qui était bon sur ce sujet, ce qui l’était moins. » Ce qui est sûr c’est que les investisseurs attendent désormais de pied ferme l’arrivé des lunettes de réalité augmentée de cette société pour savoir quelle couleuvre ils vont devoir avaler…

 

Logiciel

Le récap' des bons plans du moment, semaine 49

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Cette semaine, Synology a lancé deux NAS, AMD a publié des pilotes et les HDD/SSD ont passés de nouveaux caps. La VR a fait parler d’elle avec Oculus Touch et mk2 VR. De notre côté, nous nous sommes penchés sur le budget de l’ESA et le lancement de N26 en France

Ce week-end, Rue du Commerce propose jusqu’à 100 euros de remise sur son rayon informatique, tandis que chez Top Achat il est question de 6 % sur l’ensemble du site. Materiel.net lance une promotion avec 30 % de moins sur une sélection de périphériques Logitech. Darty continue avec ses Happy Deals de l’avent et Amazon avec son Rush de Noël.

De leur côté, les opérateurs de téléphonies mobile jouent les prolongations sur leurs offres (voir notre analyse). La Vente Privée Free Mobile à 2,99 euros par mois est reconduite, alors que B&You à 3,99 euros par mois se terminent normalement ce soir. Sosh à 9,99 euros est toujours proposé, tout comme RED à 10 euros par mois. Pour rappel, toutes les offres sur le fixe et le mobile sont disponibles par ici.

Comme d’habitude, voici l’ensemble des offres disponibles triées par catégorie :

 

Internet

IPv6 : le déploiement avance en France, malgré le néant sur mobile

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Les fournisseurs d’accès sont toujours à la traine sur le déploiement d’IPv6, pourtant devenu une urgence. Free s’affiche en bon élève, avec un taux d’utilisation d’IPv6 de 24 %, contre 16 % pour Orange et des miettes pour les autres. Sur mobile, les premières activations doivent (enfin) commencer l’an prochain.

Le protocole de l’Internet très haut débit du futur prend son temps. Cela alors que la pénurie d’adresses IPv4 est une réalité de plus en plus inquiétante pour les acteurs des réseaux.

C’est ce que révèlent (encore) les chiffres publiés par l’Arcep sur le déploiement d’IPv6 en France, sur la base de mesures externes et de questionnaires aux fournisseurs d’accès. Il s’agit de la deuxième édition de l’observatoire (en bêta) du régulateur sur le déploiement d’IPv6, après un premier fin septembre. À cette occasion, nous avions discuté avec le régulateur, qui constatait déjà que les fournisseurs d’accès sont le maillon faible sur la question dans l’Hexagone.

Ce rapport est la conséquence d’une demande d’Axelle Lemaire et de la nouvelle approche du régulateur sur ses observatoires. Plutôt que de produire elle-même les données, l’autorité s’appuie sur des indicateurs existants, dont elle contrôle la méthodologie. C’est la méthode qu’elle compte aussi mettre en place pour les mesures de qualité de service sur la téléphonie et l’Internet fixe, en remplacement de mesures fournies par les fournisseurs d’accès.

Des avancées… et quelques reculs

En l’occurrence, les données proviennent d’observatoires divers, de Cisco 6Lab à Google, en passant par le rapport sur la résilience de l’Internet français. Des questionnaires sont envoyés aux acteurs français des réseaux pour les compléter, notamment sur les angles morts des autres indicateurs.

Selon les chiffres compilés par l’Arcep, les équipementiers affichent toujours une compatibilité de 100 % avec IPv6. Les problèmes sont à chercher ailleurs. La transition vers IPv6 est effectuée à 70 % chez les intermédiaires techniques, contre 73 % trois mois plus tôt. L’infrastructure DNS est déclarée compatible à 60 % (contre 63 % fin septembre), contre 56 % pour les fournisseurs de contenus.

Sans surprise, selon les données de Google, 13 % des échanges avec les fournisseurs d’accès passent par IPv6, contre 10 à 12 % il y a trois mois. Si la situation n’est pas parfaite ailleurs, par exemple chez les fournisseurs de contenus, les FAI sont toujours le maillon faible. Une situation qui mettra du temps avant de changer significativement.

Free, meilleur ami d’IPv6 en France, mais rien sur mobile

Dans le détail, selon les données du World IPv6 Launch et celles recueilles par l’Arcep, Free reste le meilleur élève en la matière, ayant commencé ses déploiements dès 2007. 24 % des connexions du fournisseur d’accès passent par le protocole moderne, contre 16 % chez Orange, 1 % chez Bouygues Telecom et… 0,5 % chez SFR. Le reste passe par IPv4, toujours disponible en parallèle d’IPv6, pour les clients en bénéficiant.

Ces chiffres, bas, doivent être pondérés. Chez Free par exemple, cela ne veut pas dire que seuls 24 % des clients ont accès à IPv6, mais que seuls 24 % des échanges se font via ce protocole. Pour un client ayant à la fois accès à IPv4 et IPv6, entre 30 % et 50 % seulement des échanges passent par IPv6. La faute en revient en partie au reste de la chaine (opérateurs de transit, services…) qui ne sont pas tous en IPv6 sur le chemin : dans ce cas, l’échange passe par IPv4.

Par sa taille, Orange a beaucoup contribué à l’adoption d’IPv6 côté fournisseurs d’accès. Selon les données de Cisco 6Lab, le taux d’utilisation d’IPv6 en France a décollé lors de son lancement chez Orange, en début d’année, passant progressivement de 5,7 % en janvier à 13,3 % fin novembre.

Les quatre opérateurs sont de mauvais élèves sur le mobile. C’est simple : « Sur les réseaux mobiles en revanche, aucun opérateur national n’a à ce jour entamé la transition » écrit l’Arcep. L’autorité s’attend tout de même à une accélération des déploiements l’an prochain, à la fois sur le fixe et le mobile. Orange et SFR nous avaient d’ailleurs promis des déploiements massifs l’an prochain.

Des pistes pour accélérer les déploiements

Avec la loi Numérique, via un amendement de la députée Corinne Erhel, la compatibilité IPv6 devient obligatoire pour les appareils vendus en France dès 2018. Ce n’est pourtant pas le point critique, comme nous le confirmait l’Arcep. En fait, les terminaux sont l’un des points du réseau où le protocole est le plus largement déployé.

Dans son rapport, fin septembre, l’Arcep envisageait six modes action pour accélérer la transition d’IPv4 vers IPv6. L’Etat doit montrer l’exemple via les services publics en ligne, l’enseignement d’IPv6 doit être généralisé, la communauté doit être formée via des espaces d’échange, les parties prenantes doivent mieux se coordonner, l’utilisateur doit être informé sur la question et les acteurs des réseaux doivent préparer la mort d’IPv4, en s’en passant totalement.

Pour le régulateur, les problèmes sont encore nombreux et profonds… Surtout quand les formations des futurs responsables des réseaux en sont encore à considérer principalement IPv4, oubliant presque d’évoquer le « nouveau » protocole.

Dans son communiqué, l’institution félicite d’ailleurs la décision de l’Internet Architecture Bureau (IAB) de ne plus concevoir des standards Internet que pour IPv6, rendant IPv4 obsolète de fait. « L’Arcep salue la décision de l’IAB qui marque une étape majeure dans le processus d’adoption d’IPv6 et d’accompagnement de la fin d’IPv4 » écrit l’autorité. Elle doit d’ailleurs rendre un rapport détaillé au printemps 2017, sur l’état de l’Internet en France.

 

Internet

mk2 ouvre un espace dédié à la réalité virtuelle à Paris

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La chaîne de cinémas mk2 vient d’ouvrir les portes de ce qu’elle considère comme « le premier lieu permanent dédié à la réalité virtuelle ». Sur 300 m² il propose de s’essayer à une dizaine « d’expériences VR », mais l’affaire n’est pas donnée. 

Chaque semaine ou presque, un nouvel acteur s’essaye à sa manière au marché de la réalité virtuelle. Cette fois-ci, c’est au tour de la chaîne de cinémas mk2 de se jeter à l’eau, avec son mk2 VR. Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’un énième casque de réalité virtuelle répondant à un énième standard, mais plutôt d’un espace où le quidam moyen peut s’essayer à cette technologie, presque sans débourser un bras.

12 capsules pour tenter l’expérience

À deux pas du cinéma mk2 Bibliothèque, situé à Paris, la société a dédié un local de 300 m² aux expériences en réalité virtuelle. On y retrouve 12 « VR pods », des sortes de capsules avec des ordinateurs, des écrans et des casques de réalité virtuelle de toutes sortes. Les trois principaux acteurs du marché, Oculus VR (avec son Rift), HTC (Vive) et Sony (PlayStation VR) sont ainsi représentés. mk2 s’est associé à deux partenaires pour ce lancement : BNP Paribas et MSI.

Sur ces casques, une dizaine d’expériences différentes sont proposées. Certaines parleront très certainement aux amateurs de jeux vidéo, avec notamment le fameux DLC X-Wing de Star Wars Battlefront sur PlayStation VR, ou Eagle Flight, développé par Ubisoft.

D’autres se veulent plus immersives comme Holofit, où le joueur est installé sur un vrai rameur et doit faire de gros efforts pour avancer. La palme du réalisme reviendra sans doute à Birdly, un dispositif où il faut installer le joueur en position allongée, bras écartés sur une machine équipée de vérins, pendant qu’un ventilateur lui souffle sur le visage. Objectif : lui donner l’impression qu’il est vraiment en train de voler. HTC en avait déjà fait la démonstration lors du Computex de cette année.

Un tarif qui peut en refroidir certains

Pour s’essayer à la réalité virtuelle chez mk2, il faudra débourser 12 euros pour une séance de 20 minutes, et 20 euros pour 40 minutes. Un tarif relativement élevé au regard de celui d’une salle de cinéma par exemple, mais que mk2 justifie par les importants investissements consentis dans ce projet : environ un million et demi d’euros. L’entreprise espère tout de même attirer 100 000 curieux d’ici fin 2017.

Si vous n’avez pas envie de sortir votre porte-monnaie pour vous essayer à la réalité virtuelle, d’autres solutions moins coûteuses, mais moins confortables existent. La Fnac par exemple a ouvert environ 70 espaces dans ses boutiques en France, afin d’essayer gratuitement les principaux casques du marché. Une option qui a l’avantage de ne pas se limiter aux seuls parisiens.

 

Matériel